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Présentation de Raimiti
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Le service du soir ne va pas tarder à démarrer, aussi, pas trop de temps à
perdre pour me mettre à jour des news de notre fenua.

Le temps reste au beau fixe et nos visiteurs en profitent au maximum. Irifa
beach était au programme du matin et Tetamanu avec snorkeling dans la passe
pour l’après midi. La petite équipe Franco-Chinoise-Americaine a l’air de
s’entendre pour le mieux et c’est parfait pour nous.

J’ai enfin eu le temps, ce matin, de faire un grand coup de ménage dans mon
fare chambre, qui en avait bien besoin. Même punition pour le fare « de vie
» dés que j’aurai un peu de temps libre.

J’ai aussi repris possession du local « réserve-cave et stock », où j’ai du
sévir avec des cafards qui pensaient pouvoir, à tort, s’installer
gratuitement dans des cartons. Ma liste des « prochaines courses » est
presque à jour en ce qui concerne l’alimentaire et les liquides. Reste à
faire la buanderie, l’atelier, la pharmacie et les divers ! Cela devrait
être réglé d’ici la fin de la semaine.

J’attends dans les prochains jours, un nouvel arrivage de perles venant de
la ferme de Fakarava, bien que nous n’aillions pas eu beaucoup de monde
pendant mon absence, le stock a bien baissé et il est temps de re-remplir la
salle aux trésors.

Au programme culinaire de ce soir :

Poisson cru à la Tahitienne fait par Elvina

Steak de thon (de la passe) sauce Maluha

Crème brulée, recette Junior

Elvina vient de battre le rappel au son du Pu, il est temps pour moi de vous
laisser et de faire les 45 mètres qui me séparent du restaurant.
Nouvelle journée de grand soleil et de grand beau avec toujours le même
petit vent d’Est qui rafraichit le motu, mais énerve le lagon, dés que l’on
s’éloigne un peu de la côte. Pas moins de 12 arrivées ce jour pour seulement
5 départs, ce soir Raimiti affiche presque « full ».

Je commence à retrouver mes marques même si toujours un peu noyé dans la
paperasse où j’ai du mal à me mettre à flots ainsi que pour les commandes à
préparer.

Nos nouveaux arrivants : des chinois de Tahiti, des chinois de Honk Kong et
des Américains style « King size ». Nous allons avoir de quoi nous occuper
les prochains jours !

Le journal sera très court ce soir puisque je suis en salle avec Elvina pour
le service.
Pas de journal hier, la reprise de ma petite vie au paradis m’occupe plus
que prévu et il me faudra bien quelques jours pour me mettre à flot de
toutes les choses en instances à régler.

Teaki est de nouveau avec nous et d’après sa mémé, il attendait mon retour
avec impatience. Il a vite retrouvé ses petites habitudes, ses jeux préférés
et sa moto de Biarritz a été 3 fois démontée et remontée dans la journée.
Bientôt, c’est les yeux bandés qu’il pourra faire l’opération.

Le jeu de société envoyé pour Noel par Colette et Edouard à son intention
est finalement bien arrivé à destination, mais….pour Pâques ! Je sens que
nous allons assez rapidement devenir incollables sur toutes les dynasties de
la haute et basse Egypte sur plusieurs millénaires.

Je pensai faire quelques courses « urgentes » au village hier, mais j’avais
juste oublié que nous étions vendredi Saint, jour férié et en plus, dans le
fief des catholiques des Tuamotu. En décodé : tout était bouclé, fermé et
sans vie mis à part du coté de l’église. J’ai tout de même tenté ma chance
de trouver Nunu qui était dans l’église entrain de faire lecture à ses
copines de l’épitre de Paul aux Corinthiens alors que le « père » de
passage, en plein air et assis a l’ombre d’un flamboyant, confessait ses
ouailles en attente de pardon divin.

Bien décidé à rencontrer Nunu, j’ai pris ma place avec les autres pénitents,
assis sur un banc qui était pas trop loin mais sans être à portée de voix de
notre St Louis de passage qui donnait l’absolution aux repentis.

