Vidéo Raimiti

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mardi 24 octobre 2017, 10h41.
Allez, encore une dizaine de jours à tenir à ce rythme parfois chaotique avant que ne commence la saison creuse. C’est bientôt la fin de la vague migratoire des visiteurs.
Demain, dernier gros arrivage avec pas loin d’une quinzaine de personnes. Ce sera surement le dernier gros débarquement de 2017. J’ai dû demander à Manihi de me donner un coup de main ou plutôt, un coup de « kau » pour m’aider à rapatrier tout ce monde ainsi que leurs valises qui pèsent des tonnes, jusqu’à Raimiti. C’est donc à 2 gros bateaux que nous irons au village.
Depuis hier, la météo est revenue au beau et le vent s’est enfin calmé. Pourvu que ça dure assez longtemps, pour que nos transferts ne soient pas des galères.
Aujourd’hui, j’ai laissé Marama faire seul le transfert.
Harrys est allé faire un snorkling à Tetamanu avec 2 américains.
Teriitahi ratisse les feuilles des Toau qui n’en peuvent plus de tomber.
Junior se prépare dans sa cuisine alors qu’Elvina œuvre aux ménages.
Il y a vraiment de quoi faire.
Nous avons quand même trouvé le temps d’aller remplir 50 gros sacs de sable rose pour les copains de la ville. Ils partiront demain avec le Cobia, qui passera à domicile.

Ce joli sable ira entamer une autre vie dans différents cimetières de Tahiti ou il recouvrira les tombes des disparus. Si en France, c’est la tradition des chrysanthèmes, ici on recouvre les tombes de sable fin et la nuit du 1 novembre, toute la famille ira tenir compagnie a ceux passés de l’autre côté, en chansons, prières, souvenirs et à la lumière des chandelles. Sans vraiment donner envie d’être mort pour avoir droit à cette coutume, elle a quelque chose qui me touche profondément. Installer son « peue » (tapis tressé) entre les tombes, s’y installer, parler des disparus, chanter, rire, pleurer, gronder ou pas, les plus petits qui jouent à « chat perché » ou « cache-cache » entre les autres tombes, les odeurs des fleurs, la nuit étoilée…..il y en a même qui emmènent le pique-nique.
C’est tellement loin et diffèrent de mes souvenirs d’enfance avec ces cimetières du Tarn et Garonne ou il faisait si froid. Ambiance générale polaire, entre les caveaux de marbre glacial, même la couleur des fleurs avait quelque chose de morbide. Et puis, il y avait toujours un vent froid pas possible, qui transperçait les os.
Pour ceux qui ont vu le film, c’était genre « Au nom de la rose ».
Pour compléter le tableau, déambuler dans ces cimetières se soldait par 2 à 3 kilos de boue bien collante, à chaque godasse. Ce qui me faisait le plus râler, c’est que j’étais obligé de bien cirer mes pompes avant la visite cimetière. Il fallait aller voir nos morts dans une tenue (dont les chaussures) irréprochable, comme si, il s’agissait d’un rendez-vous d’embauche.
Un truc à attraper la mort !
Combien de fois me suis-je fait réprimander, car au lieu de me recueillir sur les morts de la famille que je n’avais pas connue, je préférai aller remettre en place, les pots des autres tombes chavirés par ce damné vent. Lorsque personne ne me regardait, mon occupation préférée était d’aller prendre quelques pots sur les tombes trop fleuries (à mon gout) pour aller les mettre sur celles qui n’en avaient pas.
Bref, j’étais déjà irrécupérable pour la société !
D’avoir été remplir ces sacs de sable m’a fait faire ce voyage dans le passé qui un jour ou l’autre, sera immanquablement mon avenir. Mais bon, rien ne presse, même si l’ambiance est cool dans les cimetières polynésiens.
A suivre…

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