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Présentation de Raimiti
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Dimanche 3 septembre, 8h01.
Encore et toujours ce vent de Sud/Sud-Est qui balaye tout et rend le lagon bien « vénère ».
D’où des transferts pas forcement confortables pour les visiteurs et assez fatigants pour le capitaine.
Hier, j’avais 6 départs pour 12 arrivées, à faire sur un lagon pas cool du tout.
Si l’aller n’allait pas poser problème, je n’étais sûr de rien pour le retour avec le vent et les vagues, de face. Entre la charge sur le bateau, le poids des gens et les montagnes de valises et sacs qui les accompagnent généralement : j’ai préféré jouer la prudence.
Sané devait m’embarquer 6 arrivées, ce qui solutionnait le problème. 2 heures avant d’entamer le transfert, Sané m’annonce que ce n’est plus possible.
Plan B : finalement c’est le Raimaru qui part, suivi du R3 qui prendra les bagages mais aussi de Manihi, qui prendra à son bord 4 personnes. Voilà donc les 3 kau en route pour le village pour récupérer un total de 16 personnes (12 pour Raimiti et 4 pour Motu Aito) + les bagages.
Le miracle du vent qui se calme tout soudain n’a pas lieu, c’est donc un lagon bien agité qui nous attend.
L’avion fini par arriver avec ses 15 bonnes minutes de retard, les arrivants ne peuvent pas récupérer leurs bagages car le Team d’Air Tahiti refait d’abord, le plein de kérosène.
C’est au final avec 1 heure de retard que les visiteurs arrivent enfin sur le quai. Sauf que, au lieu des 3 voitures affrétées pour ce « mouvement migratoire », il n’arrive qu’une seule voiture avec un total de 8 personnes sur les 16 attendues.
30 minutes de plus à téléphoner à droite et à gauche, pour essayer de savoir, en vain, où sont nos visiteurs disparus.
Finalement, c’est l’escale Air Tahiti de Rangiroa qui m’annonce tout tranquillement que l’avion de Tikehau a eu un gros retard et que la connexion sur Fakarava n’a pu se faire. Du coup nos visiteurs sont bloqués à Rangiroa pour la nuit. Ils ne pourront rejoindre Fakarava que ce jour, après avoir effectué un Rangiroa, Papeete, Fakarava, soit une belle journée de vacances passée dans les aéroports et avions d’Air Tahiti. Quant à nous, nous sommes allés au village avec 3 bateaux pour rien. Un seul suffisait amplement.
Pour une fois que je n’avais pas de transfert ce jour. Maintenant, il y en a un pour mes 6 et les 2 de Manihi.
Nous avons cramés un total de 220 litres d’essence avec les 2 bateaux supplémentaire, juste pour rien, sauf le plaisir de se faire secouer sur le lagon.
Pas le moindre mot d’excuse d’Air Tahiti qui avait les moyens de nous prévenir « Avant ». C’est vraiment nul cette compagnie dont la suffisance n’a d’égale que leur incompétence. Aux prix des billets, ils pourraient faire un effort. Mes animaux sont mieux traités que leurs clients.
Finalement, nous sommes bien rentrés chez nous avec la nuit tombée.
Trop cool, on refait les pleins et je vais remettre ça, aujourd’hui.
A suivre…

