Vidéo Raimiti

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dimanche 19 mars 2017, 9h.
Premier jour de vrai repos depuis ma dernière gazette du 3 mars. Je peux vous affirmer que toute l’équipe apprécie vraiment ce changement de rythme pour les 24 heures à venir.
En gros, Raimiti a maintenant retrouvé son look d’avant tempête, même si : la plage reste à refaire, ainsi que la toiture de la pirogue foudroyée.
Hier soir, pour la première fois depuis la tempête, le kau Raimaru a pu dormir au sec, sur son portique tout juste terminé.
Pour les autres travaux qui restent à faire, je suis un peu coincé, en attendant le prochain Cobia qui devra m’emmener de la ville, bois, clous, vis, peintures, sangles et ferrailles diverses.
En plus de nos traças, s’ajoute le cas de notre voisin de Motu Aito qui se retrouve totalement isolé, coincé par l’entrée de son chenal fermée par des dizaines de tonnes de corail, entassées par la fameuse tempête.
Pour déblayer tout cela, un tractopelle est indispensable. Trouver l’engin et le déplacer à Tetamanu n’est vraiment pas simple. En attendant, il est bloqué chez lui et ne peut assurer aucun de ses transferts clients. Solidarité des iliens oblige, Raimiti s’en occupe, mais cela rallonge considérablement notre route et demande du temps. En espérant qu’il aura trouvé une solution d’ici la fin du mois, nous assumerons d’ici là !
La météo est toujours au bien trop chaud. Les soirées souvent orageuses, lumineuses d’éclairs et sonores de coups de tonnerre.
Il y a 2 jours, un photographe professionnel est passé par chez nous. Il fait le tour de toutes les pensions de Polynésie, en vue d’un nouveau guide. Photos des farés, mais aussi, des extérieurs, des communs et une photo portrait de l’équipe sensée représenter l’âme de notre pension. Pour cette dernière photo, ne voulant pas vraiment faire comme cela se fait presque toujours, c’est-à-dire toute l’équipe bien alignée, couronnée et souriante. J’ai proposé au photographe, quelque chose d’un peu plus délirant, pas sérieux et, qui nous ressemble plus. A vous de juger avec la photo qui suivra !
Même si c’est loin d’être la grande forme, je commence à me remettre des effets de l’après tempête qui m’ont laissé vidé de toute énergie. J’ai vraiment vécu comme un zombie en perdition. Mais bon, ça commence à aller mieux, il était temps !
Voilà pour les dernières nouvelles de chez nous. La famille animale se porte bien, et même Frégata traverse les épisodes plus ou moins houleux de notre quotidien, avec une philosophie qui m’impressionne et que je n’ai pas encore acquise.

vendredi 3 mars 2017, 13h39.
Plus de 8 jours sans donner de nouvelles mais aussi, 8 jours de travail intensif à refaire, reconstruire, nettoyer, couper, débarrasser, peindre, et j’en passe. Plus de 8 jours aussi sans la moindre connexion internet.
La première ligne passant par le relais de Tetamanu a été modifiée sans le moindre préavis de la poste. Nous sommes passés de la 2G à la 3G, ce qui est bien mais, qui a rendu tous nos modems obsolètes et inutilisables.
Bien évidemment, le matériel de remplacement ne pouvant s’acheter qu’en ville, cela a demandé un certain délai.
La seconde ligne, celle privée passant via Sané a tout simplement été foudroyée à la fin de la tempête. Là aussi, il faut attendre que les nouvelles fournitures puissent arriver sur notre atoll.
Depuis hier soir, un semblant de ligne magouillé par Sané et Mathieu, nous relie à nouveau au reste du monde. Pour le reste, nous devrions recevoir nos nouveaux équipements d’ici 2 à 3 jours.
Raimiti retrouve son look normal. Les faré Tua sont à nouveau opérationnels et d’ici demain, ceux du lagon seront terminés.
Une grosse partie de l’équipe bosse sur le ponton et les portiques des kau. Une fois cette opération terminée, nous pourrons souffler un peu.
Viendra pour finir, le remontage de la toiture de la pirogue. Mais pour cela, je vais devoir aller acheter du bois !
Impossible de faire ce travail avec mon stock sur place, qui a été bien entamé et a bien diminué depuis « la reconstruction ».
