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Présentation de Raimiti
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Journal de Bord

Lundi 15 mars.

Depuis 2 jours, le soleil tente de se montrer par moment, même si les nuages
restent largement majoritaires. La neige commence à fondre dans la vallée et
le mercure remonte doucement. Rien d’affolant, mais en milieu de journée,
nous frôlons les + 5° dans la vallée. Cela n’empêche pas les chutes de neige
quasi quotidienne et le renouvellement du frais tapis blanc autour du chalet
où la température reste négative.

Ce matin, j’ai fait la connaissance d’un nouvel habitant du jardin, que même
Florian ignorait. Au pied d’un gros pied d’osier, à moitié enfoui sous la
neige, réside une hermine qui est venue prendre l’air à la surface alors que
je dégustais mon café en plein air sur la terrasse par moins 1°. Quel
plaisir que d’avoir pu observer longuement ce superbe petit animal !

Vendredi 19 mars.

Le mercure remonte doucement et sûrement la pente, il me semble que les
journées passent plus vite. Je commence à penser à mon départ qui se
rapproche alors que maintenant, la neige fond à vive allure.

Ces derniers jours, nous sommes allés en France jusqu’à Vesoul. Et oui, je
devais y rencontrer des amis, les « Yoclo » qui ont investi dans le fare «
Yoclo », premier fare à être construit du coté Tua. La vie prenant parfois
des directions inattendues et pas forcement désirées, ils aimeraient pouvoir
se libérer de ce morceau de rêve dont ils ne profitent pas comme souhaité.

Cela m’a donné l’occasion de découvrir cette région de France où je n’avais
jamais mis les pieds. Mes connaissances sur Vesoul se limitaient à une
chanson de Jacques Brel et dés le départ, j’avais quelques doutes sur cette
destination, pas spécialement réputée pour sa vocation touristique. Je
craignais donc le pire et je n’ai pas été déçu !

Après avoir quitté la Suisse, nous sommes entrés en France par le
département du Doubs. Drôle de coin de petites montagnes et vallées où
presque tous les villages finissent en OUX. Dans le Doubs, il y a La Cluse
et Mijoux, Verrière de Joux, St Amant sur Houx, La Rive des Hiboux et bien
d’autres. Nous sommes arrivés à Besançon un peu sur les genoux.

Besançon, j’ai rarement vu un coin aussi moche et sale. L’arrivée dans la
ville est spectaculaire avec d’immenses bâtisses abandonnées, plus ou moins
sur le point de s’écrouler et taguées en tous sens.

Pause café du coté de la gare, dans un bistrot à l’image du reste de la
ville. Si le bistrot n’est pas spécialement propre et le patron pas
franchement accueillant, une mention spéciale est à décerner pour les WC
avec des toilettes comme il n’en reste plus beaucoup, même en Turquie. Un
petit lavabo minable et crade à souhait avec le pain de savon transpercé par
le milieu, fixé et boulonné à une barre métallique. Le savon devait être
jaune canari au commencement de sa longue carrière mais, la crasse collée
dessus au fil du temps, demande une observation approfondie pour retrouver
la couleur d’origine. Inutile de chercher un essuie main ou du papier
toilette, ils n’en sont pas encore à ce stade de l’évolution…

Nous avons quitté cette charmante ville pour la destination finale : Vesoul.

Fini les creux et les vallons, imaginez une immense plaine, pleine de vide.
La désolation totale. Même les champs ne sont pas labourés, ils sont tout
râpés et recouverts d’une herbe jaunie où visiblement seul l’élevage des
taupes à l’air de fonctionner. Même les corbeaux ont désertés la région.

Concernant Vesoul, rien à ajouter à ce qu’en dit Brel. Ce qui est sûr, c’est
qu’en aucun cas, je pourrais y vivre. Toutefois, si vous deviez y passer, je
vous recommande le Jeudi : jour de marché. Il est important, très bien
achalandé et j’ai bien aimé, même si parfois il a plus des allures, des
airs, des senteurs et des couleurs de souk que d’un marché de France.

Nous avons été reçus « Royalement » par nos amis. La chaleur de leur accueil
et leur gentillesse ont rapidement effacé le sentiment assez négatif laissé
par la traversée de cette région pour le moins « tristounette ».

Retour au chalet par un autre chemin bien plus beau, même si, un peu plus
long. Vesoul, Montbeliard, Audincourt, Pont de Roide, St Hippolyte, Maiche,
Charquemont, La Chaux de Fonds puis Neuchâtel.

