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Présentation de Raimiti
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vendredi 19 février 2010, LAX 20H.

Changement plus que radical de décor. Nous nous sommes posés ce matin vers
8H et me voilà sûrement dans un des plus grands villages de la planète.
Tonton J.Louis (un ami connu à Moorea mais qui habite à LAX) m’attendait à
l’aéroport et je n’ai eu qu’à me laisser prendre en charge. Il m’a baladé
jusqu'à midi et je dois avouer qu’il y avait tant de choses à voir que je
n’ai pas eu le temps de penser à mon motu perdu.

Que dire sinon que tout est gigantesque, disproportionné et que malgré tout
c’est parfois beau à couper le souffle.

Mon hôtel (trouvé par J.Louis) est l’Intercontinental situé au 2151 Avenue
des Starts. J’y occupe une petite suite où des patins à roulettes ne
seraient pas inutiles pour aller d’une pièce à l’autre. Un GPS ne serait pas
mal non plus car bien que doté d’un bon sens de l’orientation, je me suis
déjà égaré quelques fois. Je bascule de la vie de Robinson au super grand
luxe en un claquement de doigts. 3 énormes écrans TV au cas où je me
sentirais un peu seul dans mon loft. Des téléphones partout jusque dans les
WC, un lit royal, 2 terrasses en angle pour admirer les grattes ciel d’en
face, une douche pas vraiment comparable à celles de Raimiti. Ici, on
n’économise pas l’eau : pas de douchette comme chez moi mais une véritable
lance a incendie avec un débit limite de t’arracher la peau et qui te plaque
sur la cloison opposée. C’est assez dingue !

A midi, premier repas dans un « grill » où j’ai reçu pas loin de la moitié
d’un cochon dans mon assiette avec une brouette de frites. C’est assez
surdimensionné ici.

Après le festin de ce midi, J.Louis est reparti chez lui pour bosser un peu.
A quelques centaines de mètres de mon palace, il y a un shoping center où
j’ai pu flâner un peu et où j’ai vite calé, tant il y a de choses à voir.
Etant dans le coin des grandes compagnies de cinéma, il n’était pas bien
difficile de trouver une salle où ils projetaient Avatar sur écran géant et
spécial à cet effet. La 3D en Imax, ça secoue son bonhomme. On en ressort un
peu tremblant et les ondes intérieures un peu dans tous les sens. Mais, quel
spectacle !

Je n’ai pas fait comme les indigènes du coin qui n’avaient sûrement pas été
dans le même restaurant que moi à midi. Ils étaient tous ou presque, équipés
d’un sac à copra rempli de pop corn et d’un mini drome de coca. Incroyable !

Retour au palace en passant au super market où j’ai embarqué un bon kilo de
cerises. C’est exactement ce qu’il me faut pour le repas de ce soir.

Fin d’après midi, posté sur mon balcon à regarder le flot ininterrompu des
voitures qui se croisent et d’où j’ai une vue assez impressionnante sur la
ville. Quand je pense qu’a Fakarava, les gens comptent les voitures qui
passent : ils auraient vraiment de quoi faire ici !

Autre surprise de taille pour moi, j’ai été scotché de voir le jardinier de
l’hôtel entrain de repeindre en vert foncé la pelouse naturelle qui devait
être un peu trop vert clair à son goût. Ils sont vraiment trop forts ces
américains. Je ferai suivre des photos de ce que j’avance. J’ai attendu
qu’il se casse pour aller toucher l’herbe et le produit ne tache même pas et
maintenant tout est bien vert foncé.

Voilà pour ce soir, j’ai encore du travail à zapper sur les 300 chaines de
TV sans compter les 50 films qu’ils proposent, à comprendre comment le
téléphone fonctionne, à ouvrir le coffre fort pour y planquer mes valeurs et
à manger mon kilo de cerises. Il faudra sûrement que je revienne ici un jour
pour fignoler ma visite car il y a encore la salle de gym, le SPA, le sauna,
le bain de vapeur, la piscine et la boutique OUF !

Samedi 20 Février.