Pas mal de dégâts aussi chez Sané où tous bossent à la reconstruction. Le pire étant surement pour Manihi de Motu Aito, où la houle a élevé un barrage de corail devant son motu, lui fermant et barrant totalement l’accès par bateau, à son quai. Enlever ces quelques centaines de tonnes de gravier à la pelle et à la brouette, parait titanesque et, malgré les 5 ou 6 gars qu’il a recruté pour faire un passage, il envisage de faire venir un tractopelle pour y arriver. Si le boulot devait être fait à la main, Manihi l’estime entre 2 et 3 mois, même avec son équipe de colosses Paumotu.
En attendant, il est totalement coincé chez lui, où aucun bateau ne peut entrer ou sortir !
Depuis 2 jours, Raimiti a retrouvé sa raison d’être, avec de nouveaux visiteurs.
Le beau temps est lui aussi revenu, mais il fait tellement chaud !
34,2° affichait le thermomètre à 9 heures ce matin, alors qu’il est à l’ombre dans mon bureau, où un semblant d’air circule. Je ne serai pas surpris qu’un autre phénomène météo ne nous affecte d’ici peu. L’évaporation de l’océan doit être gigantesque et, il faudra bien que ça retombe………… d’une façon ou d’une autre !
Fin de cette page de Gazette, nous allons tous bosser au ponton, où le seul avantage est de pouvoir régulièrement faire un plouf, même si, dans une eau bien trop chaude.

Lundi 20 févier, 14h29.
Quelques nouvelles du front où le soleil est revenu, le temps de faire sécher l’essentiel. Depuis plus d’une heure, c’est à nouveau la flotte qui tombe généreusement.
Par contre, le vent est vraiment tombé et que c’est bon qu’il soit momentanément sur « pose ».
Depuis hier, l’accès salon-ponton principal a été entièrement refait. Les alentours du restau et des communs totalement dégagés. La pirogue foudroyée, débarrassée de tout ce qui s’était écroulé et les flotteurs pleins d’eau, vidés.
Depuis ce matin, nous œuvrons sur les toitures des faré Tua. Deux sur cinq ont retrouvés l’étanchéité normale, attendue d’une toiture saine. Une autre partie de l’équipe s’est attaquée au démontage du ponton parti avec la houle. Nous avons pratiquement tout récupéré. Il n’y a plus qu’à tout défaire pour…..refaire. Sur que je vais devoir acheter du bois pour remplacer ce qui a été cassé. C’est déprimant !
J’ai dû vider tout mon bureau. Tout a été mouillé et salé, malgré les protections. De l’imprimante aux simples classeurs, j’ai du tout essuyer avant de remettre en place, et tester ce qui est électrique : pour le moment tout fonctionne, ouf !
Même Frégata a dû être assez stressée. Depuis hier sa consommation de 3 Koméné est passée à 5. Et encore, elle en aurait bien gobé un sixième, si je n’avais émis un stop assez ferme.
Quant à moi, je suis claqué comme si j’avais porté la planète sur mes épaules. Surement le contre coup du sale coup. Couché à 8 heures hier soir, j’ai fait le tour de la pendule d’un sommeil profond, pour me réveiller ce matin à 8h, presque aussi naze qu’au coucher d’hier soir. Du coup, je passe à un régime pamplemousse, citron et orange pour me booster un peu.
Aucun de nos kau n’a souffert du mauvais temps. Nous n’avons eu qu’à filtrer l’essence des nourrices ou bien sur, de l’eau de pluie avait réussi à s’infiltrer. Dès que possible et lorsque ma forme ira un peu mieux, je vais me faire prêter 2 ou 3 bouteilles de plongées par Sané, pour aller contrôler tous les mouillages. Avec les vents de folie que nous avons eus, il y a surement des lignes de mouillage qui ont dû souffrir !
Vivement ce soir que je me couche, c’est maintenant la seule chose que j’attends avec impatience…

Vendredi 17 février, 17h02.
De retour de transfert au village pour évacuer les 2 derniers visiteurs, me voilà rentré sur « destroy » atoll. Je pense être quelqu’un d’une nature assez optimiste mais là, franchement, je dois reconnaitre être assez secoué.