Le paysage, les montagnes, vallées, forets, vieux villages pittoresques et
lacs entre Maiche et La chaux de Fonds : une balade vraiment superbe à faire
et un coin à découvrir.

Pas de journal hier, il faisait bien trop froid. Le Maraamu local appelé
Bise a soufflé bon train toute la journée et franchement, ce n’était pas un
jour idéal pour mettre le nez dehors. Le record de froid a été atteint avec
un moins 39,8° dans un autre canton Suisse un peu plus au Nord. Même mes
congélateurs de Raimiti ne savent pas faire des températures aussi basses.

A part ça, je commence à m’intéresser aux coutumes locales, au mode de vie
de ce Fenua et par conséquence, à essayer d’approfondir mes connaissances
anthropologiques des indigènes de la confédération.

Ces derniers étaient appelés aux urnes et viennent de voter au niveau
Fédéral (toute la Suisse), ils devaient se prononcer sur une nouvelle loi
qui proposait que tous les animaux (les mécontents) puissent avoir recours
et prendre les services d’avocats pour assurer leurs droits.

La proposition a été rejetée par le peuple à 70% !

Je ne ferai aucun commentaire sur cette belle et drôle d’idée, même si elle
me fait sourire. Par contre, elle m’oblige à m’interroger sur le
raisonnement et les motivations des humains ainsi que sur l’immense océan ou
désert d’incompréhension qui sépare ces humains, selon qu’ils vivent ici ou
là, sur notre petite planète.

Je crains qu’il n’y ait encore beaucoup de route à faire pour tous avant
d’arriver à une prise de conscience planétaire où l’homme comprendrait où
est sa vraie place et comment vivre en harmonie et respect avec non
seulement les autres humains, mais aussi les animaux, ainsi que la nature et
notre support vital qu’est la Terre.

Tout cela me paraît tellement plus facile, naturel et simple à appliquer sur
notre petit motu perdu. Nous n’y parlons pas beaucoup de toutes ces choses
qui posent toutes ces interrogations aux « civilisés » car nous sommes
totalement immergés dans un environnement où la nature, les animaux et les
humains se fondent, où chacun trouve sa place, où l’homme est totalement
conscient que la seule et vraie richesse est là, omniprésente dans chaque
chose, allant du morceau de corail à la fragile fleur de tipanier et en
passant par toute la gamme de vie du motu.

Le doux rêveur que je suis ne cesse d’aller d’étonnements en surprises. Je
ne sais pas qui a raison, mais quel décalage pour moi.

Mes réconfortantes rencontres du jour : une biche, sur le bas coté d’un
chemin au détour d’un virage qui était tout aussi surprise et étonnée que
moi de cette rencontre insolite. Pas affolée du tout, elle est restée un bon
moment à me regarder alors qu’une vingtaine de mètres nous séparait. Plus
tard, j’ai pu admirer deux renards jouant au milieu d’une prairie enneigée.
Bien sûr, je n’avais pas pris l’appareil photo !

Les montagnes d’en face sont maintenant noyées dans la brume, la nuit arrive
doucement sur les pentes blanches et la chaleur rassurante du chalet
m’invite à abandonner toute activité, sauf peut être, celle d’ouvrir une
bouteille de vin rouge pour une petite dégustation.
Le soleil reste fidèle au rendez-vous et si, il fait un peu frais le matin,
les journées sont particulièrement douces et agréables. Difficile de croire
qu’il y a juste 3 jours, une tempête meurtrière balayait une partie de la
France.

Je commence à m’habituer au rythme de vie des indigènes du cru et à leurs
coutumes. Mais franchement, je ne crois pas que ce genre de vie pourrait me
convenir et m’apporter le bonheur que m’apporte la vie sur mon motu perdu.
Tout est trop différent ici, et pourtant, même s’il y a tout et que l’on
trouve de tout, j’ai l’impression qu’il manque l’essentiel, alors que, sur
notre petit morceau de corail perdu au bout du monde et au milieu de l’océan
et où il n’y a rien, l’essentiel y est palpable.

La cure de vie en famille est un vrai bonheur. Des moments hélas trop rares,
mais dont je profite au maximum.

A la levée du courrier de ce matin, un mail de Raimiti m’apprend que tout va
et se passe bien. Que madame Canard est devenue maman cane et que nous avons
maintenant 6 nouveaux bébés coin-coin. La famille s’agrandit. Pour le reste
et les autres âmes, tout a l’air d’aller pour le mieux.