Bien évidemment, cette scène se passant à moins de 15 mètres de l’avenue
principale du village, les quelques passants en errance n’ont pu rater ma
présence pour le moins inhabituelle dans ce coin. J’imagine aisément les
commentaires qui risquent de suivre, du genre : « Vous savez, ce pauvre Eric
est tombé dans la religion, je savais que ses affaires marchaient mal, mais
pas à ce point. Il attendait son tour pour aller à confesse et en paréo en
plus !

Finalement, Nunu a pu finir sa lecture Sainte avant que mon tour de confesse
n’arrive et elle a bien voulu aller m’ouvrir le « shopping center » où j’ai
pu faire une bonne partie de mes emplettes urgentes. Merci Seigneur !

Aujourd’hui, je n’ai pas bougé de Raimiti où j’ai pu avancer dans mes mises
à jour. Ce n’est pas encore totalement OK mais, je commence à y voir plus
clair.

Le salon de coiffure Raimiti a du ouvrir cet après midi pour un
rafraichissement urgent de la tignasse de Junior. Que cela est triste pour
moi, d’avoir eu à couper autant de beaux cheveux qui me font si cruellement
défaut.

Top Dive (Mathias) est là jusqu'à demain matin, il y a des plongeurs Raimiti
et de passage. 9 personnes à nourrir ce soir et demain, il en arrivera
presque autant. Junior et Elvina s’activent aux fourneaux. Après la séance
coiffure, je vais maintenant passer à celle de la couture pour tenter de
réparer une fermeture éclair récalcitrante de la combinaison de plongée de
Mathias.

J’avais vite oublié à quel point, la vie ici, est riche d’activités les plus
diverses et parfois insoupçonnables. Mais le Mike Giver est de retour sur le
motu…
Et voilà, j’ai retrouvé mon petit monde de Raimiti avec bonheur depuis hier,
fin d’après midi. Tout y est comme je l’ai laissé : Foufou, handicapée, les
2 chiens complètements dingues de me retrouver, les lapins, poules et
canards. Cela me fait vraiment tout drôle de retrouver ce micro-monde alors
que mon esprit est encore en vadrouille. Il faut dire que ces vacances
auront été riches en émotions, en couleurs, en odeurs, en sensations
diverses, en bonheurs variés, en bonne nourriture, en bons vins, en
températures parfois limites pour moi, bref, en plein de bonnes et belles
choses que je vais maintenant avoir le temps d’ingurgiter et de revivre lors
de mes soirées solitaire sur ma terrasse et sous les étoiles.

Junior et Elvina se sont débrouillés comme des chefs, rien a dire sinon
qu’ils ont su assurer pendant mon absence.

Coté personnel, pour le moment, il ne reste que Francis. Junior a du se
séparer de Varo qui avait des attitudes parfois un peu trop « locales » et
qui étaient gênantes pour tous. Dommage pour nous, car c’est un garçon qui
est vraiment très gentil, le cœur sur la main mais qui est aussi un vrai «
sauvage » qui a bien du mal a se contrôler et pour qui, vivre en société ne
veut rien dire.

J’ai passé cette première journée a reprendre mes marques, reprendre
possession de ma boutique-bureau ou une bonne tonne de paperasses diverses
m’attendait. C’est fou comme les administrations aiment nous écrire pour
tout et rien. Un mois de courrier à ouvrir, c’était assez impressionnant.

Ce soir, j’y vois bien clair. Caisse, banque, fournisseurs et autres sujets
très importants mais sans aucun intérêt créatif sont pratiquement a jour.

Demain, c’est à la maison que j’espère pouvoir passer un peu de temps pour
me réinstaller confortablement. Pendant mon absence, a été posée la nouvelle
installation solaire. J’ai donc à disposition de la lumière mais surtout un
ventilateur et luxe suprême, une machine à café.