Si le lagon était impraticable hier, un semblant d’accalmie ce matin, m’a décidé à tenter de raccompagner les 2 partants du jour qui continuaient sur un vol international ce soir. Après 3 bonnes heures de navigation « grosse galère », nous sommes arrivés au village. Finalement, ils ne risquent pas de quitter Fakarava en temps et en heure. La piste d’aviation est fermée depuis 3 jours. En effet, la houle du Nord faisant 7 mètres et plus, la piste d’atterrissage est entièrement tapissée par quelques centaines de tonnes de blocs de corail, arrachés du coté Tua et, balancés un peu partout sur la piste au gré des vagues.
Au village, pas mal d’habitations ont bien morflées, toitures arrachées, ponton emportés par la houle, quelques inondations ici et là, ce n’est pas la joie.
Le Cobia arrivé il y a 2 jours, n’a pas pu repartir sur Tahiti tant la houle était forte. Après 3 heures de navigation de folie dans la passe, il est revenu se mettre à l’abri au quai du village ou il est encore. Un autre bateau l’Aranui, a mis presque 6 heures pour arriver à rentrer dans la passe tant la houle et le mascaret étaient puissants. Ce bateau promenant des croisiéristes, il est maintenant au mouillage dans la rade de Fakarava, en attendant de meilleures conditions et surtout que ses clients tous malades se remettent un peu des fortes conditions subies.
Ce qui nous tombe dessus ne s’appelle pas officiellement cyclone, mais franchement, dans ma vie sous les tropiques, j’ai connu des cyclones bien moins méchants que ce que nous vivons en ce moment.
Impossible pour le moment de faire la liste des dégâts chez nous, mais une chose est sure, il y en a 1 ponton d’emporté, le portique neuf du kau Raimaru détruit, toutes les toitures des faré Tua sont à revoir, il ne reste plus une seule colonne en corail a Tua, toutes emportées par la tempête, l’accès entre le salon et le ponton principal est à refaire, tout est détrempé même le linge dans la lingerie est plein de sel et d’eau, toute la literie attend le soleil avec impatience. La pirogue que j’ai bien cru perdre est toujours là, mais avec une sale gueule. La foudre est tombée sur la pergola métallique et, tout s’est écroulé. Lorsque l’état du lagon le permettra, nous irons faire l’état des lieux. Quant au jardin, aux chemins d’accès aux faré et dépendances, ce n’est pas joli à voir. Des cocotiers arrachés, des branches d’Aito et des végétaux en tous genres bloquent les accès. La plage est détruite à 100%. Un très grand ménage, accompagné d’une bonne dose de courage, nous attend.
samedi 18 février 2017, 9h23.
Même si c’est encore très perturbé, il y a une nette amélioration. Le vent se calme et il ne pleut plus non-stop. J’ai enfin pu dormir presque normalement. Il fallait bien refaire le plein d’énergie pour ouvrir les yeux ce matin, et ne pas sombrer dans l’abattement que provoque le spectacle de ce Raimiti, bien blessée.
Pour le moment, toute l’équipe qui avait du sommeil et de l’énergie à rattraper, émerge doucement vers le café fumant préparé par Junior. Ensuite viendra l’ouverture de la cellule de crise, la liste des dégâts, et celle de l’ordre de la remise en état pour que Raimiti retrouve son aspect normal. Heureusement que nous n’avons pas de visiteurs prévu pour la semaine qui arrive : il aurait fallu tout annuler.
Il est temps de rejoindre les gars, la suite sera pour plus tard.

mardi 14 février 2017, 11h07.
De retour sur le tas de corail, j’ai eu droit à un accueil royal de la part des chiens, mais aussi de Frégata qui m’a aperçu d’en haut, planant dans les airs, alors que je débarquais sur le ponton. Nous avons eu droit à un magnifique piqué en fusée pour finalement, un atterrissage en bout de ponton. Une fois posée, elle m’a manifesté sa joie des retrouvailles par son chant charmeur, moitié Tirex, moitié Raptor.
Quel bonheur de retrouver Raimiti, son calme, les odeurs des fleurs, le seul bruit des vagues cassant sur le récif et la mélodie du vent caressant les palmes de cocotiers. C’est tout de même autre chose que le bruit de la circulation, des énervés qui klaxonnent, des excités de la ville, des odeurs plus ou moins bétonneuses ou hamburgereuses grassouillettes des trottoirs de Papeete.
