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Présentation de Raimiti
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dimanche 17 décembre 2017, 18h31.
32° à l’ombre, la météo d’hier soir prévoyait des averses et encore des averses pour toute la journée.
Il n’y a que du bleu d’un horizon à l’autre ! Même pas l’ombre d’un nuage.
La plainte silencieuse de souffrance du citronnier et des orchidées me fait mal aux oreilles. Je ne peux hélas rien faire, si ce n’est d’assister impuissant, à ce début d’agonie végétale.
Plus d’internet depuis 2 jours. Notre réseau privé via chez Sané ne veut plus rien savoir. Heureusement Mathieu qui assure le fonctionnement de ce réseau sera de retour de Tahiti dès demain. Tenter d’envoyer les mails par notre émetteur de Tetamanu est vraiment un truc à rendre fou, le plus zen des philosophes.
Séance créativité depuis ce matin pour Harrys et moi. Par Maluha, nous avons reçu nos premiers T-shirt avec le logo Raimiti. Il nous fallait donc faire des mannequins pour présenter nos articles à vendre. Harrys est allé couper des branches de kahaia, découper des vieilles bouées et ramasser 1 noix de coco pour commencer son œuvre. De mon côté, j’ai opté pour 1 vertèbre de cachalot, 1 corail, 5 épines d’oursin et 2 porcelaines. Ce soir les 2 mannequins sont habillés et exposés, l’un à l’entrée de la boutique et l’autre au restaurant. J’ignore si cela va aider à la vente mais, nos personnages imaginaires ont bien fait rire le reste de l’équipe.
La petite Heevai (fille de Stan et Chanel) est avec nous pour les vacances de Noël. Visite aussi de frangine Tiare et de son compagnon Teva qui vont passer la semaine avec nous.
Le soleil va maintenant se coucher au fond d’un ciel toujours aussi bleu. S’il doit pleuvoir, ce n’est pas pour dans les heures à venir.
Vu que demain, je vais retourner dans mes travaux de résine et collages divers, une dégradation brutale et soudaine du temps, n’est pas à exclure.
A suivre…

samedi 16 décembre 2017, 12h44.
Pas de gazette ces derniers jours et c’est normal. Je suis tout juste de retour de Tahiti où j’ai été faire les dernières courses de 2017. Beaucoup de courses, des rdv administratifs et bien sûr, l’inévitable dentiste qui m’a bien fait souffrir.
Pour ce qui est du dentiste, le plus dur est passé, les prochains rdv concerneront des travaux plus doux, moins sensibles et plus de confort.
Le dernier Cobia passera livrer dans quelques jours mes derniers achats, et ensuite, plus rien, ce sera le vide total jusqu’à fin janvier. Il faudra absolument tenir sur les stocks. Chaque année, c’est la même chose avec presque 1 mois sans bateau qui viendra livrer, que ce soit chez nous ou au village.
Si tout va bien à Raimiti, j’ai retrouvé un motu plus que sec et brulé. Si les humains et animaux souffrent de cette chaleur excessive, la nature morfle grave.
Il n’y a plus une goutte d’eau en réserve pour les plantes. Le citronnier porteur de plein de nouveaux fruits se meurt, les orchidées se dessèchent, bref, ce n’est pas la joie !
Le ciel reste désespérément bleu et lorsqu’il y a une averse, elle nous évite en passant trop à droite ou trop à gauche, mais jamais sur nous.
Toute la famille à poils, ainsi que celle à plumes se porte bien. Ils enchainent les siestes à longueur de journée. S’il y a quelques activités, c’est assez tôt le matin ou au coucher du soleil, lorsque la température baisse un peu. Même Frégata a changé ses horaires pour avoir moins chaud.
Junior a bien avancé dans les réparations du Camzaz. Le kau sera comme neuf à la fin.
Pour le nouveau faré, les travaux sont en stand-by, en attendant la livraison du matos indispensable par le prochain Cobia.
Voilà pour les dernières nouvelles du tas de corail. Toute l’équipe sera de repos cet après-midi : il fait vraiment trop chaud pour les faire bosser.
A suivre…