Le petit café de ce matin, dégusté sur ma terrasse a Tua en compagnie de
Castor et Rutu, face au Pacifique était tout aussi bon que ceux pris à Lax
sur ma terrasse dominante la ville. Autre avantage de prendre le café a la
maison (pour ceux qui me connaisse), je n’arrive plus au radar mais bien
éveillé dans le centre ville de Raimiti et sans risquer de me cogner sur un
visiteur matinal en balade.

En ce moment, nous avons un seul visiteur, qui est une visiteuse, c’est une
Anglaise de Liverpool qui est tout simplement super-gentille et qui s’éclate
de tout ce que nous lui proposons. Demain, 3 arrivées sont au programme et
je ferai le transfert car j’ai pas mal de petites choses à faire au village.


Teaki sait que je suis rentré à Raimiti et comme les vacances de Pâques
viennent de commencer, il sera surement du voyage retour.

Ce midi, stop pique nique de Top.Dive avec Nicolas et Mathias et leurs
plongeurs, cela fait bien plaisir de revoir et de prendre des nouvelles de
ce petit monde.

Junior m’appelle, il est temps d’aller diner, alors…. A demain pour la
suite.
Vendredi 26 mars, le soir.

Me voilà à Roissy CDG depuis la fin d’après midi. Je teste le Sheraton qui
est dans l’aéroport. C’est pas mal du tout. Pour une fois que je peux
déambuler dans cet aéroport sans être pressé, sans bagage et sans avoir
d’avion à prendre dans l’immédiat, je découvre une quantité de choses
nouvelles. Une véritable fourmilière qui s’active en tous sens. Je flâne
ainsi du terminal A jusqu’au G, passe un moment à regarder le flot humain
qui galope vers la gare SNCF qui pour une fois n’est pas en grève, tente de
repérer un restaurant pour plus tard……. Le vrai touriste glandouilleur !

Finalement, je passe une excellente soirée à CDG.

Un bon restaurant m’a aidé à clôturer ce séjour Européen. Le Pinot Noir
était excellent et je l’ai dégusté avec une pensée particulière pour mon
neveu Amaury qui a 18 ans ce jour.

Samedi 27 mars.

En vol toute la journée pour arriver vers 15H à Los Angeles. Il fait beau,
bon et doux. Tonton J.Louis et Tatie Suze sont à l’arrivée ; ils vont me
conduire à l’hôtel. Je vais loger à la même adresse qu’à l’aller. C’est la
boucle qui se boucle, cela commence à vraiment sentir la fin des vacances.

Fin d’après midi tranquille à l’hôtel. J’ai juste fait un saut au super
marché du coin d’où je suis revenu avec une grosse barquette de fraises. Le
décalage horaire et le sommeil ont eu raison de moi, je m’écroule dans mon
super lit king size grand luxe pour une nuit non stop de gros dodo.

Dimanche 28 mars.

Réveil synchronisé avec le petit matin qui se lève. De mon balcon, une vue
imprenable sur la ville qui s’éveille doucement. La chambre étant équipée
d’une machine à café et de tout un choix de capsules, je peux commencer ma
dégustation. La robe de chambre est des plus moelleuse et comme je n’arrive
pas trop à décider où je suis le mieux, je navigue pas mal entre la chaise
longue de la terrasse et les plongeons réguliers que je fais dans le lit si
douillet qui me tend les bras. Un vrai gamin !

Gamin……. qui a 54 ans aujourd’hui et qui est vraiment décidé à se faire
plaisir.

Je suis dans les premiers à l’ouverture d’Universal Studios, je vais en
profiter et m’y amuser jusqu’en début d’après midi. Moi qui aime le cinéma,
je suis aux anges. Raconter cette demie journée serait bien trop long, mais
franchement c’est à refaire et avec plus de temps. Retour a l’hôtel avec un
taximan Arménien super fan d’Aznavour et dont le CD passait presque à fond.
Un gars plus que sympa qui m’a fait passer à l’avant de la cabine avec lui
et qui m’a même donné l’autorisation de fumer à bord alors qu’Aznavour
chantait « la bohème ». Comme le courant est vite passé entre nous, il m’a
ramené par les petits chemins tout en me faisant une visite guidée des
lieux. Stop magnifique au musée de la fondation Paul Getty. Voilà une autre
visite qui demande du temps que je n’avais hélas pas, mais l’adresse est
retenue pour une prochaine fois.

