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Présentation de Raimiti
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Le soleil reste fidèle au rendez-vous et si, il fait un peu frais le matin,
les journées sont particulièrement douces et agréables. Difficile de croire
qu’il y a juste 3 jours, une tempête meurtrière balayait une partie de la
France.

Je commence à m’habituer au rythme de vie des indigènes du cru et à leurs
coutumes. Mais franchement, je ne crois pas que ce genre de vie pourrait me
convenir et m’apporter le bonheur que m’apporte la vie sur mon motu perdu.
Tout est trop différent ici, et pourtant, même s’il y a tout et que l’on
trouve de tout, j’ai l’impression qu’il manque l’essentiel, alors que, sur
notre petit morceau de corail perdu au bout du monde et au milieu de l’océan
et où il n’y a rien, l’essentiel y est palpable.

La cure de vie en famille est un vrai bonheur. Des moments hélas trop rares,
mais dont je profite au maximum.

A la levée du courrier de ce matin, un mail de Raimiti m’apprend que tout va
et se passe bien. Que madame Canard est devenue maman cane et que nous avons
maintenant 6 nouveaux bébés coin-coin. La famille s’agrandit. Pour le reste
et les autres âmes, tout a l’air d’aller pour le mieux.

Dimanche prochain, sera la fin de cette étape Basque. Ensuite direction
l’Helvétie ou les températures risquent d’être revues a la baisse.
La tempête est passée et nous avons eu la chance de n’en ressentir, que les
effets extérieurs en restant assez « au large » de la dépression. Elle a été
bien plus violente dans d’autres endroits comme la Vendée et les
départements voisins. Depuis ce matin, le soleil est de retour sur le pays
Basque et il fait presque bon.

Du coté de Tahiti, le Tsunami annoncé est passé sans faire de dégâts. Si à
Moorea, ils ont pu constater une baisse du lagon avant l’arrivée de l’onde
maudite, du côté de Fakarava, rien n’a été visible. Donc pas de bobo, aucune
casse et bientôt, vu le rythme assez rapproché des alertes, la population va
devenir « pro » dans l’organisation des fuites vers les hauteurs
salvatrices.
Nous voilà tout juste de retour à Biarritz après une petite escapade de 24H
dans les Pyrénées. Nous avions prévu de ne rentrer que demain, mais une
alerte tempête avec des possibles coups de vent a 140 K/H nous a décidé de
rentrer aujourd’hui. Superbe journée de ski hier avec Corinne et Amaury. La
transition plage, cocotiers et chaleur tropicale avec celle de la montagne,
des pentes enneigées, du froid, de l’habillement hivernal qui consiste à
tout protéger de la tête aux pieds : voilà qui avait de quoi ravir mon goût
des extrêmes. Le petit arrêt pour le casse croûte du midi à la terrasse d’un
refuge loin de tout, au milieu de la neige et des sapins, la tête au soleil,
les fesses sur un banc et les pieds dans la neige restera dans ma mémoire
pour longtemps.

La journée fut ensoleillée, reposante, glissante, énergisante, familiale et
débordante de bonnes ondes. Que demander de plus !

Retour à Biarritz en début d’après midi où les gens se préparent à l’arrivée
de la tempête annoncée pour la nuit prochaine. La météo parle de vents
pouvant aller jusqu'à 160 KM/H dans les Pyrénées.

Pas le temps de défaire les sacs que le téléphone sonnait avec, à l’autre
bout du fil, ma fille Maluha un peu inquiète qui m’annonçait que la
Polynésie était en alerte tsunami suite au tremblement de terre du Chili.
Etant dans une zone à risque, à 3 heures du matin chez eux, après avoir été
réveillés par les sirènes d’alarme, ils préparaient en vitesse leurs
affaires pour ensuite, gagner les hauteurs de l’île. Elle me rappellera une
fois l’alerte levée.

Maluha a pu avertir Junior à Raimiti qui aura sûrement dû faire évacuer le
coté récif en pleine nuit si nous y avons du monde. On peut dire qu’ici
comme le bas, la météo nous gâte !