samedi 2 décembre 2017,
Nous y voilà déjà, j’ai du mal à croire que l’année est presque finie.
L’année se termine et Raimiti se vide. Après le départ d’une joyeuse équipe de Popaa hier, je pensai à mon retour du village, avoir le temps de mettre mon nez dans les salaires.
Rien de cela. A peine revenu du Nord, il a fallu refaire les pleins d’essence d’urgence, pour vite repartir au village. Une visiteuse ayant tous les symptômes flippants d’un début de fausse couche, il n’était pas question de laisser trainer les choses. L’évacuation sanitaire a été vite organisée.
En moins de 5 minutes, Junior a viré les sièges du bateau pour y installer un matelas. C’est assez confortablement allongée, que notre « patiente » a pu faire le voyage jusqu’au dispensaire.
Un peu avant 19h, elle était entre les mains des pros de la médecine et, ce n’est qu’ 21h30 que je retrouvai le ponton de Raimiti pour la deuxième fois de la journée.
Plus calme aujourd’hui, les 3 derniers visiteurs sont rentrés et comme il n’y avait point d’arrivée : Raimiti sera rien qu’à nous pour quelques jours.
Voilà qui va faire le plus grand bien à tous. Dès ce soir, toute l’équipe est de repos et ce, jusqu’à lundi matin.
Demain, quoi qu’il arrive je ne me lèverai pas à 7h, mais quand bon me semblera.
Aux dernières nouvelles, notre visiteuse est maintenant à l’hôpital de Tahiti, mais, je n’en sais pas plus.
Suite au prochain épisode…

mercredi 29 novembre 2017, 7h54.
Plus d’une semaine sans Gazette, c’est dire que le temps passe bien trop vite, avec notre programme des « A Faire ».
Mauvaise surprise pour moi, je croyais qu’après avoir refait le tableau arrière du Camzaz, j’allais m’en sortir assez rapidement avec un simple ponçage pour le reste de la coque. Que nenni, j’ai découvert des endroits totalement poreux et même attaqués par les termites. Il faut donc virer toutes ces parties contaminées, remplacer, résiner, tout refaire quoi !
C’est beaucoup plus de travail que prévu mais, je vais y arriver.
Coté terre, entre les services cuisine et le quotidien à assurer, Junior avance assez rapidement avec le montage du faré Aito.
Ura est avec nous pour 15 jours. Invité par son fils Harrys, il est venu respirer le bon air du motu. Cela lui fait assez drôle d’être ici, lui qui a connu Raimiti à son tout début, quand il n’y avait que la brousse. De voir son fiston évoluer et prendre des responsabilités dans Raimiti le rassure beaucoup avec le passé parfois chaotique du rejeton. Harrys étant réputé (dans sa famille) pour être une tête de mule hors contrôle.
Le papa est heureux, le fils aussi, ils bossent et passent du temps ensemble, tout baigne, et ça fait plaisir à voir.

Marama a repris du service après 1 semaine de repos. Il a passé 2 jours pleins au village sans faire de conneries. La Hinano a du couler à flot car depuis sa reprise du travail, il n’a pas touché a une seule bière. Il a l’air décidé de continuer la cure et nous l’encourageons à ne pas craquer.
Dimanche passé, Naea, sa femme et son fils sont venus du Nord pour nous montrer comment faire notre première récolte de miel.
Même Naea était scotché de la quantité de miel récolté. En 2 mois, c’est plus de 10 kilos que nous avons eu, par ruche.
Du coup, il m’a installé d’office, une troisième ruche.
Prochaine récolte en Janvier 2018. Si on récupère 30 kilos tous les 2 mois, je vais devoir vendre notre miel !
Sinon, le temps est au grand beau et au trop chaud. La saison chaude est bien installée et, il en sera ainsi jusqu’en avril prochain. Pour le moment, les pluies sont assez rares et comme d’hab, la nature n’apprécie pas trop.
Voilà pour le petit rattrapage des nouvelles du motu, de ces derniers jours.
Au programme du jour :
Sortie pirogue pour Marama et Teriitahi avec les visiteurs du moment.
Aller/retour village pour Harrys qui fera les départs et les arrivées.
Virer les bois attaqués sur le Camzaz, pour moi.
Début de la pose toiture du faré Aito pour Junior.
Encore une nouvelle journée ou nous n’allons pas chômer.
A suivre…