A 17H, Tonton J.Louis et la Suze m’ont récupéré à l’hôtel pour m’emmener
passer la soirée dans un endroit magique, planté sur les bords du Pacifique.
En compagnie de mes 2 hôtes et de 2 autres V.I.P, la soirée s’est écoulée
dans un cadre hors du temps et de la réalité. Tout comme dans un film, j’ai
fait un délicieux plongeon dans le décor et l’ambiance des années 1930- 40.
Pour les voyageurs curieux et les nostalgiques de l’art du passé, si cela
vous est un jour possible, n’hésitez pas à faire une visite à « La Casa Del
Mar » à Santa Monica , un hôtel-restaurant (classé monument historique) hors
du temps qui vaut vraiment le détour.

Lundi 29 mars.

Matinée passée dans ma chambre d’hôtel où j’ai repris ma valse hésitante
entre le transat et le lit. Je profite au maximum de cet étalage de luxe
avant de retrouver ma Suite Royale de Raimiti.

17H, après avoir passé la douane et les formalités de sécurité où par 2 fois
les contrôleurs m’ont souhaité un bon Anniversaire, c’est avec une bonne
heure de retard que nous quittons LAX pour le dernier tronçon de ce voyage
retour.

Mardi 30 mars.

Arrivé à Moorea très tôt ce matin, j’ai pu retrouver ma petite famille dés
le réveil. Maluha et Ava-Iti sont en pleine forme même si un peu enrhumées.
Patea ne rentrera que demain, il travaille avec une équipe de Canal + sur un
film aux Australes.

La chaleur est au rendez vous, j’ai presque du mal à croire qu’il y a juste
3 jours, je quittais le chalet de Florian sous une tempête de neige.

Demain midi, la boucle sera vraiment bouclée avec le vol Air Tahiti qui me
ramènera à la maison.

Petite soirée calme et bien tranquille chez Maluha. Les filles sont de
sortie chez une copine et j’ai préféré rester à la maison craignant le coup
de barre possible, dû au décalage horaire.

mercredi 31 mars 2010, 11H.

Retour à l’aéroport de Tahiti-Faaa, dans une petite heure, j’embarquerai
pour Fakarava.

J’ai passé une très bonne nuit chez Maluha même si son lit n’a rien de
comparable avec celui de Lax. Aucun trouble de sommeil, ni réveil en pleine
nuit, dû au décalage horaire. Le stop en Californie a été vraiment efficace
et c’est en pleine forme que je rentre à la maison.

Je pense pouvoir, dés ce soir, me rebrancher sur mon internet « haut débit
des îles » et pouvoir vous envoyer les journaux en retard ainsi que quelques
photos illustrant cette petite promenade à travers notre si belle planète.

Mon seul regret : ne pas avoir eu le temps de rendre visite à certains
d’entre vous et pourtant………….. J’aurais bien aimé ! Ce sera pour la
prochaine fois et je ferai mon possible pour que cette prochaine fois ne
soit pas trop longue à venir.

Pas de journal depuis plusieurs jours. Les vacances passent si vite et, me
voilà presque prêt pour la dernière étape qui va me ramener à la « maison ».

