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Présentation de Raimiti
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Journal de Bord

mardi 9 février 2010, le matin.

A la seconde tasse de café de ce matin, mon nouvel ami, que je ne quitte
plus affichait 1004 hPa, voilà une belle remontée depuis hier. Il n’a pas
plu de la nuit et, il y a presque du vrai soleil ce matin. C’est la
résurrection pour tous, sauf pour les canards et les cochonnes qui avaient
l’air de bien apprécier la gadoue.

Pat, a eu la bonne idée de changer de route et de quitter notre direction
pour partir sur le Sud-ouest. Nous sommes (en principe) hors de sa route et
franchement : OUF ! C’est moins cool pour les autres (îles Cook) mais il
faut savoir partager. Pas toujours tout pour les mêmes.

Nos visiteurs du moment ont passé la mâtiné à Irifa beach, 3 kilomètres de
plage déserte et de sable rien que pour eux, ils vont apprécier, j’en suis
sûr.

A midi, petit stop de nos amis T.Dive venus du Nord pour, après leurs
plongées à Tetamanu, faire une petite halte pique-nique chez nous.

Matinée paperasse pour moi et passation de mes activités à Junior. Même si
nous n’avons pas trop de visiteurs pendant mon absence, il va y avoir de
quoi s’occuper. Deux stagiaires s’imposent de plus en plus a l’entrée de la
boutique-bureau. L’aigrette « Handicapée » et Foufou y passent des heures et
tentent de faire barrage et filtrer les visiteurs indésirables que sont Rutu
et Castor.

Fin de journée.

Irifa beach, c’était trop bien ce matin, aussi, après le lunch, ils y sont
retournés passer le reste de l’après midi.

Junior et Varo, gonflés d’optimisme à bloc car ils y croient, sont au
remontage de notre ponton emporté par la houle.

Les T.Divers sont repartis au village sur un lagon assez calme, le vent
glissant de plus en plus vers l’Est.

Je suis pratiquement à jour de mes papiers, commandes et autres obligations
administratives. J’ai même commencé mon baluchon pour mon futur périple. Je
vais essayer de partir sans sac ni valise. C’est un exercice que je compte
tenter pour savoir si je suis capable d’appliquer ce que la vie m’apprend
ici. En général et jusqu’à ce jour, lorsque je voyage, je trimbale toutes
ces petites choses qui me semblent indispensables (comme beaucoup d’entre
nous) et souvent, au retour, je me fais la réflexion de constater que bien
des choses ont été d’aucune utilité. Cette fois ce sera différent, tout
devra entrer dans le sac à bagage autorisé en cabine. Ni plus, ni moins,
juste l’essentiel. Reste à savoir et décider de ce qui est essentiel !

Les jours se suivent et se ressemblent. De la grosse pluie est tombée toute
la nuit. Petite amélioration ce matin avec dés 8H, quelques trous de bleu
ici et là. Le baromètre est reparti a la baisse, avec à l’heure du café, un
petit 999 hPa. Le bleu risque de ne pas durer bien longtemps.

Téléphone de Maluha pour m’apprendre que la nouvelle dépression Pat qui
était sur les Samoa est devenue cyclone et qu’il se dirige maintenant sur
nous.

Pas eu de le temps de se remettre d’Oli que Pat risque d’arriver. Là, le
moral commence à dérouiller.

Il faudra attendre au moins 24 à 48H pour être fixé sur ce qui risque de se
passer.

J’ai bien connu une miss Pat dans ma jeunesse et je peux vous affirmer que
lorsqu’elle était en rogne, il valait mieux gagner les abris. Pourvu qu’il
n’y ait pas trop de similitudes entre ces 2 Pat. Je sais par expérience
qu’il est préférable d’éviter de mettre les « Pat » en colère car cela
n’apporte rien de bon.