lundi 13 novembre 2017, 10h43.
C’était tellement bien que je ne suis même pas passé par le bureau, si ce n’est pour tout fermer.
Hier, dimanche de repos pour tous, ou presque.
Ce qui fait que ce matin, tout le monde est bien en forme pour la nouvelle semaine qui démarre.
Le soleil ardent est au rendez-vous, ça chauffe grave, même à l’ombre.
A suivre.
mercredi 15 novembre 2017, 9h23.
Harrys et Teriitahi sont en route pour le village où le Cobia vient d’arriver à quai.
Récupération des fruits et légumes, d’un lot de bois qui a loupé le bateau précédent, d’une glacière de pain, de gants et chaussons de plongée oubliés par 1client dans une autre pension et d’un passage à la poste pour relever le courrier. Ils seront de retour en début d’après-midi.
Marama est de service au restau pour les quelques visiteurs du moment. Il est aussi en charge des sorties lagon.
Junior œuvre sur le Camzaz. Dès que tout sera bien sec à l’intérieur, des épisodes « résine » m’attendent.
Malgré quelques averses ponctuelles, le temps reste au beau, mais aussi au chaud. Je crains que nous ne « morflions » encore une fois avec l’été Austral qui s’installe.
jeudi 16 novembre 2017, 11h29.
Comme je m’y attendais un peu, il a suffi que je sorte la résine, le catalyseur, les spatules et autres utiles à mes travaux qui doivent se faire au sec, pour qu’une belle barre noire se pointe à l’horizon coté Est.
J’ai quand même eu le temps de bricoler un peu, avant que le bleu du ciel ne se fasse manger par un gris sombre affamé. Depuis hier fin d’après-midi, il flotte sans aucune retenue. Mes travaux en souffrance devront attendre le retour du soleil.
Du coup, je me suis vengé sur 6 coqs. L’équipe commence à être « Fiu » de manger aussi souvent du poulet local, même si, nous changeons régulièrement les sauces.
Vendredi, samedi et dimanche sont passés.
lundi 20 novembre 2017, 9h31.
Le soleil est revenu depuis 2 jours, j’ai pu sortir la résine et avancer dans mes travaux sur le Camzaz. Encore 2 ou 3 séances collantes, et l’intérieur du kau sera terminé. Restera à retourner le bateau pour faire les travaux de l’extérieur.

De son coté, Junior a posé le plancher du faré Aito. Plancher qui a dû être traité à l’huile de vidange. Les travaux de montage du faré pourront commencer, dès que le sol sera un peu moins poisseux. Vu l’ardeur du soleil et le bon vent d’Est, il devrait sécher assez vite.
Depuis ce matin, Marama est de repos pour toute la semaine. Il est temps qu’il se repose vraiment. Voilà presque 1 an qu’il n’a pas pris de vacances.
Du coup, il y a un peu plus de travail pour les autres mais, comme c’est assez calme en « visiteurs », nous allons y arriver.
C’est moi qui vais assurer le transfert village du jour.
Voilà pour les dernières « news » du tas de corail.