Après Vesoul, nous sommes allés, Florian et moi, nous promener du coté de
Bourg St Maurice pour retrouver des grands amis de Tahiti que je n’avais pu
vu depuis 8 ans. Pas grand-chose à dire de cette petite parenthèse d’à peine
1 nuit en pays Savoyard où nous n’avons pas eu le temps de jouer aux
touristes. Mais franchement, c’est sans l’ombre du moindre regret et je
pense que l’occasion de visiter la Savoie se représentera. Difficile de
raconter nos retrouvailles, après tant de temps, les années et les rides en
plus, sans omettre des vies, des joies, des soucis, des quotidiens
obligatoirement différents et pourtant…… on se retrouve……… et c’est, comme
si c’était hier que nous nous étions quittés. Je résumerai cette grande
étape si courte dans le temps par 3 mots : « Je vous aime. »

Retour en Suisse, pour repartir avec Pascal (le filleul de Florian) dans le
canton du Valais avec comme thème déclaré : le ski !

2 jours pleins de soleil et de ski, du matin au soir avec juste quelques
pauses « chez Simon ». Un refuge au milieu des pistes où l’assiette
Valaisanne et le Pinot noir étaient incontournables. Le domaine des 4
vallées propose 450 KM de pistes. Inutile de vous dire que je n’ai pas eu le
temps de faire le parcours complet.

2 jours de bonheur, de glisse, de quelques chutes, de bon vin, de grand air
pour parfaire le plein d’énergie et d’ondes, on ne peut plus positives.

Les parents de Pascal sont venus nous rejoindre en fin de journée (J.Pierre
et Monique), voilà des remèdes parfait pour animer les soirées et même les
milieux de nuit. Si je devais raconter par le détail, les péripéties de la
nuit, mon journal serait insuffisant. Il y avait matière à faire un livre à
la Stephen King. Juste pour la petite histoire : à 2H45, alors que nous
commencions tous à dormir sérieusement, les alarmes de leur 3 téléphones
portables se sont affolées les unes après les autres pour signaler (volume
maximum), qu’il y avait une effraction dans leur maison (distante à presque
2 heures de route de là où nous étions).L’une des sonneries répétant sans
cesse un « maison » à la façon E.T, le réveil fut assez impressionnant.
Branle bas de combat dans le chalet où régnait une certaine nervosité
jusqu'à ce que leur autre fils aille contrôler la maison pour constater que
tout était OK et en ordre, comme il se dit ici.

Je pensais qu’ensuite, nous allions peut être dormir un peu, mais J.Pierre,
devant avoir un peu de mal à retrouver le sommeil, a eu l’excellente idée de
suggérer à très haute voix ( pour que tout le monde puisse profiter de sa
profonde réflexion ) alors que chacun avait retrouvé son lit, que l’alarme
s’était sûrement mise en route parce qu’une des tortues en hibernation (dans
la maison) avait dû se réveiller et sortir la tête du bac dortoir ! Il n’en
fallait pas plus pour qu’une discussion intense et âpre s’ouvre sur ce débat
de savoir si oui ou non, une des Carolines pouvait être responsable de ce «
merdier ». En tant que Français, l’histoire m’a toujours appris que les
Helvètes étaient des gens neutres. Je peux vous affirmer du contraire et
qu’il peut suffire de l’hypothétique réveil d’une tortue en pleine nuit,
pour friser la déclaration d’une guerre familiale.

Au petit matin, tout le monde ronflait tranquillement et pensait faire une
mini grasse matinée, mais, c’était sans compter sur le Franco-Polynésien qui
voulait profiter au maximum de cette dernière journée de neige. C’est aux
aurores, les traits un peu tirés que toute la famille a dû se lever. Nous
étions avec les premiers sur les pistes pour une nouvelle et dernière
journée de glisse.

Aujourd’hui jeudi, c’est la fin du séjour en Suisse, nous sommes allés
passer une partie de la journée chez Pascal dans son restaurant. Suite à une
chute à ski d’hier (il a sûrement mal dormi la nuit d’avant) qui se solde
par une côte fêlée et qui risque de l’handicaper pas mal dans son travail.
L’idée était de venir chez lui pour lui donner un coup de main aux travaux «
lourds », mais nous sommes arrivés un peu tard et, il n’y avait plus
grand-chose à faire sinon de partager le repas de midi avec lui et sa petite
famille.