Aujourd’hui j’ai passé la journée avec des anciens clients de Linareva que
je connais depuis plus de 20 ans et qui sont devenus des amis, au fil des
années et de leurs visites. Il s’agit de Lucie et Betty (2 sœurs) et de
Fred, qui est l’époux de Lucie. Betty est venue me chercher ce matin à
l’hôtel et après avoir traversés Los Angeles dans sa grande longueur nous
sommes enfin arrivés chez Fred et Lucie. Mon ami Fred est atteint depuis une
année d’un cancer des poumons et, hélas pour lui, les choses ne vont pas en
s’améliorant. Bien évidement, il est passé par tous les stades de rayons,
chimio et autres traitements. Après une rémission assez longue qui a laissé
espérer un moment que la médecine moderne avait peut être réussi à vaincre «
le crabe », il a bien fallu reconnaître qu’il n’en était hélas rien. Fred
étant maintenant trop faible pour tenter un autre traitement, il n’y a plus
grand-chose à faire qu’à attendre. Journée très forte et par moment bien
difficile, composée de diverses émotions allant de la joie de se retrouver,
de revivre certains souvenirs mais aussi de larmes pour raconter le présent
et la peur de l’avenir. Cette visite destinée à Fred était la raison majeure
de mon arrêt en Californie et j’ai eu raison de la faire.

Nous sommes rentrés a l’hôtel en fin d’après midi et en prenant le chemin
des écoliers avec Miss Betty dans le rôle du chauffeur et guide touristique.


Dimanche 21 février.

Départ de LAX à 11H du matin. Finalement ce n’est pas si compliqué de passer
toutes les formalités de sécurité dans la mesure où on n’oublie pas de
prévoir 3 bonnes heures d’avance.

Depuis, nous sommes dans les airs, l’Amérique que nous survolons est
couverte de neige. Il a dû faire sacrement froid en bas, car c’est vraiment
blanc de chez blanc.

Le soleil allant dans un sens et nous dans l’autre, la nuit ne va pas tarder
à tomber. Au prochain petit jour, nous ne serons pas loin de Paris.

jeudi 18 février 2010, 20H30.

Cette fois, il n’y aura plus très longtemps à attendre, me voilà en salle
d’embarquement pour cette première longue partie du voyage qui devrait
m’emmener du milieu de l’océan Pacifique jusque sur sa berge Est. Je suis
encore bien trop immergé dans Raimiti et ses âmes pour vraiment apprécier ce
qui se passe autour de moi.

Dernières « news » du motu :

Le Cobia est bien passé à la maison pour faire sa livraison. En gros, tout
est OK, les livraisons sont arrivées entières et en bon état. Bien entendu,
notre fournisseur Sipac » pour ne pas faillir à sa réputation d’incapable à
un tout petit peu « merdé » avec la commande. Si le « sec » est bien arrivé
comme prévu, pour ce qui est du froid (réfrigéré et congelé) a été oublié
d’être embarqué ! Par contre, du coté de la facturation, ils n’ont rien
oublié, même de facturer ce qui n’est jamais parti de Tahiti. Franchement
pas simple de travailler avec des gens comme ça et comme le choix des
fournisseurs est plus que restreint, à nous de palier et de nous adapter.

Le technicien de notre système solaire est lui aussi arrivé avec le matériel
pour l’installation d’un nouveau jeu et ce qu’il faut pour que les 3 autres
soient plus performants. Junior étant tout à fait au courant de ce que
j’attends de cette personne, cela ne devrait pas poser de problème. Quand je
pense que mon voyage en Europe a été repoussé jusqu’a maintenant pour être
certain de ne pas louper la visite de ce gars …….C’est un peu raté !

Cet après midi encore, avec Maluha et Teaki, nous faisions les dernières
petites courses en ville. Demain, Maluha déposera Teaki à Air Tahiti pour
son retour sur Fakarava. Pour lui, c’est la fin d’une semaine de folie, dont
il aura vraiment bien profité. Il va en avoir des choses à raconter au
village ! Il a même voulu ramener un cadeau à sa mémé, un parfum…. pour
quand elle ira à la messe. Cela va encore faire des jalouses…
lundi 15 février 2010, début de soirée.

Et voilà, la dernière journée de courses est maintenant derrière moi. Le
Cobia est bien parti en début d’après midi avec ma cargaison de carburant,
gaz, denrées alimentaires, produits d’entretien, pièces diverses de
remplacement et les mille et une autres petites choses dont nous pourrions
avoir besoin pour les presque 2 mois à venir. Me voilà maintenant sans
portable pour téléphoner, ainsi que mon « mobil partner » avec lequel je
pouvais me connecter pour recevoir et envoyer mon courrier électronique.
Tout est reparti à Raimiti. Cela commence à sentir le fameux « lâcher prise
», tant recommandé pour un départ « en vacances » dans des conditions
optimales…

Les 2 jours qui restent seront consacrés aux RDV administratifs et à
d’autres occupations un peu plus cool comme, aller s’enfermer dans une salle
de cinéma pour aller voir « Océans » et « Avatar ».