samedi 11 novembre 2017, 8h47.
Premier jour sans le moindre transfert au village. Plus qu’un seul visiteur qui est un habitué des lieux. Il s’agit d’un Suédois qui en est à son 6 ou 7 eme séjour chez nous.
Pour changer un peu de notre quotidien, toute l’équipe va partir avec la pirogue et le 60 cv pour une journée détente, pêche pupuhi, taketo, traine et, farniente. L’idée était d’aller jusqu’à l’Ouest mais, la couverture nuageuse qui semble s’épaissir, a décidé Junior de se contenter de suivre le bord en remontant le « papa » jusqu’à Otukaina.
Voilà qui va aérer et oxygéner les neurones de tous.
Bien sûr, il faut qu’il y en ait un qui reste. Impossible de laisser Raimiti sans un gardien. Avec tous les voiliers qui sont au mouillage à Hirifa, une visite surprise et non souhaitable est toujours possible.
Mais bon, cela ne me gêne pas du tout d’endosser le rôle de gardien et d’avoir Raimiti pour moi tout seul, pendant quelques heures. C’est même un moment si rare et privilégié que, je l’attends avec impatience.
Hier soir, voulant manger autre chose que notre éternel maa, Junior m’a fait bouillir quelques patates. Ayant ramené du fromage à raclette de mes dernières courses mais n’ayant pas l’appareil qu’il faut pour, j’ai mis mes patates dans un plat. Recouvert les patates de fromage, refermé le tout qui a ensuite passé 2 minutes aux bons soins du micro-onde. Eh bien, croyez-le ou pas, non seulement c’était mangeable mais, c’était carrément bon. La petite tranche de jambon de montagne et les 3 cornichons qui accompagnaient le tout…………un vrai régal !
Mis à part les 30 degrés ambiant, les cloisons en niau tressé, le sol en gravier des Tuamotu, on aurait pu se croire dans un chalet Suisse.
A la fin de ce diner made in Helvétia, Harrys est venu me rejoindre pour me persuader qu’après un tel diner, il était impossible d’aller dormir sans boire un petit digestif. Étant venu armé d’une bouteille de sa réserve, je peux maintenant affirmer que le mariage raclette/Get 27 : ça le fait très bien !
Même pas mal a la tête ce matin.
10h08.
Ça y est, ils sont tous partis. Raimiti est à moi tout seul pour un moment.
J’abandonne le bureau, vais éteindre le groupe électrogène et, rdv d’ici quelques heures.
lundi 13 novembre 2017, 10h43.
C’était tellement bien que je ne suis même pas passé par le bureau, si ce n’est pour tout fermer.
Hier, dimanche de repos pour tous, ou presque.
Ce qui fait que ce matin, tout le monde est bien en forme pour la nouvelle semaine qui démarre.
Le soleil ardent est au rendez-vous, ça chauffe grave, même à l’ombre. A suivre…

mardi 24 octobre 2017, 10h41.
Allez, encore une dizaine de jours à tenir à ce rythme parfois chaotique avant que ne commence la saison creuse. C’est bientôt la fin de la vague migratoire des visiteurs.
Demain, dernier gros arrivage avec pas loin d’une quinzaine de personnes. Ce sera surement le dernier gros débarquement de 2017. J’ai dû demander à Manihi de me donner un coup de main ou plutôt, un coup de « kau » pour m’aider à rapatrier tout ce monde ainsi que leurs valises qui pèsent des tonnes, jusqu’à Raimiti. C’est donc à 2 gros bateaux que nous irons au village.
Depuis hier, la météo est revenue au beau et le vent s’est enfin calmé. Pourvu que ça dure assez longtemps, pour que nos transferts ne soient pas des galères.
Aujourd’hui, j’ai laissé Marama faire seul le transfert.
Harrys est allé faire un snorkling à Tetamanu avec 2 américains.
Teriitahi ratisse les feuilles des Toau qui n’en peuvent plus de tomber.
Junior se prépare dans sa cuisine alors qu’Elvina œuvre aux ménages.
Il y a vraiment de quoi faire.
Nous avons quand même trouvé le temps d’aller remplir 50 gros sacs de sable rose pour les copains de la ville. Ils partiront demain avec le Cobia, qui passera à domicile.