Si vous passez en Suisse, la halte gastronomique en vaut la peine. Allez à
cette adresse : Pascal Mercier, Restaurant du Cerf à Saint Cierges : tel. :
021 905 45 39

Et présentez vous de ma part. Vous ne devriez pas regretter le bon moment
qui vous attend. Toutefois, si vous ne voulez pas d’histoires, évitez de
demander si le problème alarme-tortue est réglé…..

Pas de journal hier, il faisait bien trop froid. Le Maraamu local appelé
Bise a soufflé bon train toute la journée et franchement, ce n’était pas un
jour idéal pour mettre le nez dehors. Le record de froid a été atteint avec
un moins 39,8° dans un autre canton Suisse un peu plus au Nord. Même mes
congélateurs de Raimiti ne savent pas faire des températures aussi basses.

A part ça, je commence à m’intéresser aux coutumes locales, au mode de vie
de ce Fenua et par conséquence, à essayer d’approfondir mes connaissances
anthropologiques des indigènes de la confédération.

Ces derniers étaient appelés aux urnes et viennent de voter au niveau
Fédéral (toute la Suisse), ils devaient se prononcer sur une nouvelle loi
qui proposait que tous les animaux (les mécontents) puissent avoir recours
et prendre les services d’avocats pour assurer leurs droits.

La proposition a été rejetée par le peuple à 70% !

Je ne ferai aucun commentaire sur cette belle et drôle d’idée, même si elle
me fait sourire. Par contre, elle m’oblige à m’interroger sur le
raisonnement et les motivations des humains ainsi que sur l’immense océan ou
désert d’incompréhension qui sépare ces humains, selon qu’ils vivent ici ou
là, sur notre petite planète.

Je crains qu’il n’y ait encore beaucoup de route à faire pour tous avant
d’arriver à une prise de conscience planétaire où l’homme comprendrait où
est sa vraie place et comment vivre en harmonie et respect avec non
seulement les autres humains, mais aussi les animaux, ainsi que la nature et
notre support vital qu’est la Terre.

Tout cela me paraît tellement plus facile, naturel et simple à appliquer sur
notre petit motu perdu. Nous n’y parlons pas beaucoup de toutes ces choses
qui posent toutes ces interrogations aux « civilisés » car nous sommes
totalement immergés dans un environnement où la nature, les animaux et les
humains se fondent, où chacun trouve sa place, où l’homme est totalement
conscient que la seule et vraie richesse est là, omniprésente dans chaque
chose, allant du morceau de corail à la fragile fleur de tipanier et en
passant par toute la gamme de vie du motu.

Le doux rêveur que je suis ne cesse d’aller d’étonnements en surprises. Je
ne sais pas qui a raison, mais quel décalage pour moi.

Mes réconfortantes rencontres du jour : une biche, sur le bas coté d’un
chemin au détour d’un virage qui était tout aussi surprise et étonnée que
moi de cette rencontre insolite. Pas affolée du tout, elle est restée un bon
moment à me regarder alors qu’une vingtaine de mètres nous séparait. Plus
tard, j’ai pu admirer deux renards jouant au milieu d’une prairie enneigée.
Bien sûr, je n’avais pas pris l’appareil photo !

Les montagnes d’en face sont maintenant noyées dans la brume, la nuit arrive
doucement sur les pentes blanches et la chaleur rassurante du chalet
m’invite à abandonner toute activité, sauf peut être, celle d’ouvrir une
bouteille de vin rouge pour une petite dégustation.
Lundi 15 mars.

Depuis 2 jours, le soleil tente de se montrer par moment, même si les nuages
restent largement majoritaires. La neige commence à fondre dans la vallée et
le mercure remonte doucement. Rien d’affolant, mais en milieu de journée,
nous frôlons les + 5° dans la vallée. Cela n’empêche pas les chutes de neige
quasi quotidienne et le renouvellement du frais tapis blanc autour du chalet
où la température reste négative.