Ravi d’être rentré à la maison et, il en est de même pour Harrys qui tout comme moi, a chopé une superbe crève chez les pollués de Tahiti.
Teaki est tout heureux de retrouver les lieux de son passé. Les souvenirs se transforment en une nouvelle réalité. C’est Harrys qui le prend sous son aile, pour jouer le rôle du grand frère, l’héberger, le guider, le faire bosser et, l’empêcher d’avoir envie de faire des conneries.
Hier soir, secondé de Teaki, nous avons refait le stock de koméné pour les repas de la frégate. Il était trop heureux de retrouver les sensations de la ligne à lancer qui plie, lorsqu’un poisson se fait prendre. Il n’a pas perdu les bons réflexes qui consistent à remonter le poisson au plus vite, avant qu’un requin suiveur ne bouffe tout.
Quant à Marama, il attend avec une impatience difficilement contrôlée, une accalmie météo pour aller Pupuhi et tester son nouveau fusil harpon, fait main et que lui a offert son pote Harrys.
Dans la nuit, la météo a virée au « pas beau cracra ». Vent du Nord, lagon houleux, ciel bien chargé et nombreuses pluies sont à notre programme du jour.
Suite à des travaux de la poste qui sont encore en cours à Tetamanu, internet et le téléphone fonctionnent correctement et même plus, depuis ce matin !
Pourvu que ça tienne. Avec cette nouvelle installation, nous sommes en train de passer de la 2G à la 3G. Preuve que le modernisme arrive jusque chez nous, même s’il reste bien fragile. En attendant, depuis ce matin, mes mails arrivent et partent à une vitesse hallucinante !
Fin des nouvelles de ce jour. Beaucoup de départs au programme de demain et point d’arrivée. Nous allons très bientôt nous retrouver dans la période la plus vide et calme de l’année, sans visiteurs. Moment idéal pour changer de rythme, d’occupations, de faire l’entretient général et d’entamer de nouveaux travaux, guidés par une imagination fertile et des rêves intarissables.
A plus pour la suite...

dimanche 22 janvier 2017, 9h12.
Comme cela était à craindre, les trop grosses chaleurs de ces dernières semaines se sont transformées en gros mauvais temps.
Après une lente dégradation allant de gris clairs en gris de plus en plus foncés, un vent de Nord de plus en plus soutenu, un lagon vraiment agité et des averses forts généreuses, nous en sommes ce matin au troisième jour tempétueux. Et ça n’a pas l’air de vouloir se calmer.
Depuis, j’ai dû faire, hier et avant-hier 2 transferts au village. Heureusement que notre nouveau kau est opérationnel. Je pense que le voyage d’hier aurait été impossible avec le Camzaz, et les creux de 3 mètres qu’il a fallu affronter avec une visibilité parfois nulle. Mais, même avec ce kau, il aura fallu 3 heures pour rejoindre le village. Moi qui voulais prendre en mains ce navire, c’est chose faite à présent. Il devait être testé par mauvais temps, il a subit l’épreuve avec succès.
J’espère vraiment une accalmie, d’ici le prochain transfert de demain !
La nuit passée a été la plus perturbée avec orages, éclairs, tonnerre, vent tempétueux et fortes pluies. Toutes les cuves débordent, la mare aux canards aussi, et le citronnier étale ses feuilles de bonheur.
Avec ce vilain temps, tout le monde est de repos ce matin. Comme nous n’avons qu’un seul visiteur à satisfaire, ce n’est pas bien compliqué. De plus c’est un solitaire qui attend juste que le vent se calme pour pouvoir aller vivre sa passion : la pêche à la mouche. Dommage qu’il ne soit pas passionné de kite ou de cerf-volant………il y a de quoi faire.
Tous nos kau étant sécurisés, nous espérons bien pouvoir rester à terre et au sec, jusqu’à demain.
Frégata plane non-stop au-dessus de Raimiti. Elle a bien du mal, malgré de nombreuses tentatives, à se poser sur son tarmac. Le vent est bien trop fort pour le moment. Il va falloir qu’elle patiente un peu, pour son repas quotidien qu’elle ne loupe sous aucun prétexte.