De mon coté, ce n’est pas encore la grande forme. Je crains d’être «
handicapé » à mon tour pour un moment. Comme d’habitude, cela tombe à un
bien mauvais moment. Entre la météo exécrable, les préparatifs du départ
(dans 3 jours), les mille et une choses à faire avant ce départ et
maintenant, devoir se re préparer pour un éventuel cyclone, il y a comme une
grande lassitude qui s’installe.

Coté très positif de ce mauvais temps, une amie d’Afrique que j’avais perdu
de vue depuis bien longtemps a fini par trouver mon adresse. Grace à
internet (que je critique souvent), les contacts sont renoués et…..c’est
génial. Le temps passe, nos vies aussi, des milliers de kilomètres nous
séparent et pourtant l’amitié reste indélébile.

Francis a fait le capitaine cet après midi pour nos visiteurs. J’ai voulu
suivre pour voir si je pouvais supporter les secousses sans trop de peine en
prévision du futur voyage jusqu’au village. Ce n’était pas génial mais comme
dirait Cécile (une amie),……… ça là fait !

Zaza et Camille ont fait le plein de koperu, ature et autres komene, je suis
reparti de Tetamanu avec un gros sac plein et mes oiseaux auront de quoi
manger pour plus de 15 jours.

Le ciel était presque découvert pendant notre balade et quelques rayons
solaires sont venus caresser les panneaux solaires de Raimiti qui n’y
croyaient plus.

Fin de journée presque calme sur le motu. Le vent, toujours au Nord est
entrain de faiblir. Il n’y aura pas de coucher de soleil mais l’horizon est
bien moins bouché.
Le temps reste au mauvais, les grains succèdent les grains, un fort vent de
Nord souffle non stop et malgré tout, l’air ambiant reste très lourd. Le
moral commence à s’en ressentir et je bataille seul pour ne pas basculer
dans le coté obscur de la force.

Malgré ce mauvais temps qui dure, nous avons commencé les gros travaux de
ménage et de remise en ordre pour effacer les traces dues au mauvais temps.
Tout en faisant ce travail, il m’arrive de douter de la dépense de toute
cette énergie alors que tout peut être balayé en quelques minutes.

Suite aux conséquences indirectes du cyclone, le Cobia m’a téléphoné ce
matin. Notre voyage spécial du 8 février est annulé et reporté au 15. Dire
que j’avais tout organisé depuis 2 mois pour ce Cobia qui doit livrer entre
autres choses, une nouvelle installation solaire qui devait être installée
avant mon départ. Tout tombe à l’eau, tout est reporté et je ne peux rien
faire d’autre que subir !

J’ai appelé tous mes autres fournisseurs pour m’assurer que ma marchandise
ne parte pas sur une autre île lointaine et il ne reste plus qu’à croiser
les doigts pour que tout se passe bien.

En attendant, nous allons devoir faire très attention au carburant et à
l’intendance pour tenir jusqu’au prochain bateau.

Je dois quitter Raimiti dans une semaine et j’espérais que tout serait livré
et OK pour tenir jusqu'à fin mars. Et ben NON !

J’arrête là pour ce soir, je risque d’être négatif si j’insiste. Vivement
demain qui sera un autre jour.
Pas de journal hier. Fortes pluies non stop depuis vendredi, il y en a ras
le bol et ras les cuves. Impossible de bosser à l’extérieur avec ce mauvais
temps, aussi avec Francis, je suis allé poser le dernier faux plafond en
tissus dans un fare coté Tua. Notre tâche était achevée à plus de 9O%
lorsque l’échelle sur laquelle j’étais s’est mise à glisser puis à tomber.
Je vous rassure tout de suite, l’échelle n’a pas le moindre bobo. Par
contre, moi, c’est un peu moins bien. Dans la glissade vers le sol, j’ai
perdu l’équilibre, rebondi quelque peu et fort mal sur les parois de la
cabine de douche pour finalement terminer mon crash entre la cabine de
douche et les WC. Aucune grosse plaie ouverte mais un chapelet de
contusions, de la hanche jusqu’au cou. Il m’a fallu un bon moment pour
retrouver mon souffle et une respiration normale. Ne crachant ni ne pissant
du sang, j’étais un peu rassuré sur les dégâts internes possibles. J’ai fini
le reste de la journée allongé, sans être vraiment capable de bouger.