Ce matin, j’ai fait la connaissance d’un nouvel habitant du jardin, que même
Florian ignorait. Au pied d’un gros pied d’osier, à moitié enfoui sous la
neige, réside une hermine qui est venue prendre l’air à la surface alors que
je dégustais mon café en plein air sur la terrasse par moins 1°. Quel
plaisir que d’avoir pu observer longuement ce superbe petit animal !

Vendredi 19 mars.

Le mercure remonte doucement et sûrement la pente, il me semble que les
journées passent plus vite. Je commence à penser à mon départ qui se
rapproche alors que maintenant, la neige fond à vive allure.

Ces derniers jours, nous sommes allés en France jusqu’à Vesoul. Et oui, je
devais y rencontrer des amis, les « Yoclo » qui ont investi dans le fare «
Yoclo », premier fare à être construit du coté Tua. La vie prenant parfois
des directions inattendues et pas forcement désirées, ils aimeraient pouvoir
se libérer de ce morceau de rêve dont ils ne profitent pas comme souhaité.

Cela m’a donné l’occasion de découvrir cette région de France où je n’avais
jamais mis les pieds. Mes connaissances sur Vesoul se limitaient à une
chanson de Jacques Brel et dés le départ, j’avais quelques doutes sur cette
destination, pas spécialement réputée pour sa vocation touristique. Je
craignais donc le pire et je n’ai pas été déçu !

Après avoir quitté la Suisse, nous sommes entrés en France par le
département du Doubs. Drôle de coin de petites montagnes et vallées où
presque tous les villages finissent en OUX. Dans le Doubs, il y a La Cluse
et Mijoux, Verrière de Joux, St Amant sur Houx, La Rive des Hiboux et bien
d’autres. Nous sommes arrivés à Besançon un peu sur les genoux.

Besançon, j’ai rarement vu un coin aussi moche et sale. L’arrivée dans la
ville est spectaculaire avec d’immenses bâtisses abandonnées, plus ou moins
sur le point de s’écrouler et taguées en tous sens.

Pause café du coté de la gare, dans un bistrot à l’image du reste de la
ville. Si le bistrot n’est pas spécialement propre et le patron pas
franchement accueillant, une mention spéciale est à décerner pour les WC
avec des toilettes comme il n’en reste plus beaucoup, même en Turquie. Un
petit lavabo minable et crade à souhait avec le pain de savon transpercé par
le milieu, fixé et boulonné à une barre métallique. Le savon devait être
jaune canari au commencement de sa longue carrière mais, la crasse collée
dessus au fil du temps, demande une observation approfondie pour retrouver
la couleur d’origine. Inutile de chercher un essuie main ou du papier
toilette, ils n’en sont pas encore à ce stade de l’évolution…

Nous avons quitté cette charmante ville pour la destination finale : Vesoul.

Fini les creux et les vallons, imaginez une immense plaine, pleine de vide.
La désolation totale. Même les champs ne sont pas labourés, ils sont tout
râpés et recouverts d’une herbe jaunie où visiblement seul l’élevage des
taupes à l’air de fonctionner. Même les corbeaux ont désertés la région.

Concernant Vesoul, rien à ajouter à ce qu’en dit Brel. Ce qui est sûr, c’est
qu’en aucun cas, je pourrais y vivre. Toutefois, si vous deviez y passer, je
vous recommande le Jeudi : jour de marché. Il est important, très bien
achalandé et j’ai bien aimé, même si parfois il a plus des allures, des
airs, des senteurs et des couleurs de souk que d’un marché de France.

Nous avons été reçus « Royalement » par nos amis. La chaleur de leur accueil
et leur gentillesse ont rapidement effacé le sentiment assez négatif laissé
par la traversée de cette région pour le moins « tristounette ».

Retour au chalet par un autre chemin bien plus beau, même si, un peu plus
long. Vesoul, Montbeliard, Audincourt, Pont de Roide, St Hippolyte, Maiche,
Charquemont, La Chaux de Fonds puis Neuchâtel.