Suite au prochain épisode…

Lundi 22 février, 22H.

A 8h et des poussières, notre avion d’ATN nommé « Moorea » se posait à CDG
dans les brumes et un gris total. Seulement 6° à l’extérieur, je vous assure
que le premier contact est assez saisissant et finalement, pas si
désagréable que ça. A 9H, je m’engouffrais dans un TGV qui partait sur
Bordeaux. TGV chauffé à mort où j’ai dû me déshabiller un peu avant la
suffocation qui me menaçait. Entre Bordeaux et Biarritz, j’ai eu droit à un
autre train, très déglingué, sale, n’allant pas vite et s’arrêtant dans
chaque village, ou presque. Encore plus surchauffé que le TGV, c’était assez
« craignos » et il a fallu faire un arrêt d’urgence en pleine campagne pour
faire évacuer, par les pompiers du coin, une personne qui avait perdu
connaissance. Je suis certain que la chaleur à l’intérieur du train devait
en être plus ou moins responsable.

Ce n’est qu’en fin d’après midi que je suis arrivé à destination où mère,
Reine Amidala de Biarritz m’attendait.

Me voilà maintenant arrivé et posé à Anglet pour quelques jours. Il est 23H,
et pas la moindre fatigue ni le moindre bâillement à l’horizon. J’espère
pouvoir dormir et surtout me remettre assez rapidement du décalage horaire.
Par la fenêtre de ma chambre, je distingue la lune qui est en plein dans son
milieu : sûrement que de l’autre coté de la planète, l’ami Varo aura été «
titiller » quelques langoustes.

Mardi 23 février, très tôt dans la nuit du 24.

Si la première nuit passée en pays de Gaule Aquitaine n’a pas été perturbée
par le décalage horaire, c’est nettement moins top pour cette seconde nuit.
Depuis 2 heures du matin, impossible de fermer l’œil et je suis totalement
réveillé, frais et dispo. Si j’avais la pompe et le produit du jardinier de
LAX, j’irai bien passer un coup de peinture verte sur le gazon un peu
tristounet en bas de l’immeuble.

Malgré les complications dues à la grève des aiguilleurs du ciel, ma sœur,
Princesse Leia est arrivée du Congo avec seulement quelques heures de retard
sur le programme initial. Elle est arrivée avec sa fille Méline. Son fils
Amaury qui était chez des copains est, lui aussi, rentré au bercail. Voilà
donc la tribu réunie presque au complet chez la reine mère. Retrouvailles
toujours émouvantes et chaleureuses, il est assez rare que nous nous
retrouvions ainsi, il n’y a plus qu’à profiter de ce temps qui nous est
offert et en général c’est une chose que nous savons très bien faire.

Quelques photos de LAX et de mon peintre de pelouse….

vendredi 19 février 2010, LAX 20H.

Changement plus que radical de décor. Nous nous sommes posés ce matin vers
8H et me voilà sûrement dans un des plus grands villages de la planète.
Tonton J.Louis (un ami connu à Moorea mais qui habite à LAX) m’attendait à
l’aéroport et je n’ai eu qu’à me laisser prendre en charge. Il m’a baladé
jusqu'à midi et je dois avouer qu’il y avait tant de choses à voir que je
n’ai pas eu le temps de penser à mon motu perdu.

Que dire sinon que tout est gigantesque, disproportionné et que malgré tout
c’est parfois beau à couper le souffle.

Mon hôtel (trouvé par J.Louis) est l’Intercontinental situé au 2151 Avenue
des Starts. J’y occupe une petite suite où des patins à roulettes ne
seraient pas inutiles pour aller d’une pièce à l’autre. Un GPS ne serait pas
mal non plus car bien que doté d’un bon sens de l’orientation, je me suis
déjà égaré quelques fois. Je bascule de la vie de Robinson au super grand
luxe en un claquement de doigts. 3 énormes écrans TV au cas où je me
sentirais un peu seul dans mon loft. Des téléphones partout jusque dans les
WC, un lit royal, 2 terrasses en angle pour admirer les grattes ciel d’en
face, une douche pas vraiment comparable à celles de Raimiti. Ici, on
n’économise pas l’eau : pas de douchette comme chez moi mais une véritable
lance a incendie avec un débit limite de t’arracher la peau et qui te plaque
sur la cloison opposée. C’est assez dingue !