jeudi 31 août 2017, 8h16.
Difficile de trouver 5 minutes pour ouvrir la Gazette, il n’y a plus assez d’heures dans la journée pour arriver à tout faire.
Les départs successifs de Chanel, Stan et demain, celui de Teaki nous obligent à revoir notre façon de fonctionner. Mais bon, on va y arriver.
Junior a repris possession de la cuisine, cela fait bien plaisir de manger à nouveau des plats que Stan faisait assez rarement.
Elvina s’en sort bien avec les ménages, lessives, pliages et autres coups de main qu’elle donne.
Teriitahi commence à être vraiment à l’aise dans le fonctionnement du restau.
En ce qui concerne Harrys et Marama, ils assument sans problème les nombreuses et diverses tâches qui permettent le bon fonctionnement de Raimiti.
Quant à moi, entre le bureau, les transferts village presque au quotidien et l’organisation des sorties, j’ai vraiment de quoi m’occuper.
Pas de transfert aujourd’hui, du coup je suis de sortie « pirogue-trimaran » avec un peu plus d’une douzaine de visiteurs. Marama fera le second. Nous allons faire un pique-nique –snorkling a Tetamanu.
Harrys restera sur place pour contrôler les niveaux d’huile et autres de tous nos moteurs qui sont mis à rude épreuve et réclament un peu d’entretien. Bref, encore une journée bien chargée pour chacun de nous.
Une nouvelle orchidée accrochée à une branche de l’arbre de la sagesse s’est « éclorée », il y a 2 fleurs vraiment trop superbes. Les photos vont suivre.
Panne totale de koméné et fanéa. On n’a pas eu le temps d’aller en pêcher : Frégata commence à faire grave la gueule.
La météo est à nouveau « moche » un peu partout en Polynésie mais, pour le moment nous sommes toujours dans le bleu. Autant en profiter avant que cela ne se dégrade.
A suivre…

jeudi 24 août 2017, 8h33.
Cette fois, ça y est, le vent est vraiment revenu à la normale. Le lagon est praticable, les accostages sans danger et les traversées un peu moins montagnes russes. Il était vraiment temps que ça redevienne à la normale, je commençai à sérieusement fatiguer de ces « promenades » à la Rambo.
Toujours autant de mouvements entre ceux qui arrivent et ceux qui partent. Les choses vont se calmer d’ici quelques jours.
Si Marama est de plus en plus à l’aise dans le rôle de capitaine des transferts. Harrys et Teriitahi se débrouillent fort bien avec les sorties pirogue. Encore ce jour, ils vont aller jusqu’à Tetamanu, pour un palme, masque, tuba qui sera suivi d’un pique-nique barbecue à bord, et d’un retour pêche à la traine le long des bancs de Tu-iri.
Junior reprend la cuisine en main, le départ de Stan approche.
Elvina, dans le rôle de la fée du logis semble tout à fait à l’aise.
Bref, chacun assume et tout se passe bien.
Pour changer un peu de mes photos poissons, orchidées et autres de Raimiti, je fais suivre quelques photos de Maluha (ma fille pour ceux qui l’ignorent) prisent lors du dernier Heiva de Papeete. Ce concours de danse annuel, rassemble un maximum de groupes de danse de toute la Polynésie (incluant les danseuses, danseurs et musiciens). Le groupe dont Maluha fait partie a décroché la seconde place sur le podium. Ce qui est plus que bien et encourageant pour l’avenir. Je trouve certaines photos « sublimes ». A savoir aussi, que les costumes sont faits de matières végétales séchées et fraiches, minérales, parfois et même souvent savamment tressées…..bref, rien que du naturel ou le moindre plastique ou associé est formellement interdit. Rien à voir avec les grands shows Hawaïens qui sont bien souvent une débauche de costumes et fleurs synthétiques.
Pourvu que ce Heiva reste comme il est, et ne sombre pas dans le modernisme qui nous grignote un peu plus chaque jour.
Tout cela me fait penser à cette belle tradition d’ici, qui consiste à couronner l’arrivant d’une couronne de fleurs, et à son départ, d’une couronne de coquillages.
De nombreuses pensions de famille dans les iles, perpétuent ou tentent de perpétuer cette tradition, mais pas Raimiti.
Impossible sur un atoll corallien d’avoir des fleurs en suffisance pour réaliser une couronne par arrivant. De plus, lors de nos transferts en bateau, ces couronnes se cassent et les fleurs finissent soit au lagon, soit sur le plancher du bateau. Du plancher du bateau, elles glissent dans la cale et finissent par s’agglutiner, pourrir et boucher la pompe de cale. J’ai bien failli perdre un bateau pour cette raison.
Quant au collier de coquillages pour le départ, je suis carrément contre.
Fut un temps ou le nombre de visiteurs en Polynésie était moindre. Il n’y avait aucun problème pour avoir les coquillages nécessaires à l’élaboration de ces couronnes.
Les choses ont bien changé depuis. N’ayant plus depuis longtemps le nombre de coquillages nécessaire pour répondre à la demande de cette « tradition », les coquillages viennent de Taïwan, des Philippines et autres iles de cette région, où ils sont parfois récoltés à l’explosif, au cyanure et autres méthodes expéditives.
En aucun cas je ne peux m’associer d’une façon ou d’une autre à ce massacre.
Parfois des visiteurs arrivant d’un atoll perdu portent une magnifique couronne avec nos beaux coquillages des iles. Mais, dans 98% des arrivants débarquant de l’avion, il s’agit de ces moches couronnes de coquilles d’escargot venues de bien loin pour couronner de « mensonges » nos visiteurs. Je ne leur en parle jamais, et pourtant, ce n’est vraiment pas l’envie qui me manque.
Rien de plus pour ce jour.
A suivre…