Ce joli sable ira entamer une autre vie dans différents cimetières de Tahiti ou il recouvrira les tombes des disparus. Si en France, c’est la tradition des chrysanthèmes, ici on recouvre les tombes de sable fin et la nuit du 1 novembre, toute la famille ira tenir compagnie a ceux passés de l’autre côté, en chansons, prières, souvenirs et à la lumière des chandelles. Sans vraiment donner envie d’être mort pour avoir droit à cette coutume, elle a quelque chose qui me touche profondément. Installer son « peue » (tapis tressé) entre les tombes, s’y installer, parler des disparus, chanter, rire, pleurer, gronder ou pas, les plus petits qui jouent à « chat perché » ou « cache-cache » entre les autres tombes, les odeurs des fleurs, la nuit étoilée…..il y en a même qui emmènent le pique-nique.
C’est tellement loin et diffèrent de mes souvenirs d’enfance avec ces cimetières du Tarn et Garonne ou il faisait si froid. Ambiance générale polaire, entre les caveaux de marbre glacial, même la couleur des fleurs avait quelque chose de morbide. Et puis, il y avait toujours un vent froid pas possible, qui transperçait les os.
Pour ceux qui ont vu le film, c’était genre « Au nom de la rose ».
Pour compléter le tableau, déambuler dans ces cimetières se soldait par 2 à 3 kilos de boue bien collante, à chaque godasse. Ce qui me faisait le plus râler, c’est que j’étais obligé de bien cirer mes pompes avant la visite cimetière. Il fallait aller voir nos morts dans une tenue (dont les chaussures) irréprochable, comme si, il s’agissait d’un rendez-vous d’embauche.
Un truc à attraper la mort !
Combien de fois me suis-je fait réprimander, car au lieu de me recueillir sur les morts de la famille que je n’avais pas connue, je préférai aller remettre en place, les pots des autres tombes chavirés par ce damné vent. Lorsque personne ne me regardait, mon occupation préférée était d’aller prendre quelques pots sur les tombes trop fleuries (à mon gout) pour aller les mettre sur celles qui n’en avaient pas.
Bref, j’étais déjà irrécupérable pour la société !
D’avoir été remplir ces sacs de sable m’a fait faire ce voyage dans le passé qui un jour ou l’autre, sera immanquablement mon avenir. Mais bon, rien ne presse, même si l’ambiance est cool dans les cimetières polynésiens.
A suivre…

dimanche 29 octobre 2017, 9h22.
Entre les « plongeurs » et les « snorkeleurs », 11 personnes plus Marama et Harrys sont en route pour Tetamanu.
Encore 4 jours à ce rythme, avant que Raimiti ne commence vraiment à se vider de ses visiteurs.
Il est temps que ça se calme un peu…..je suis sur les rotules (et je ne suis pas le seul).
Coté météo, elle est avec nous et c’est bien agréable de faire des transferts « glisse », sans avoir à viser entre les vagues, les creux ou les déferlantes.
Très bientôt, je vais pouvoir rattraper le retard qui s’accumule dans mon courrier perso. Pour le moment, c’est juste pas possible !
Fin de mois oblige, il va aussi, y avoir à faire la paperasse habituelle. Mais après cela, je devrai pouvoir souffler un coup.
Junior a commencé à rédiger son calendrier des travaux à faire, et de l’ordre dans lequel nous allons nous y attaquer.
De capitaine, serveur, cuisinier, jardinier, femme de ménage, nous allons tous changer d’emploi pour devenir : ponceur, peintre, menuisier, bucheron, couvreur, terrassier, réparateur naval, constructeur de maison et, j’en oublie surement d’autres.
En fait, c’est aussi ce qu’il y a de génial dans notre vie du bout du monde ou il faut savoir vraiment tout faire.

Bien conscient des améliorations à apporter, nous allons pouvoir nous appliquer à tout remettre en état, changer ce qu’il faut, embellir ce qui peut l’être, créer du nouveau, faire ce qu’il faut pour que le nid de Raimiti soit encore plus douillet et accueillant.
Plus de gens partiront de chez nous la larme à l’œil, plus notre récompense sera forte.
Les messages de cette année, laissés dans le « livre d’or » à disposition des visiteurs dans le salon, prouvent de plus en plus que le Mana Raimiti touche de plus en plus de personnes, qui ne ressortent pas toujours « indemnes » ou « indifférentes » de leur séjour chez nous.
Tout cela est vraiment motivant et donne à toute l’équipe l’envie d’aller toujours plus loin.
Bien sûr, il y aura toujours des grincheux, des éternels insatisfaits, des qui auraient mieux fait d’aller ailleurs, des qui se croient dans une de ces émissions TV ou tout doit être noté et jugé mais finalement, sans s’en douter, ils rehaussent encore plus la bonne et belle énergie qu’apportent tous les autres.
J’ai mis assez longtemps à comprendre que trop souvent, je me laissai trop envahir par les « négatifs ». L’école parfois dure de Raimiti, m’a appris à ne plus perdre de temps dans les coins obscurs des pensées de certains, mais au contraire, à chercher la petite lumière qui brille immanquablement quelque part.
Cela peut paraitre assez « gnangnan » voir enfantin, toujours est-il qu’appliquer cette façon de voir et d’être, me fait un bien fou qui m’ouvre des portes de « vie » insoupçonnées.
Fin de mon délire de ce jour.
A suivre…