A midi, premier repas dans un « grill » où j’ai reçu pas loin de la moitié
d’un cochon dans mon assiette avec une brouette de frites. C’est assez
surdimensionné ici.

Après le festin de ce midi, J.Louis est reparti chez lui pour bosser un peu.
A quelques centaines de mètres de mon palace, il y a un shoping center où
j’ai pu flâner un peu et où j’ai vite calé, tant il y a de choses à voir.
Etant dans le coin des grandes compagnies de cinéma, il n’était pas bien
difficile de trouver une salle où ils projetaient Avatar sur écran géant et
spécial à cet effet. La 3D en Imax, ça secoue son bonhomme. On en ressort un
peu tremblant et les ondes intérieures un peu dans tous les sens. Mais, quel
spectacle !

Je n’ai pas fait comme les indigènes du coin qui n’avaient sûrement pas été
dans le même restaurant que moi à midi. Ils étaient tous ou presque, équipés
d’un sac à copra rempli de pop corn et d’un mini drome de coca. Incroyable !

Retour au palace en passant au super market où j’ai embarqué un bon kilo de
cerises. C’est exactement ce qu’il me faut pour le repas de ce soir.

Fin d’après midi, posté sur mon balcon à regarder le flot ininterrompu des
voitures qui se croisent et d’où j’ai une vue assez impressionnante sur la
ville. Quand je pense qu’a Fakarava, les gens comptent les voitures qui
passent : ils auraient vraiment de quoi faire ici !

Autre surprise de taille pour moi, j’ai été scotché de voir le jardinier de
l’hôtel entrain de repeindre en vert foncé la pelouse naturelle qui devait
être un peu trop vert clair à son goût. Ils sont vraiment trop forts ces
américains. Je ferai suivre des photos de ce que j’avance. J’ai attendu
qu’il se casse pour aller toucher l’herbe et le produit ne tache même pas et
maintenant tout est bien vert foncé.

Voilà pour ce soir, j’ai encore du travail à zapper sur les 300 chaines de
TV sans compter les 50 films qu’ils proposent, à comprendre comment le
téléphone fonctionne, à ouvrir le coffre fort pour y planquer mes valeurs et
à manger mon kilo de cerises. Il faudra sûrement que je revienne ici un jour
pour fignoler ma visite car il y a encore la salle de gym, le SPA, le sauna,
le bain de vapeur, la piscine et la boutique OUF !

Samedi 20 Février.

Aujourd’hui j’ai passé la journée avec des anciens clients de Linareva que
je connais depuis plus de 20 ans et qui sont devenus des amis, au fil des
années et de leurs visites. Il s’agit de Lucie et Betty (2 sœurs) et de
Fred, qui est l’époux de Lucie. Betty est venue me chercher ce matin à
l’hôtel et après avoir traversés Los Angeles dans sa grande longueur nous
sommes enfin arrivés chez Fred et Lucie. Mon ami Fred est atteint depuis une
année d’un cancer des poumons et, hélas pour lui, les choses ne vont pas en
s’améliorant. Bien évidement, il est passé par tous les stades de rayons,
chimio et autres traitements. Après une rémission assez longue qui a laissé
espérer un moment que la médecine moderne avait peut être réussi à vaincre «
le crabe », il a bien fallu reconnaître qu’il n’en était hélas rien. Fred
étant maintenant trop faible pour tenter un autre traitement, il n’y a plus
grand-chose à faire qu’à attendre. Journée très forte et par moment bien
difficile, composée de diverses émotions allant de la joie de se retrouver,
de revivre certains souvenirs mais aussi de larmes pour raconter le présent
et la peur de l’avenir. Cette visite destinée à Fred était la raison majeure
de mon arrêt en Californie et j’ai eu raison de la faire.