Fin de journée très calme à la plage de Temae à Moorea avec Ava-Iti et
Teaki. Les parents étant occupés, j’ai pu jouer au gardien des plus petits.
C’est très agréable dans la mesure où ça ne dure pas trop longtemps.

mercredi 17 février 2010.

Me voilà prêt pour le départ, plus rien à faire et j’ai l’impression d’être
un peu désœuvré. Ce changement de mode de vie est un peu brutal et pas
forcement agréable car sûrement que je suis un peu trop « plein » de mon
monde à moi.

J’ai eu Junior au téléphone ce matin. Il fait beau et bleu chez nous. La
famille animale va très bien. Les chiens squattent chez Junior, la cane ne
quitte plus son nid, les poules pondent et Handicapée ainsi que Foufou
passent beaucoup de temps à la porte de mon bureau.

Le Cobia est sensé arriver demain chez nous pour la grosse livraison
mensuelle. La plage a été ré-ensablée, en plus d’embellir l’arrivée, cela
facilitera la réception des marchandises.

Le Camzaz a quitté le hoa protecteur pour retrouver son portique où il est
bien au sec. Je pense, qu’assez rapidement, Junior va lui remettre son
moteur pour pouvoir effectuer les traversées au village. Le ponton a été
remonté et a retrouvé sa place (jusqu'à la prochaine tempête). Tout se passe
pour le mieux et cela…. sans moi !

Enfin un petit break au milieu de cette première étape. Heureusement qu’il
existe le dimanche pour se reposer de cette petite semaine plus qu’active.
Bien partis de Fakarava, bien arrivés à Tahiti et depuis Teaki et moi
squattons chez Maluha.

La reprise dans le monde « moderne » n’est ni simple, ni agréable. Le bruit,
les odeurs, les gens stressés et pressés, la circulation qui s’empire et qui
devient infernale sur Tahiti, les ondes négatives des uns et des autres qui
planent par gros nuages, l’absence totale de motivation que j’ai rencontrée
chez beaucoup, il n’y a pas grand-chose qui donne envie de s’incruster. Je
savais qu’à Raimiti, je vivais dans une bulle privilégiée et hors de ce
monde et, si il devait rester un doute me voilà totalement « vacciné ».

Aujourd’hui dimanche, journée « cool » et tranquille à Moorea. Petit passage
obligé a Linareva et tour de l’île que j’ai trouvée assez abimée. Beaucoup
d’arbres cassés et arrachés, la nature assez grillée par le vent sur les
bords de lagon, Oli a quand même abimé certaines choses.

Petit stop lunch a l’ex hôtel Sheraton (chez raton) devenu Hilton depuis. Le
cadre au bord de la piscine est vraiment agréable mais pour le reste, il y a
encore du travail à faire s’ils veulent arriver à faire un service correct.
Pratiquement deux heures d’attente à table pour un club sandwich, un
hamburger et un travers de porc ! Les apéritifs sont arrivés en même temps
que les plats, aussi pas question de boire avant. La bouteille d’eau froide
qui n’a jamais été visiter l’intérieur d’un frigidaire était plus chaude que
tiède, le jus d’orange demandé frais et pressé avait muté en jus d’ananas
sans raison et n’espérez pas le moindre quignon de pain pour le travers de
porc. De l’arnaque pure et simple ! C’était tellement bien que je n’ai pas
osé demander le café de la fin.

Demain, nouvelle journée courses en ville, j’aurai jusqu'à midi pour
embarquer les derniers achats sur le Cobia qui quittera Papeete pour
Raimiti en début d’après midi.

Teaki s’éclate et découvre plein de nouvelles choses inconnues. Il découvre
les feux vert qui sont rouge, que l’on ne peut pas circuler à pieds et sans
danger au milieu de la chaussée (comme au village), que le lagon de Moorea
est « nul », que le magasin de Nunu du village c’est de la « daube » comparé
à Carrefour, qu’à Moorea il y a des dauphins en prison, qu’il y a plein de
fruits a manger et….. Il en fait une cure et se régale.

Milieu et fin de semaine à Los Angeles. Je devrais arriver à Paris en tout
début de la suivante. Je ne pense pas pouvoir alimenter le journal d’ici là,
il vous faudra sûrement patienter quelques jours avant de recevoir la
prochaine page de la gazette de Raimiti « en promenade » autour de la
planète.

mercredi 10 février 2010, 16H30.