vendredi 18 août 2017, 10h35.
Trop content ce matin, cette « vacherie » de vent semble décidée à se calmer.
J’avoue que j’appréhendai vraiment le transfert du jour avec l’arrivée possible du vol d’Air Tahiti, en retard. L’idée de passer une nouvelle nuit au village, dans les conditions vécues récemment ont vraiment de quoi refroidir le plus optimiste.
Donc ce matin, encore du vent mais c’est maintenant de la rigolade. Le transfert au village va pouvoir se faire dans des conditions normales, et même si A. Tahiti affiche un retard m’obligeant à rentrer de nuit, ce n’est pas bien grave. Je peux le faire et le ferai avec « bonheur ».
samedi 19 août 2017, 8h22.
Suite de la gazette commencée hier. Un transfert nickel, les doigts dans le nez et d’une facilité déconcertante. Même l’avion est arrivé à l’heure, ce qui m’a permis d’être de retour sur le motu, juste avant la nuit.
Au programme du jour, un nouvel arrivage de visiteurs qui fera que ce soir, Raimiti sera à son taux d’occupation maximal. Ensuite, dans les jours et semaines à venir, même si le nombre de visiteurs reste non négligeable, il ne devrait plus y avoir d’aussi importants mouvements de départs et d’arrivées. Les capitaines des « kau » n’auront plus besoin d’être en alerte et au taquet, comme c’est le cas pour le moment.

Ce matin, météo incertaine avec un vent de Sud-Est qui me semble vouloir se renforcer, pourvu que je me trompe.
Une sortie trimaran est au programme pour capitaine Harrys, son second Teriitahi, et plus d’une dizaine de visiteurs. L’idée est d’aller jusqu’à Tetamanu pour un masque-tuba, baignade, découverte de la passe, pique-nique à bord et retour en pêchant à la traine.
Si le vent se lève, ils passeront au plan B avec le motu de kokakoka pour destination.
Pour Marama et moi, c’est très simple (sur le papier). Un aller-retour au village pour récupérer la nouvelle dizaine d’arrivants.
Le reste : ménages, propreté du jardin, cuisine, refaire les pleins des kau et des groupes, plus les imprévus qui sont toujours au rdv : c’est à l’ami Junior de diriger la manœuvre.
Voilà en gros, la nouvelle journée qui nous attend. A noter, que malgré le monde que nous avons, tous nos visiteurs sont vraiment sympas et cools. Pour une fois, il n’y a pas le rabat-joie de service dans le rôle du grain de sable qui enraye la machine.
Ce qui a pour effet de motiver et booster toute l’équipe, qui donne sans compter avec les gens sympa, mais qui, comme les huitres se referment au contact du moindre polluant.
A suivre…