Nous sommes rentrés a l’hôtel en fin d’après midi et en prenant le chemin
des écoliers avec Miss Betty dans le rôle du chauffeur et guide touristique.


Dimanche 21 février.

Départ de LAX à 11H du matin. Finalement ce n’est pas si compliqué de passer
toutes les formalités de sécurité dans la mesure où on n’oublie pas de
prévoir 3 bonnes heures d’avance.

Depuis, nous sommes dans les airs, l’Amérique que nous survolons est
couverte de neige. Il a dû faire sacrement froid en bas, car c’est vraiment
blanc de chez blanc.

Le soleil allant dans un sens et nous dans l’autre, la nuit ne va pas tarder
à tomber. Au prochain petit jour, nous ne serons pas loin de Paris.

jeudi 18 février 2010, 20H30.

Cette fois, il n’y aura plus très longtemps à attendre, me voilà en salle
d’embarquement pour cette première longue partie du voyage qui devrait
m’emmener du milieu de l’océan Pacifique jusque sur sa berge Est. Je suis
encore bien trop immergé dans Raimiti et ses âmes pour vraiment apprécier ce
qui se passe autour de moi.

Dernières « news » du motu :

Le Cobia est bien passé à la maison pour faire sa livraison. En gros, tout
est OK, les livraisons sont arrivées entières et en bon état. Bien entendu,
notre fournisseur Sipac » pour ne pas faillir à sa réputation d’incapable à
un tout petit peu « merdé » avec la commande. Si le « sec » est bien arrivé
comme prévu, pour ce qui est du froid (réfrigéré et congelé) a été oublié
d’être embarqué ! Par contre, du coté de la facturation, ils n’ont rien
oublié, même de facturer ce qui n’est jamais parti de Tahiti. Franchement
pas simple de travailler avec des gens comme ça et comme le choix des
fournisseurs est plus que restreint, à nous de palier et de nous adapter.

Le technicien de notre système solaire est lui aussi arrivé avec le matériel
pour l’installation d’un nouveau jeu et ce qu’il faut pour que les 3 autres
soient plus performants. Junior étant tout à fait au courant de ce que
j’attends de cette personne, cela ne devrait pas poser de problème. Quand je
pense que mon voyage en Europe a été repoussé jusqu’a maintenant pour être
certain de ne pas louper la visite de ce gars …….C’est un peu raté !

Cet après midi encore, avec Maluha et Teaki, nous faisions les dernières
petites courses en ville. Demain, Maluha déposera Teaki à Air Tahiti pour
son retour sur Fakarava. Pour lui, c’est la fin d’une semaine de folie, dont
il aura vraiment bien profité. Il va en avoir des choses à raconter au
village ! Il a même voulu ramener un cadeau à sa mémé, un parfum…. pour
quand elle ira à la messe. Cela va encore faire des jalouses…
Enfin un petit break au milieu de cette première étape. Heureusement qu’il
existe le dimanche pour se reposer de cette petite semaine plus qu’active.
Bien partis de Fakarava, bien arrivés à Tahiti et depuis Teaki et moi
squattons chez Maluha.

La reprise dans le monde « moderne » n’est ni simple, ni agréable. Le bruit,
les odeurs, les gens stressés et pressés, la circulation qui s’empire et qui
devient infernale sur Tahiti, les ondes négatives des uns et des autres qui
planent par gros nuages, l’absence totale de motivation que j’ai rencontrée
chez beaucoup, il n’y a pas grand-chose qui donne envie de s’incruster. Je
savais qu’à Raimiti, je vivais dans une bulle privilégiée et hors de ce
monde et, si il devait rester un doute me voilà totalement « vacciné ».

Aujourd’hui dimanche, journée « cool » et tranquille à Moorea. Petit passage
obligé a Linareva et tour de l’île que j’ai trouvée assez abimée. Beaucoup
d’arbres cassés et arrachés, la nature assez grillée par le vent sur les
bords de lagon, Oli a quand même abimé certaines choses.