Première journée grand bleu depuis………. on ne se rappelle même plus quand.
Batteries des panneaux et chauffes eau solaires ont enfin été assez baignés
de soleil pour se recharger convenablement.

Junior et Varo avancent à grande vitesse dans la pose du ponton. A ce
rythme, ce sera fini dans un jour ou deux.

De mon coté, j’en ai fini avec la paperasse et des préparatifs du départ. Ma
liste de courses et choses à faire sur Tahiti est assez conséquente, mais,
je devrais y arriver. Dommage que la forme physique soit assez diminuée,
suite à mon vol pas plané. J’ai pas mal de mal a faire certains mouvements
et surtout à porter quoi que ce soit, ce qui risque d’être assez gênant pour
faire les courses. Il me faudra pourtant faire cela assez vite puisque le
prochain Cobia quittera Tahiti pour Raimiti, lundi prochain vers midi.

Teaki sera du voyage pour une semaine à Moorea. Etant en vacances scolaires,
il partira demain avec moi pour aller découvrir la ville et surtout Moorea
et la maison de Maluha, où il n’a jamais été. Comme il adore Ava-Iti et que
c’est réciproque, cela devrait plus que bien se passer.

D’ici 2 ans, Teaki ne pourra plus continuer sa scolarité sur Fakarava. A
partir de la 6éme, les enfants doivent partir en pensionnat sur les atolls
de Rangiroa ou Makemo et parfois Hao où il y a des collèges. En général, mis
à part quelques cas, c’est l’échec complet sur toute la ligne. Pour Teaki,
l’idée de continuer sur Moorea germe et, il faut laisser pousser !

Tetamanu et un super snorkling était au programme de nos visiteurs pour le
matin et, après le lunch, ils sont allés à la Lune pour « palmemasquetubater
» dans la pouponnière des bénitiers et petits poissons. Le tout, ayant pour
décor, un jardin de corail d’une grande richesse. Malgré le mauvais temps du
début, ils vont repartir enchantés. C’est Francis qui a assuré les 2
promenades de la journée.

Pour le moment, je me sens un peu mal à l’aise à cause des animaux. Castor
et Rutu qui doivent sentir le vent venir du départ, ne me lâchent pas les
savates. Même Foufou qui a pourtant avalé ses 2 ature du jour et revenu
s’installer a la boutique après son poisson de 16H alors qu’habituellement,
dés le poisson gobé, il repart rejoindre ses frères et sœurs pour passer la
nuit avec eux sur un autre motu. Cela risque d’en faire sourire plus d’un
mais je vous affirme que les animaux pressentent les changements qui vont
contrarier leurs habitudes et, qu’ils le montrent.

45 minutes plus tard. J’ai du arrêter mes écrits pour m’occuper de Foufou
qui a goulument avalé un troisième ature. Dans la foulée, pas question
d’ignorer « handicapée » qui a voulu sa part. Du coup, j’ai été dire « Nana
» aux poules, aux canards et aux cochonnes. Pour les lapins, se sera plus
tard ce soir en partageant un biscuit « Sao » qu’ils adorent.

Le journal de Raimiti va donc partir en vacances dés ce soir. Le prochain
épisode écrit de Raimiti est prévu pour le 30 mars. Je ne vous laisserai pas
sans nouvelles aussi longtemps mais, je ne promets pas un envoi quotidien
non plus.

Ce retour avec et dans le monde va sûrement provoquer chez moi, des émotions
et des réflexions bien différentes de ce que je ressens ici, je ne manquerai
pas de vous les faire partager.

Fin de journée et fin de ce journal avec un superbe coucher de soleil et
dans une sensation de quiétude totale qui enveloppe le motu.
mardi 9 février 2010, le matin.

A la seconde tasse de café de ce matin, mon nouvel ami, que je ne quitte
plus affichait 1004 hPa, voilà une belle remontée depuis hier. Il n’a pas
plu de la nuit et, il y a presque du vrai soleil ce matin. C’est la
résurrection pour tous, sauf pour les canards et les cochonnes qui avaient
l’air de bien apprécier la gadoue.

Pat, a eu la bonne idée de changer de route et de quitter notre direction
pour partir sur le Sud-ouest. Nous sommes (en principe) hors de sa route et
franchement : OUF ! C’est moins cool pour les autres (îles Cook) mais il
faut savoir partager. Pas toujours tout pour les mêmes.