Malgré le mauvais temps, une nouvelle orchidée s’est « éclorée » dans la nuit. Ses fleurs sont d’un jaune jonquille, alors que, le cœur est mauve : superbe !
A part ça, pas grand-chose à raconter. Je vais aussi aller profiter de cette journée « farniente » qui commence.

mardi 29 novembre 2016, 15h57.
Déjà une semaine que je suis rentré sur le tas de corail. C’est un peu comme si je n’en étais jamais parti.
Les habitudes sont vite revenues et les diverses occupations aussi. Résine, mastic et autres sur les kau. Notre dernier navire au stade de finitions, va bientôt pouvoir prendre ses nouvelles fonctions, dès que les moteurs seront posés.
Lorsque ce sera fait, le Camzaz va sortir de l’eau pour un sérieux séchage, toilettage et même….. lifting.
C’est maintenant la période où les réservations se calment fortement. La saison aussi, où l’équipe va pouvoir prendre ses congés, où les vernis vont être refaits, les peintures étalées, les bricoles en attente enfin à l’ordre du jour. Bref, le grand toilettage annuel de Raimiti, en vue de la prochaine saison.
Même si nous entretenons au mieux et à longueur d’année, les choses se dégradent à grande vitesse, sur le motu, coincé entre le lagon et l’océan. Mais bon, c’est le prix à payer pour vivre à la porte du Paradis.
Depuis quelques semaines, de gros soucis avec notre installation solaire qui semblent provisoirement résolus. Grace à un technicien de la ville, qui nous a accompagnés et conseillés par téléphone, Junior, Harrys et moi, avons passé la journée à démonter des onduleurs, des relais et autres inters, pour au final, tout remonter d’une autre façon. Et depuis 1 bonne heure, toute l’installation solaire fonctionne normalement. Quel soulagement de ne plus avoir à rester sur groupe électrogène, 24 heures/24. Nous commencions vraiment à désespérer de cette situation.
Pour le reste, la météo annonce chaque jour de la pluie qui ne tombe toujours pas.
De nouvelles fleurs d’orchidées s’épanouissent.
Les piments chinois sont presque tous rouges, la récolte va pouvoir commencer.
Il va aussi falloir penser à faire une nouvelle tuerie chez les canards et poulets locaux, il en sort de partout. Je garde ça pour un jour où la pluie sera au rdv.
Côté lagon, face à Raimiti, les chasses de nodis et fous, sont pratiquement non-stop. Des nuages d’alevins font les frais des oiseaux marins qui se gavent. De notre côté, nous attendrons la prochaine pleine lune pour aller remplir nos bacs de kito et meko.
Heiarii le capitaine, est de repos pour une semaine, c’est Marama qui le remplace. Stan et Chanel partiront en vacances en décembre. Les autres, ce sera plus tard.
Ce jour se termine dans la grisaille, comme il a commencé mais, on s’en fiche : notre solaire fonctionne !
Pour fêter ça ; Junior prépare un « chao men » à sa façon, qui devrait régaler tout monde…….. ce soir.

Mercredi 11 janvier 2017, 11h38.
Ce matin, nous avons tout juste eu le temps de finir la dernière couche d’antifouling sous le kau, lorsque le vent est « tout soudain » arrivé.
De pas un souffle d’air depuis 11 jours, nous sommes passés en quelques secondes à un bon 50 k/h venant du Nord. Le lagon aussi calme qu’un miroir s’est aussitôt levé, écumant et blanchissant.
L’horizon a lui aussi rapidement changé de couleur. Le bleu est devenu noir et depuis, la pluie tombe, le tonnerre gronde, les degrés s’affichent à la baisse, apportant un mieux-être immédiat……. pourvu que cela dure un peu.
Marama est revenu de la Lune en catastrophe avec 2 visiteurs. Il a eu la bonne idée d’écourter la sortie matinale, avant l’arrivée du mauvais.
Depuis, nous voilà presque tous au chômage technique, en attendant une amélioration.
Vendredi 13 janvier,
Les derniers visiteurs sont partis, pour être aussitôt remplacés par l’équipe Vongue, en charge du montage des 2 moteurs Api sur notre kau, tout aussi Api et brillant que les moteurs.
Vraiment super de ne pas avoir de visiteurs en ce moment, nous allons tous pouvoir œuvrer au montage de ces moteurs.