Le paysage, les montagnes, vallées, forets, vieux villages pittoresques et
lacs entre Maiche et La chaux de Fonds : une balade vraiment superbe à faire
et un coin à découvrir.

Mon séjour au Pays Basque s’est achevé hier.

Petite parenthèse : avant de quitter le pays Basque, nous, (Reine Amidala,
Princesse Leia et moi) avons passé une partie de la dernière journée en «
safari photos » à traquer la faune locale. Superbe vol de cigognes, quelques
rapaces au détour d’un bois et…….. cerise sur le gâteau, visite d’un marais
supposé héberger moult ragondins. La recherche de l’animal fut longue et
même désespérante. Sur le chemin du retour, quelques crottes du propriétaire
tant recherché ranimèrent nos espoirs et à défaut de voir l’animal, je me
contentais de photographier ses déjections. Mais, nous étions du bon coté de
la force et dans les dernières minutes de notre safari, un jeune Ragondin a
eu la bonté de se montrer avec bonne grâce et de me laisser le temps de
faire quelques clichés.

Dimanche 14H. Laissant derrière moi l’océan Atlantique, les mimosas en
fleurs, le soleil et ma petite famille que j’ai quitté à regret. Une heure
d’avion plus tard, nous atterrissions à Genève dans la grisaille et avec
seulement, 1 seul petit degré sur le thermomètre.

Florian était à l’aéroport pour récupérer le Robinson en vadrouille. Suite
du voyage avec une petite heure de voiture le long du lac Léman, puis, le
dernier tronçon de la balade dans un petit train à crémaillère pour
débarquer à destination finale, dans un paysage de montagnes totalement
recouvert de coton et de ouate. Le petit chalet de Florian est situé dans un
coin perdu, loin des routes, du monde, au milieu des sapins et uniquement
accessible (à cette saison) par la marche à pied dans la neige ou avec le
petit train qui passe presque toutes les heures, du lever au coucher du
soleil.

Température assez basse à l’arrivée chez Flo où le thermomètre affichait
joyeusement moins 8°. J’ai quand même mis un petit moment pour cesser de
trembler et claquer des dents. Le bon feu de cheminée a été très
réconfortant pour retrouver une température de surface corporelle acceptable
et, la fondue au fromage qui suivait a su rallumer le feu intérieur de ma
carcasse mise à rude épreuve.

Une chose est sure, ce ne sont ni les moustiques, ni les nonos qui risquent
de m’ennuyer les prochains jours. Pour quelqu’un qui aime les extrêmes, je
suis assez bien servi.

Après une première nuit passée dans la chaleur douillette et rassurante du
chalet, réveil ce matin avec un beau ciel bleu et aussi un thermomètre qui
reste largement dans le négatif. Première promenade autour du chalet. Mis à
part le nez et les oreilles gelés, les narines qui coulent, les yeux qui
pleurent, les mains qui n’obéissent plus tant tout est froid et sans oublier
un équilibre du corps qui ne correspond plus tout à fait aux lois
habituelles et qui demande un temps d’adaptation : c’était tout simplement
superbe.

Après midi passé à marcher au bord du lac où l’on a frôlé le zéro degré et
presque le + 1, c’était pratiquement la canicule !

Promenade pédestre où j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver : canards,
cygnes et autres oiseaux d’eau. J’ai bien pensé à mon Foufou et à Handicapée
!

Plus tard, courses alimentaires dans un grand magasin où je n’avais pas
assez de mes yeux pour voir cette surproduction et ces étalages incroyables
de « bouffe » en tous genres. Il doit être très difficile de mourir de faim
dans ce pays !

Retour « at home » sans oublier de prendre le petit train à crémaillère pour
la dernière étape de cette sortie. Entre temps, la bise (vent glacial) est
arrivée et je suis ravi d’être bien au chaud au chalet. Aucun risque de
sortie nocturne pour moi ce soir !

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