Nos visiteurs du moment ont passé la mâtiné à Irifa beach, 3 kilomètres de
plage déserte et de sable rien que pour eux, ils vont apprécier, j’en suis
sûr.

A midi, petit stop de nos amis T.Dive venus du Nord pour, après leurs
plongées à Tetamanu, faire une petite halte pique-nique chez nous.

Matinée paperasse pour moi et passation de mes activités à Junior. Même si
nous n’avons pas trop de visiteurs pendant mon absence, il va y avoir de
quoi s’occuper. Deux stagiaires s’imposent de plus en plus a l’entrée de la
boutique-bureau. L’aigrette « Handicapée » et Foufou y passent des heures et
tentent de faire barrage et filtrer les visiteurs indésirables que sont Rutu
et Castor.

Fin de journée.

Irifa beach, c’était trop bien ce matin, aussi, après le lunch, ils y sont
retournés passer le reste de l’après midi.

Junior et Varo, gonflés d’optimisme à bloc car ils y croient, sont au
remontage de notre ponton emporté par la houle.

Les T.Divers sont repartis au village sur un lagon assez calme, le vent
glissant de plus en plus vers l’Est.

Je suis pratiquement à jour de mes papiers, commandes et autres obligations
administratives. J’ai même commencé mon baluchon pour mon futur périple. Je
vais essayer de partir sans sac ni valise. C’est un exercice que je compte
tenter pour savoir si je suis capable d’appliquer ce que la vie m’apprend
ici. En général et jusqu’à ce jour, lorsque je voyage, je trimbale toutes
ces petites choses qui me semblent indispensables (comme beaucoup d’entre
nous) et souvent, au retour, je me fais la réflexion de constater que bien
des choses ont été d’aucune utilité. Cette fois ce sera différent, tout
devra entrer dans le sac à bagage autorisé en cabine. Ni plus, ni moins,
juste l’essentiel. Reste à savoir et décider de ce qui est essentiel !

Pas de journal hier. Fortes pluies non stop depuis vendredi, il y en a ras
le bol et ras les cuves. Impossible de bosser à l’extérieur avec ce mauvais
temps, aussi avec Francis, je suis allé poser le dernier faux plafond en
tissus dans un fare coté Tua. Notre tâche était achevée à plus de 9O%
lorsque l’échelle sur laquelle j’étais s’est mise à glisser puis à tomber.
Je vous rassure tout de suite, l’échelle n’a pas le moindre bobo. Par
contre, moi, c’est un peu moins bien. Dans la glissade vers le sol, j’ai
perdu l’équilibre, rebondi quelque peu et fort mal sur les parois de la
cabine de douche pour finalement terminer mon crash entre la cabine de
douche et les WC. Aucune grosse plaie ouverte mais un chapelet de
contusions, de la hanche jusqu’au cou. Il m’a fallu un bon moment pour
retrouver mon souffle et une respiration normale. Ne crachant ni ne pissant
du sang, j’étais un peu rassuré sur les dégâts internes possibles. J’ai fini
le reste de la journée allongé, sans être vraiment capable de bouger.

Après une première nuit de sommeil entrecoupée de moments plus ou moins
douloureux, je diagnostique au minimum une côte de fêlée et peut être un peu
plus. Mais ce matin, j’arrive à bouger, marcher, m’assoir et lever le bras
gauche. Le bon docteur Eric m’ayant fortement conseillé de ne plus rien
faire sinon de me reposer et attendre, je compte bien suivre ses conseils.

Du coté de la météo, même si le mauvais temps est toujours là, le baromètre
remonte difficilement mais surement la pente pour afficher ce matin, un
petit 1003 hPa.

Le même jour, l’après midi.

On a failli y croire, sur le coup des 11H, il y a eu quelques trous dans le
ciel laissant apparaître un peu de bleu. Mais cela n’a pas duré et depuis
13H, la pluie tombe à nouveau. C’est Junior qui est allé au village, mon
état physique n’aurait pas accepté pas les secousses imposées. Teaki est
reparti et les devoirs sont fait, c’est à celui de nous qui récite le mieux
« le corbeau et le renard » puisque c’était la poésie imposée et à apprendre
de la semaine.

Je me traîne difficilement du bureau au divan de la cuisine, mais il y a un
léger mieux. Pas suffisant pour remonter sur l’échelle, mais je me sens
moins cassé.

Nos 3 nouveaux visiteurs ont l’air charmant et ne se formalisent pas trop du
mauvais temps et rien que pour ça, ils sont d’emblée sympathiques.