La météo reste assez déséquilibrée, toujours ce vent du Nord mais bon, rien de bien méchant. Par contre, il fait toujours aussi chaud et même plus.
Samedi 14 janvier,
Dès 6 heures du matin, le chantier naval Raimiti était en effervescence. A midi, les 2 moteurs étaient sortis de leur carton, déplacés d’un ponton à l’autre (avec le Camzaz), et mis en place grâce à un palan.
Il y a eu de quoi faire pour chacun d’entre nous, et juste avant le coucher du soleil, le Raimaru était mis à l’eau pour son baptême. Même si nous ne sommes pas vraiment tradition, la bouteille de champagne était sortie du frigo. Toute l’équipe était à bord : Junior, Elvina, Didier le mécano, Emile le patron, l’épouse d’Emile, Harrys, Marama et bien sûr, moi accompagné des 3 chiens.
Nous avons pu faire un tour jusqu’à Kokakoka, tester le nouvel engin, le pousser, le faire déjauger, le faire virer sec et, vider la bouteille de champagne. Que dire de notre nouvel engin, si ce n’est que les râleurs chroniques de T.Advisor vont avoir plus de mal à critiquer la qualité des transferts. Sérieusement, nous avons maintenant l’outil parfait pour effectuer nos allers-retours au village et ce, par pratiquement n’importe qu’elle météo.
Alors que nous partions tester le Raimaru, Frégata est arrivée de nulle part pour se poser sur le portique du kau, alors qu’elle était partie sans revenir, depuis presque 9 mois. Même sans y croire, voilà un signe de bon augure, comme aurait dit, Caesar en son temps !
Hier soir, repas-diner sous l’arbre de la sagesse pour nous tous. Nous avons même eu la surprise d’une galette des rois en dessert (ramenée discrètement de Tahiti, par la femme d’Emile). Bien évidemment, ça n’a pas loupé, j’ai eu droit à la fève, accompagnée de commentaires plus ou moins « vaseux » et « moqueurs », comme savent si bien le faire les Tahitiens. Un bien bon diner et un moment bien agréable pour clôturer une bonne journée. Il n’en fallait pas plus pour entamer une excellente nuit de sommeil réparateur !
Dimanche 15 janvier, 11h43.
Ce matin le chantier naval n’a ouvert qu’à 8 heures. Les gars finissent les installations. Pose et branchements de la pompe de cale, des feux de navigation, du coupe circuit, du GPS, des alarmes et j’en passe.
D’ici la pause-lunch de midi, tout devrait être terminé et si c’est le cas, nous allons aller jusqu’à Tetamanu cet après-midi. Tout d’abord pour tester que tout est OK. Mais aussi, pour contrôler la consommation d’essence, montrer à Sané ce que nous avons fait avec son kau et aussi, aller souhaiter une bonne année a Zaza que je n’ai vu depuis des lustres.
Marama vient de revenir de la pêche. Je l’avais envoyé ce matin faire le plein des petits poissons qu’adore Frégata. Comme elle est revenue bien amaigrie de son long périple, il va falloir assurer pour ses prochains repas, qu’elle réclame avec force !
Après des semaines de vent du Nord, le vent s’est enfin décidé à passer au Sud-Est : quel soulagement !
12h28 : Frégata est maintenant gavée de petits poissons. Elle n’en peut plus de prendre des poses étranges, façon Bouddha, les ailes ouvertes ou la tête pendante. Des photos suivront d’ici peu.
Les gars ont demandés une heure de plus pour en finir avec leurs dernières installations. Nous luncherons plus tard c’est sûr, mais cet après-midi, nous allons aller « frimer » avec notre vedette, du côté de Tetamanu.
Comme déjà dit à Emile et Junior, avec ce nouveau kau et ses 2 moteurs, je me sens tout à fait capable d’aller jusqu’à Tahiti, s’il le faut ! J’ai bien failli réussir à le faire avec un trimaran et la maison des 3 petits cochons posée dessus !
18h30, retour à la maison après un aller-retour a Tetamanu. Le kau fonctionne à la perfection.
Sané a été assez étonné et fier de voir ce que nous avons fait de cette ex épave.
J’ai trouvé que Zaza avait une bien petite mine, ça n’est pas la grande forme, elle souffre pas mal avec ces grosses chaleurs.