Dimanche prochain, sera la fin de cette étape Basque. Ensuite direction
l’Helvétie ou les températures risquent d’être revues a la baisse.
Mon séjour au Pays Basque s’est achevé hier.

Petite parenthèse : avant de quitter le pays Basque, nous, (Reine Amidala,
Princesse Leia et moi) avons passé une partie de la dernière journée en «
safari photos » à traquer la faune locale. Superbe vol de cigognes, quelques
rapaces au détour d’un bois et…….. cerise sur le gâteau, visite d’un marais
supposé héberger moult ragondins. La recherche de l’animal fut longue et
même désespérante. Sur le chemin du retour, quelques crottes du propriétaire
tant recherché ranimèrent nos espoirs et à défaut de voir l’animal, je me
contentais de photographier ses déjections. Mais, nous étions du bon coté de
la force et dans les dernières minutes de notre safari, un jeune Ragondin a
eu la bonté de se montrer avec bonne grâce et de me laisser le temps de
faire quelques clichés.

Dimanche 14H. Laissant derrière moi l’océan Atlantique, les mimosas en
fleurs, le soleil et ma petite famille que j’ai quitté à regret. Une heure
d’avion plus tard, nous atterrissions à Genève dans la grisaille et avec
seulement, 1 seul petit degré sur le thermomètre.

Florian était à l’aéroport pour récupérer le Robinson en vadrouille. Suite
du voyage avec une petite heure de voiture le long du lac Léman, puis, le
dernier tronçon de la balade dans un petit train à crémaillère pour
débarquer à destination finale, dans un paysage de montagnes totalement
recouvert de coton et de ouate. Le petit chalet de Florian est situé dans un
coin perdu, loin des routes, du monde, au milieu des sapins et uniquement
accessible (à cette saison) par la marche à pied dans la neige ou avec le
petit train qui passe presque toutes les heures, du lever au coucher du
soleil.

Température assez basse à l’arrivée chez Flo où le thermomètre affichait
joyeusement moins 8°. J’ai quand même mis un petit moment pour cesser de
trembler et claquer des dents. Le bon feu de cheminée a été très
réconfortant pour retrouver une température de surface corporelle acceptable
et, la fondue au fromage qui suivait a su rallumer le feu intérieur de ma
carcasse mise à rude épreuve.

Une chose est sure, ce ne sont ni les moustiques, ni les nonos qui risquent
de m’ennuyer les prochains jours. Pour quelqu’un qui aime les extrêmes, je
suis assez bien servi.

Après une première nuit passée dans la chaleur douillette et rassurante du
chalet, réveil ce matin avec un beau ciel bleu et aussi un thermomètre qui
reste largement dans le négatif. Première promenade autour du chalet. Mis à
part le nez et les oreilles gelés, les narines qui coulent, les yeux qui
pleurent, les mains qui n’obéissent plus tant tout est froid et sans oublier
un équilibre du corps qui ne correspond plus tout à fait aux lois
habituelles et qui demande un temps d’adaptation : c’était tout simplement
superbe.

Après midi passé à marcher au bord du lac où l’on a frôlé le zéro degré et
presque le + 1, c’était pratiquement la canicule !

Promenade pédestre où j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver : canards,
cygnes et autres oiseaux d’eau. J’ai bien pensé à mon Foufou et à Handicapée
!

Plus tard, courses alimentaires dans un grand magasin où je n’avais pas
assez de mes yeux pour voir cette surproduction et ces étalages incroyables
de « bouffe » en tous genres. Il doit être très difficile de mourir de faim
dans ce pays !

Retour « at home » sans oublier de prendre le petit train à crémaillère pour
la dernière étape de cette sortie. Entre temps, la bise (vent glacial) est
arrivée et je suis ravi d’être bien au chaud au chalet. Aucun risque de
sortie nocturne pour moi ce soir !

La tempête est passée et nous avons eu la chance de n’en ressentir, que les
effets extérieurs en restant assez « au large » de la dépression. Elle a été
bien plus violente dans d’autres endroits comme la Vendée et les
départements voisins. Depuis ce matin, le soleil est de retour sur le pays
Basque et il fait presque bon.

Du coté de Tahiti, le Tsunami annoncé est passé sans faire de dégâts. Si à
Moorea, ils ont pu constater une baisse du lagon avant l’arrivée de l’onde
maudite, du côté de Fakarava, rien n’a été visible. Donc pas de bobo, aucune
casse et bientôt, vu le rythme assez rapproché des alertes, la population va
devenir « pro » dans l’organisation des fuites vers les hauteurs
salvatrices.
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