Je ne vais pas trop traîner pour aller me coucher en espérant que demain,
tout aille mieux.
Les jours se suivent et se ressemblent. De la grosse pluie est tombée toute
la nuit. Petite amélioration ce matin avec dés 8H, quelques trous de bleu
ici et là. Le baromètre est reparti a la baisse, avec à l’heure du café, un
petit 999 hPa. Le bleu risque de ne pas durer bien longtemps.

Téléphone de Maluha pour m’apprendre que la nouvelle dépression Pat qui
était sur les Samoa est devenue cyclone et qu’il se dirige maintenant sur
nous.

Pas eu de le temps de se remettre d’Oli que Pat risque d’arriver. Là, le
moral commence à dérouiller.

Il faudra attendre au moins 24 à 48H pour être fixé sur ce qui risque de se
passer.

J’ai bien connu une miss Pat dans ma jeunesse et je peux vous affirmer que
lorsqu’elle était en rogne, il valait mieux gagner les abris. Pourvu qu’il
n’y ait pas trop de similitudes entre ces 2 Pat. Je sais par expérience
qu’il est préférable d’éviter de mettre les « Pat » en colère car cela
n’apporte rien de bon.

De mon coté, ce n’est pas encore la grande forme. Je crains d’être «
handicapé » à mon tour pour un moment. Comme d’habitude, cela tombe à un
bien mauvais moment. Entre la météo exécrable, les préparatifs du départ
(dans 3 jours), les mille et une choses à faire avant ce départ et
maintenant, devoir se re préparer pour un éventuel cyclone, il y a comme une
grande lassitude qui s’installe.

Coté très positif de ce mauvais temps, une amie d’Afrique que j’avais perdu
de vue depuis bien longtemps a fini par trouver mon adresse. Grace à
internet (que je critique souvent), les contacts sont renoués et…..c’est
génial. Le temps passe, nos vies aussi, des milliers de kilomètres nous
séparent et pourtant l’amitié reste indélébile.

Francis a fait le capitaine cet après midi pour nos visiteurs. J’ai voulu
suivre pour voir si je pouvais supporter les secousses sans trop de peine en
prévision du futur voyage jusqu’au village. Ce n’était pas génial mais comme
dirait Cécile (une amie),……… ça là fait !

Zaza et Camille ont fait le plein de koperu, ature et autres komene, je suis
reparti de Tetamanu avec un gros sac plein et mes oiseaux auront de quoi
manger pour plus de 15 jours.

Le ciel était presque découvert pendant notre balade et quelques rayons
solaires sont venus caresser les panneaux solaires de Raimiti qui n’y
croyaient plus.

Fin de journée presque calme sur le motu. Le vent, toujours au Nord est
entrain de faiblir. Il n’y aura pas de coucher de soleil mais l’horizon est
bien moins bouché.
Le temps reste au mauvais, les grains succèdent les grains, un fort vent de
Nord souffle non stop et malgré tout, l’air ambiant reste très lourd. Le
moral commence à s’en ressentir et je bataille seul pour ne pas basculer
dans le coté obscur de la force.

Malgré ce mauvais temps qui dure, nous avons commencé les gros travaux de
ménage et de remise en ordre pour effacer les traces dues au mauvais temps.
Tout en faisant ce travail, il m’arrive de douter de la dépense de toute
cette énergie alors que tout peut être balayé en quelques minutes.

Suite aux conséquences indirectes du cyclone, le Cobia m’a téléphoné ce
matin. Notre voyage spécial du 8 février est annulé et reporté au 15. Dire
que j’avais tout organisé depuis 2 mois pour ce Cobia qui doit livrer entre
autres choses, une nouvelle installation solaire qui devait être installée
avant mon départ. Tout tombe à l’eau, tout est reporté et je ne peux rien
faire d’autre que subir !

J’ai appelé tous mes autres fournisseurs pour m’assurer que ma marchandise
ne parte pas sur une autre île lointaine et il ne reste plus qu’à croiser
les doigts pour que tout se passe bien.

En attendant, nous allons devoir faire très attention au carburant et à
l’intendance pour tenir jusqu’au prochain bateau.

Je dois quitter Raimiti dans une semaine et j’espérais que tout serait livré
et OK pour tenir jusqu'à fin mars. Et ben NON !

J’arrête là pour ce soir, je risque d’être négatif si j’insiste. Vivement
demain qui sera un autre jour.
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