Demain, départ de l’équipe Vongue pour Tahiti, et d’Elvina qui rentre sur Moorea. Pour ce premier transfert au village, c’est Junior qui fera le capitaine, secondé de Marama.
Pour ce soir, une orgie de langoustes est au programme.

mercredi 23 novembre 2016, 17h14.
Ça y est, c’est le retour sur le tas de corail. J’espère que tout le monde est bien reposé de ne pas avoir eu à me lire pendant un mois.
De mon côté, j’ai repris assez de forces pour faire de « longues » Gazettes qui vont vous épuiser et raconter notre quotidien parfois répétitif, les surprises de la météo, les galères des moteurs qui fonctionnent ou pas, les visiteurs agréables et charmants et d’autres, qui auraient mieux fait d’avoir la bonne idée d’aller ailleurs.
Et puis, il y a nos paysages, les couleurs parfois incroyables, les odeurs entêtantes, le lagon, les nuits où le ciel est en folie, l’équipe de jeunes qui me booste, Junior : pilier incontournable et indispensable (même si personne ne l’est) de Raimiti.
Tout cela sans faire fi des chiens, des lapins, des chats, des cochons, des poules et des canards qui se portent à merveille.
Côté végétal, mes orchidées, piments, persil, bromelia et bien d’autres se développent avec ardeur et même parfois, de façon anarchique.
Finalement, personne n’a souffert de mon absence……….j’aurai pu partir plus longtemps !
Bien sûr, il y a eu quelques soucis avec 3 jours de tempête où le lagon était impraticable avec des transferts à faire. Une amarre d’un « kau » qui a cassé dans la nuit avec la tempête qui a emporté le bateau à la dérive. Chance pour nous, il est allé s’échouer dans une petite crique de gravier, évitant de justesse des pâtés de corail qui auraient été mortels pour la coque. Il y a eu aussi, un treuil qui a rendu l’âme alors que nous l’utilisons au quotidien. Bref, toutes ces petites ou grandes choses qui nous recadrent, et nous rappellent à quel point l’humilité est de rigueur pour bien vivre dans un coin comme le nôtre.
Finalement, le plus pénible pour l’équipe a été de devoir affronter l’exigence débordante de certains visiteurs, totalement à côté de la plaque ! Je trouve cela rassurant de réaliser que l’équipe aussi, préfère affronter une météo pourrie avec des conditions plus que difficiles, que de faire face aux demandes de civilisés…. soit disant en vacances ! Heureusement, il y a eu bien peu de ces personnes mais, suffisamment pour marquer les esprits de tous. Et comme je n’étais pas là, il a bien fallu faire sans !
Sinon, quel « pied » que d’être de retour et de se sentir à la maison. Alors que je rédige cette première page de Gazette, mon copain le « moo » (margouillat) qui habite habituellement sous le bureau, est ressorti mais, sur le bureau pour me tenir compagnie. En fait, la lumière de l’écran de l’ordi attirant toujours quelques insectes volant, il se place juste à côté du clavier jusqu’au moment où il arrive à un choper un. Parfois, il lui arrive de traverser le clavier à toute vitesse si une proie plus intéressante se trouve de l’autre côté. Cela a parfois des conséquences désastreuses sur le travail en route qui n’est pas enregistré, mais bon, ainsi va la vie aux Tuamotu. Pour vous dire à quel point je suis grave, il m’arrive parfois de totalement arrêter le travail en court pour participer à ses chasses, épier le plus gros moustique, le tuer sans l’éclater, arriver à bien le positionner entre 2 doigts et au final, attendre plusieurs minutes que monsieur Moo vienne le gober d’entre mes doigts.
Je craignais que Junior ne lui fasse la peau pendant mon absence, mais non, mon copain Moo est toujours là, fidèle au rendez-vous.
Ce soir, il n’y a aucun visiteur. L’équipe est de repos. Les choses sérieuses reprendront demain.
La météo du moment est juste Superbe. Beau ciel bleu, petit vent d’Est qui rafraichi le motu, magnifique coucher de soleil, ça sent trop bon les Tuamotu !
Fin de cette page de reprise, il me faut encore attraper 1 ou 2 trucs volant pour mon pote. La suite sera pour demain…

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