jeudi 17 août 2017, 15h17.
Parti hier à 12h pour un transfert aller-retour de 4 heures au plus, me voilà de retour à Raimiti, 24 heures plus tard.
Un Maraamu (vent du Sud) souffle d’enfer depuis 2 jours. C’est aussi violent que la semaine d’avant, sauf que là ; c’est du Nord qu’il venait.
Lagon terrible, séries de déferlantes successives de plus de 2 mètres, des passages limite praticables a certaines pointes de l’atoll. Bref, une conduite plus qu’attentive, où il faut être toujours en alerte et qui au final, vous « crève » comme pas possible.
Le voyage aller d’hier a été pour le moins rock&rol mais, assez correct car, avec le vent et la houle qui poussaient dans le dos.
J’étais beaucoup plus inquiet pour le retour car là, tout devait se jouer de face. Mes prières adressées à l’ange en charge de l’aéronautique sont restées sans aucun effet. 45 minutes de retard pour l’avion. Il me fallait minimum 1 heure 30 de navigation avec la lumière du jour pour tenter le retour. Lorsque les visiteurs sont arrivés à quai, je n’avais devant moi qu’un maximum de 30 minutes de navigation diurne avant d’entrer dans la nuit. Vu le blanc écumeux du lagon, les vagues s’écrasant sans retenue sur le quai, et l’incertitude de ce qui m’attendait plus loin, j’ai préféré tout annuler.
Une fois de plus, Jacques a récupéré et hébergé pour la nuit, le couple de visiteurs arrivant.
Marama et moi avons joués les SDF sur le quai jusqu’à ce que le sommeil nous gagne, pour ensuite, tenter de dormir quelques heures à bord de notre kau-shaker. Dans la nuit, une amarre (toute neuve) a rompu, cisaillée par le frottement permanent sur une bite d’amarrage. Heureusement que nous étions à bord pour réagir au plus vite. Sans ça, surement que notre kau se serait explosé sur le quai !
A 7h30, nous quittions le quai avec toujours autant de vent mais, avec la lumière du jour. J’ai embarqué 3 personnes de plus pour Sané qui n’a pas voulu envoyer son kau par un temps pareil.
Arrivés à Raimiti à 10 heures, le temps de refaire les pleins, j’ai ensuite poussé jusqu’à Tetamanu livrer les visiteurs de Sané.
Me voilà maintenant au sec et au chaud. Ouf ! Je suis tranquille jusqu’à demain. Peut-être que d’ici là, ce vent de dingue va se calmer un peu. Pour le moment, ça n’en prend vraiment pas le chemin, on dirait même que les rafales se renforcent.
Vu le nombre de partants que j’ai demain et vu le nombre d’arrivants qu’à Sané, nous avons décidés de faire de concert le voyage aller-retour avec nos 2 kau. Nous pourrons ainsi mieux repartir les poids et faire la « promenade » avec une meilleure sécurité. Voilà qui me rassure et me rend un plus optimiste pour ce prochain voyage au village.
A part ça, RAS. Junior, comme toujours assure comme un chef durant mes absences imprévues et prolongées. Le reste de l’équipe fait aussi sa part. Harrys m’avance bien dans la paperasse du quotidien. Quant à Marama, depuis notre retour, il est allé s’écrouler sur son lit ou il doit dormir comme un bienheureux.
A suivre…

lundi 14 août 2017, 10h36.
Waouuuu, ce soir je vais pouvoir réintégrer ma tanière à Tua. Pas fâché de quitter le matelas au sol de la cuisine, où je me couchais seul pour me réveiller au matin en compagnie de toute la meute.
Malgré les prévisions pessimistes de météo France, la météo est redevenue « superbe ». Du coup, comme il n’y a que des départs aujourd’hui, je vais laisser Marama piloter seul le Raimaru.
Harrys et Teriitahi guident une dizaine de visiteurs pour un palme-masque-tuba à Tetamanu.
Junior aidé de Teaki, démarre les grands travaux sur le Camzaz qui ne peut plus être utilisé en l’état. Nous allons en profiter pour lui apporter quelques modifications.
Quant à Elvina, elle a vraiment de quoi faire avec les ménages, lessives, étendages et pliages.
La cuisine est elle aussi assez « busy » avec le monde que nous avons à nourrir.
Dès que le ballet des visiteurs arrivants et partants va se calmer un peu, c’est-à-dire pas avant la fin du mois, une grande razzia va être opérée au poulailler. Ce n’est pas moins d’une bonne quarantaine de poulets, poulettes et coqs plus ou moins jeunes qu’il va falloir occire. Comme ils sont libres dans la nature, les poules couvent un peu partout et réapparaissent quelques 21 jours plus tard, avec toute une flopée de poussins. Maintenant, il devient urgent de réguler cette population à plumes, ils sont vraiment trop nombreux.
Dernière petite chose « croustillante » avant d’envoyer cette page de Gazette. Je n’ai pas pu avoir de pain, hier. Jacques avait oublié de refaire le stock. Le hic, c’est qu’il n’y en aura pas plus aujourd’hui, ni demain. La boulangerie n’en fabrique plus tant que le Cobia ne passera pas pour livrer la farine. Le stock de farine au village, comme plein d’autres choses est « pau » de chez « pau ». Comprenez vide de chez vide !
Assurer les 3 repas quotidien sans une miette de pain, voilà qui va encore nous simplifier la tâche. Et c’est toujours lorsque Raimiti est blindé de monde, que ce genre de truc arrive. Aoummm, Aoummm, restons Zen.
Une nouvelle orchidée est en fleurs depuis hier, elle est superbe.... voilà enfin, du positif.