mardi 17 octobre 2017, 9h.
Il pleut des trombes, le tonnerre gronde grave, la mare aux canards déborde, les visiteurs ont grise mine, le motu et la végétation retrouvent un nouveau souffle, les feuilles de kahaia se redressent, les cuves sont pleines, nous sommes trop content de ce sale temps, même si, nous ne pouvons montrer et partager cette joie, avec les touristes du moment.
La force de cette grosse pluie qui dure depuis la nuit passée a réussi à casser le vent. Du coup, même si c’est très gris partout, que la visibilité est presque nulle, le lagon est redevenu praticable. Pourvu que tout reste en l’état quelques heures, le temps de faire notre aller-retour au village. Je commence à être un peu « fiu » de ces transferts acrobatiques à la façon Rambo.
17h54 le même jour,
Transfert pour le moins humide mais ce n’est pas grave. Lagon assez calme, ça change des derniers jours.
La pluie tombe toujours avec autant de force et ça commence à déborder, là où il y a des creux. Mais bon, nous l’attendions tellement cette pluie !
De trop sec, nous sommes passés à trop humide en quelques heures. Impossible de faire craquer une allumette, elles regorgent d’humidité. Un vrai casse-tête pour les nouveaux, que d’allumer leur lampe à pétrole !
mercredi 18 octobre 2017, 20h59.
Suite de la Gazette d’hier, lâchement abandonnée.
Une nuit venteuse comme pas possible. Ce matin il a fallu aller refixer des toitures en « palmex » arrachées du coté Tua. Coté lagon, c’est guère mieux pour la navigation, sauf en collant de très près le platier corallien.
Même galère de navigation pour envoyer les plongeurs à Tetamanu, et mon transfert du jour au village n’a vraiment pas été sympa. Tout est mouillé, trempé et suintant…………il n’y a que les canards qui s’éclatent !
Ce soir au restau, à la demande générale, distribution de couvertures, les gens ont tous froid.
Suite au mauvais temps de ces derniers jours, le Cobia n’est arrivé au village qu’en fin d’après-midi. Du coup, la distribution des cartons de sec, réfrigéré et congelé commencera demain à 7 heures. Trop cool, le seul jour où je n’avais pas à aller au village, me voilà « condamné » à y aller, si je veux récupérer la salade et autres fruits et légumes, qui ressemblent à quelque chose de mangeable.
Inutile de rentrer chez moi ce soir à Tua, pour une bonne nuit de sommeil. Je vais squatter au salon ou devant la TV, pour pouvoir partir vers 5 heures du matin, lorsqu’il commencera à faire clair !
Il y a des fois ou la vie à la porte du paradis est assez « merdique », c’est tout à fait le cas en ce moment.
jeudi 19 octobre 2017, 9h04.
Cette fois, c’est suite et fin de cette page de Gazette.
Très mauvaise nuit passée au salon avec fin de la grosse pluie et retour du vent.
A 5 heures du mat, je quittai le ponton de Raimiti pour le quai du village. Heureusement que je n’ai rien d’un blanc d’œuf, j’aurai fini en neige. Obligé de serrer la navigation au plus près du platier pour avoir un semblant d’équilibre. Mais bon, ça là fait et comme j’aime bien naviguer seul sur cet immense lagon, j’en ai profité pour oxygéner mes neurones et chasser les quelques idées plus ou moins noires qui trainent toujours dans les recoins du cerveau.
De retour sur le motu avec la salade, fruits et légumes, Junior va pouvoir bosser plus à l’aise en cuisine.
Si le vent de Sud Est reste bien trop fort, le ciel est redevenu tout bleu. Une belle journée s’annonce et quoi qu’il arrive, je vais aller chez moi a Tua mettre oreillers et matelas au soleil. Ma « case » a besoin d’un bon coup de ménage et, c’est à mon programme du jour.
Harrys et Marama vont aller faire un tour avec les visiteurs, à Tetamanu. Après l’épisode palette de gris en tout genre, le moment est venu de leur montrer qu’il y a aussi un riche nuancier débordant de bleus.
Voilà pour les nouvelles de ces 3 derniers jours. Je file chez moi faire le ménage de printemps…

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