Petit stop lunch a l’ex hôtel Sheraton (chez raton) devenu Hilton depuis. Le
cadre au bord de la piscine est vraiment agréable mais pour le reste, il y a
encore du travail à faire s’ils veulent arriver à faire un service correct.
Pratiquement deux heures d’attente à table pour un club sandwich, un
hamburger et un travers de porc ! Les apéritifs sont arrivés en même temps
que les plats, aussi pas question de boire avant. La bouteille d’eau froide
qui n’a jamais été visiter l’intérieur d’un frigidaire était plus chaude que
tiède, le jus d’orange demandé frais et pressé avait muté en jus d’ananas
sans raison et n’espérez pas le moindre quignon de pain pour le travers de
porc. De l’arnaque pure et simple ! C’était tellement bien que je n’ai pas
osé demander le café de la fin.

Demain, nouvelle journée courses en ville, j’aurai jusqu'à midi pour
embarquer les derniers achats sur le Cobia qui quittera Papeete pour
Raimiti en début d’après midi.

Teaki s’éclate et découvre plein de nouvelles choses inconnues. Il découvre
les feux vert qui sont rouge, que l’on ne peut pas circuler à pieds et sans
danger au milieu de la chaussée (comme au village), que le lagon de Moorea
est « nul », que le magasin de Nunu du village c’est de la « daube » comparé
à Carrefour, qu’à Moorea il y a des dauphins en prison, qu’il y a plein de
fruits a manger et….. Il en fait une cure et se régale.

Milieu et fin de semaine à Los Angeles. Je devrais arriver à Paris en tout
début de la suivante. Je ne pense pas pouvoir alimenter le journal d’ici là,
il vous faudra sûrement patienter quelques jours avant de recevoir la
prochaine page de la gazette de Raimiti « en promenade » autour de la
planète.

lundi 15 février 2010, début de soirée.

Et voilà, la dernière journée de courses est maintenant derrière moi. Le
Cobia est bien parti en début d’après midi avec ma cargaison de carburant,
gaz, denrées alimentaires, produits d’entretien, pièces diverses de
remplacement et les mille et une autres petites choses dont nous pourrions
avoir besoin pour les presque 2 mois à venir. Me voilà maintenant sans
portable pour téléphoner, ainsi que mon « mobil partner » avec lequel je
pouvais me connecter pour recevoir et envoyer mon courrier électronique.
Tout est reparti à Raimiti. Cela commence à sentir le fameux « lâcher prise
», tant recommandé pour un départ « en vacances » dans des conditions
optimales…

Les 2 jours qui restent seront consacrés aux RDV administratifs et à
d’autres occupations un peu plus cool comme, aller s’enfermer dans une salle
de cinéma pour aller voir « Océans » et « Avatar ».

Fin de journée très calme à la plage de Temae à Moorea avec Ava-Iti et
Teaki. Les parents étant occupés, j’ai pu jouer au gardien des plus petits.
C’est très agréable dans la mesure où ça ne dure pas trop longtemps.

mercredi 17 février 2010.

Me voilà prêt pour le départ, plus rien à faire et j’ai l’impression d’être
un peu désœuvré. Ce changement de mode de vie est un peu brutal et pas
forcement agréable car sûrement que je suis un peu trop « plein » de mon
monde à moi.

J’ai eu Junior au téléphone ce matin. Il fait beau et bleu chez nous. La
famille animale va très bien. Les chiens squattent chez Junior, la cane ne
quitte plus son nid, les poules pondent et Handicapée ainsi que Foufou
passent beaucoup de temps à la porte de mon bureau.

Le Cobia est sensé arriver demain chez nous pour la grosse livraison
mensuelle. La plage a été ré-ensablée, en plus d’embellir l’arrivée, cela
facilitera la réception des marchandises.