mercredi 9 août 2017, 8H42.
Nous y voilà en plein.
Des transferts au quotidien, du monde partout, des gens cools et d’autres moins, le Cobia qui est tombé en panne et qui ne peut assurer les rotations hebdomadaires. Air Tahiti qui n’assure pas les expéditions de fret, ce qui a pour conséquence une pénurie grave de fruits et légumes. La cuisine a vraiment du mal à assurer avec des réfrigérateurs vides.
Et cerise sur le gâteau, du mauvais temps limite tempétueux depuis 4 jours.
Transferts lagon sur mode lessiveuse mal calée, salon et restau barricadés, sorties lagon annulées, farés humides, visiteurs qui râlent comme si nous avions et cachions la télécommande qui permet de changer la météo, stock cuisine plus ou moins à zéro = pas facile du tout de faire du normal, quand rien ne l’est.
Et c’est toujours dans ce genre de situation qu’il y a le gros malin, comme ce matin, qui me demande de l’emmener à la passe Nord pour y faire 1 plongée. Ayant pu faire hier 1 plongée à la passe Sud, il en a déjà vu assez. Aussi pour ce jour, sur un lagon déchainé, ce serait assez bien de bloquer 1 bateau, 1 capitaine et de l’emmener au Nord et revenir (120 km de lagon à faire) pour qu’il puisse y faire une plongée.
Même un attardé mental ne poserait pas ce genre de question. Comme il insistait, j’ai passé le relais à Junior qui a rapidement recadré les conditions du décor. J’en ai profité pour retourner à la recherche téléphonique de mes tomates, salades et pamplemousses qui se baladent quelque part entre Rangiroa et Arutua. A moins qu’elles ne murissent à Apataki.
Seul point positif de cette « merde météo », toutes les cuves sont pleines.
Fin de ce nouveau chapitre de notre vie sur le tas de corail ou pour une fois, nous avons tous froid.

samedi 12 août 2017, 9h54.
Petit résumé rapide de ces derniers jours.
Des avions systématiquement en retard, d’où nombre de traversées de nuit.
Une météo vraiment crade qui m’a obligé un soir à faire demi-tour au village. Heureusement nous avons pu loger nos visiteurs jusqu’au lendemain matin. Marama et moi avons passé la nuit à protéger notre kau qui risquait de s’écraser sur le quai. J’ai rarement vu un lagon aussi démonté que cette nuit-là.
Manihi qui faisait son transfert a dû, lui aussi, faire demi-tour et venir se réfugier au village.
Au lever du jour, nous avons réussi à regagner Raimiti où je me suis effondré pour quelques heures de sommeil.
Depuis, nous avons retrouvé les pamplemousses, tomates et autres qu’Air Tahiti a bien baladé dans les iles.
Plus d’une vingtaine de visiteurs sur site. Entre la cuisine, les ménages, les arrivées et les départs, les transferts sur un lagon agité, les retards d’avion, le téléphone qui déconne, les sorties à faire, les plongées à organiser………il ne reste vraiment pas grand-chose pour récupérer un peu d’énergie.
Il y a tellement de monde que j’ai du céder mon faré à Tua pour quelques nuits. Me voilà squattant dans la cuisine avec un matelas au sol. Si ce n’est pas le top pour moi, Yoda et Tauna aiment beaucoup. Chaque matin, je me réveille avec les 2 chiens sur le lit. Hier soir, c’est Niki, le crabe de cocotier qui est venu jusque dans la cuisine pour tester mon matelas. Je l’ai viré dans ses orchidées avec interdiction de revenir, sous peine de passer à la casserole. Depuis, il boude dans ses cocos !
Ce matin, l’espoir est de retour car le vent s’est enfin calmé tout en repassant à l’Est. Le transfert du jour qui est bien chargé avec 11 partants pour 8 arrivants, devrait s’effectuer d’une façon plus cool. Il était temps que cette météo revienne à la normale, je peux vous dire que c’est vraiment un méga-super aspirateur d’énergie que de naviguer comme cela était, depuis quelques jours.
Depuis ce matin je recommence une nouvelle cure de jus d’Argousier. Cette potion miraculeuse a un effet (pour moi) énergisant vraiment rapide et durable. Mais il me faut bien ce coup pouce, pour tenir le coup.
Chanel est partie hier sur Moorea. Elle vient de finir le chapitre de sa vie au Tuamotu pour entamer celui de « Moorea, le retour ».
Elvina est arrivée hier de Moorea pour entamer celui de « Raimiti, le retour ».
Stan partira à la fin du mois pour Moorea, comme prévu. Pendant un temps, c’est Junior qui va reprendre les commandes de la cuisine.
Voilà pour les dernières nouvelles du tas de corail ou les humains semblent encore plus actifs que nos abeilles, que je trouve pourtant bien travailleuses…

Mardi 1 aout, 9h28.
Nous y voilà, Aout est arrivé, la saison migratoire des « toutous » avec. Notre planning des arrivées et départs est plus que bien chargé, les Gazettes risquent d’être assez espacées ces prochains temps. Mais bon, je vais essayer de rester fidèle au petit rapport du tas de corail.
Tempête de beau temps depuis plusieurs jours avec un assez fort vent d’Est qui ventile bien le motu. Il a aussi le défaut de rendre le lagon assez agité à certains endroits.
Marama est maintenant au point pour faire les transferts en tant que Capitaine. A partir d’aujourd’hui, c’est Harrys qui va subir la même formation. Le plus difficile pour eux, sont les retours de nuits sans lune ou il faut suivre et ne pas sortir de la route déjà tracée dans le GPS. Entre la houle, la prise au vent du kau, le poids transporté : ce n’est pas évident de rester bien droit sur cette route. Mais une fois la technique maitrisée, c’est presque un jeu d’enfant.
Manihi est redevenu autonome pour ses transferts. Il est ravi de cette indépendance « lagonaire » retrouvée et nous, encore plus que lui.
Yoda va bien. Son seul défaut est de tuer les poussins qui passent un peu trop près d’elle. Elle a donc eu droit à sa première fessée. Depuis, elle se méfie de moi mais, ne course plus les pioupious.

16H38, juste de retour du transfert du jour avec 5 nouveaux participants, dont 4 participantes.
De quoi émoustiller mes jeunes lions, pensant à un nouvel arrivage de gazelles venant brouter l’herbe tendre des Tuamotu. Sauf que, une fois de plus, il s’agit plus de vieilles biches largement retraitées et passablement édentées qui n’arrivent même pas à grimper sur le ponton. Parfois cela me fait penser à ces troupeaux de Gnous qui s’étouffent les uns les autres, en asseyant de monter la bute, de l’autre côté de la rivière. Mais chez nous c’est mieux, d’un côté (dans le bateau) c’est Harrys qui pousse et de l’autre (sur le ponton) c’est Marama qui tire. Moyen en quoi, tout le monde arrive plus ou moins a bien à franchir le col d’à peine 60 centimètres. Même moi, j’en arrive à me demander si l’ami Floflo ne recrute pas la clientèle dans les services de gériatrie, voir directement aux soins palliatifs.
En attendant, comme il faut rire avec ce que l’on a sous la main, je ne m’en prive pas. Surtout en voyant la gueule dépitée que font mes jeunes lions.
Suite au prochain arrivage...

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