Le Camzaz a quitté le hoa protecteur pour retrouver son portique où il est
bien au sec. Je pense, qu’assez rapidement, Junior va lui remettre son
moteur pour pouvoir effectuer les traversées au village. Le ponton a été
remonté et a retrouvé sa place (jusqu'à la prochaine tempête). Tout se passe
pour le mieux et cela…. sans moi !

mercredi 10 février 2010, 16H30.

Première journée grand bleu depuis………. on ne se rappelle même plus quand.
Batteries des panneaux et chauffes eau solaires ont enfin été assez baignés
de soleil pour se recharger convenablement.

Junior et Varo avancent à grande vitesse dans la pose du ponton. A ce
rythme, ce sera fini dans un jour ou deux.

De mon coté, j’en ai fini avec la paperasse et des préparatifs du départ. Ma
liste de courses et choses à faire sur Tahiti est assez conséquente, mais,
je devrais y arriver. Dommage que la forme physique soit assez diminuée,
suite à mon vol pas plané. J’ai pas mal de mal a faire certains mouvements
et surtout à porter quoi que ce soit, ce qui risque d’être assez gênant pour
faire les courses. Il me faudra pourtant faire cela assez vite puisque le
prochain Cobia quittera Tahiti pour Raimiti, lundi prochain vers midi.

Teaki sera du voyage pour une semaine à Moorea. Etant en vacances scolaires,
il partira demain avec moi pour aller découvrir la ville et surtout Moorea
et la maison de Maluha, où il n’a jamais été. Comme il adore Ava-Iti et que
c’est réciproque, cela devrait plus que bien se passer.

D’ici 2 ans, Teaki ne pourra plus continuer sa scolarité sur Fakarava. A
partir de la 6éme, les enfants doivent partir en pensionnat sur les atolls
de Rangiroa ou Makemo et parfois Hao où il y a des collèges. En général, mis
à part quelques cas, c’est l’échec complet sur toute la ligne. Pour Teaki,
l’idée de continuer sur Moorea germe et, il faut laisser pousser !

Tetamanu et un super snorkling était au programme de nos visiteurs pour le
matin et, après le lunch, ils sont allés à la Lune pour « palmemasquetubater
» dans la pouponnière des bénitiers et petits poissons. Le tout, ayant pour
décor, un jardin de corail d’une grande richesse. Malgré le mauvais temps du
début, ils vont repartir enchantés. C’est Francis qui a assuré les 2
promenades de la journée.

Pour le moment, je me sens un peu mal à l’aise à cause des animaux. Castor
et Rutu qui doivent sentir le vent venir du départ, ne me lâchent pas les
savates. Même Foufou qui a pourtant avalé ses 2 ature du jour et revenu
s’installer a la boutique après son poisson de 16H alors qu’habituellement,
dés le poisson gobé, il repart rejoindre ses frères et sœurs pour passer la
nuit avec eux sur un autre motu. Cela risque d’en faire sourire plus d’un
mais je vous affirme que les animaux pressentent les changements qui vont
contrarier leurs habitudes et, qu’ils le montrent.

45 minutes plus tard. J’ai du arrêter mes écrits pour m’occuper de Foufou
qui a goulument avalé un troisième ature. Dans la foulée, pas question
d’ignorer « handicapée » qui a voulu sa part. Du coup, j’ai été dire « Nana
» aux poules, aux canards et aux cochonnes. Pour les lapins, se sera plus
tard ce soir en partageant un biscuit « Sao » qu’ils adorent.

Le journal de Raimiti va donc partir en vacances dés ce soir. Le prochain
épisode écrit de Raimiti est prévu pour le 30 mars. Je ne vous laisserai pas
sans nouvelles aussi longtemps mais, je ne promets pas un envoi quotidien
non plus.

Ce retour avec et dans le monde va sûrement provoquer chez moi, des émotions
et des réflexions bien différentes de ce que je ressens ici, je ne manquerai
pas de vous les faire partager.

Fin de journée et fin de ce journal avec un superbe coucher de soleil et
dans une sensation de quiétude totale qui enveloppe le motu.
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