Après une première nuit de sommeil entrecoupée de moments plus ou moins
douloureux, je diagnostique au minimum une côte de fêlée et peut être un peu
plus. Mais ce matin, j’arrive à bouger, marcher, m’assoir et lever le bras
gauche. Le bon docteur Eric m’ayant fortement conseillé de ne plus rien
faire sinon de me reposer et attendre, je compte bien suivre ses conseils.

Du coté de la météo, même si le mauvais temps est toujours là, le baromètre
remonte difficilement mais surement la pente pour afficher ce matin, un
petit 1003 hPa.

Le même jour, l’après midi.

On a failli y croire, sur le coup des 11H, il y a eu quelques trous dans le
ciel laissant apparaître un peu de bleu. Mais cela n’a pas duré et depuis
13H, la pluie tombe à nouveau. C’est Junior qui est allé au village, mon
état physique n’aurait pas accepté pas les secousses imposées. Teaki est
reparti et les devoirs sont fait, c’est à celui de nous qui récite le mieux
« le corbeau et le renard » puisque c’était la poésie imposée et à apprendre
de la semaine.

Je me traîne difficilement du bureau au divan de la cuisine, mais il y a un
léger mieux. Pas suffisant pour remonter sur l’échelle, mais je me sens
moins cassé.

Nos 3 nouveaux visiteurs ont l’air charmant et ne se formalisent pas trop du
mauvais temps et rien que pour ça, ils sont d’emblée sympathiques.

Je ne vais pas trop traîner pour aller me coucher en espérant que demain,
tout aille mieux.
jeudi 4 février 2010, 17H15.

Oli est passé à coté de Tahiti et Moorea sans faire de dégâts humains et
c’est là l’essentiel. Pour le reste, on peut toujours reconstruire. Par
contre « la bête » continue sa route sur les Australes en se renforçant
encore. Sur Tubuaï, où devrait passer l’œil du cyclone, ils s’attendent à
des vents a 250KM/H et une houle de plus de 10 mètres. Je suis de tout cœur
et avec mes tripes avec ces pauvres gens qui risquent de « morfler » grave.
Encore une fois, ce sont les gens les plus isolés et démunis qui vont
ramasser le plus. Pourquoi Oli n’a pas eu la bonne idée de passer au dessus
de la présidence du territoire et d’emporter tous nos magouilleurs
politiciens, là, il y avait un bon ménage à faire !

Par chez nous, le temps reste crade avec gris, vent fort par moment et
grains. J’aimerai bien revoir le soleil !

Ce matin, transfert de notre Samouraï au village où l’attendait la patronne
d’une autre pension, au cas ou, il se retrouverait bloqué au village.
Transfert très secouant mais nous sommes arrivés à quai juste au moment où
la flotte recommençait à tomber. J’ai su, plus tard qu’un vol d’Air Tahiti
avait pu se poser à Fakarava et que les touristes bloqués avaient pu être
évacués.

Petite tournée dans le village où j’ai été régler mes petites dettes comme
chaque début de mois, puis direction chez Cécile et Henoa pour prendre
l’apéro. Ils n’ont pas trop de dégâts et ils devraient ré-ouvrir d’ici peu.
Pour une fois que ni les uns ni les autres n’étions absorbés à nos diverses
occupations, nous avons pu prendre le temps de laisser passer le temps alors
que la pluie tombait non stop.

Presque 2h plus tard, je me décidais à affronter le voyage retour toujours
sous la pluie. A peine avais-je quitté Cécile qu’une centaine de mètres plus
loin, sous un arbre, raide comme un I, se trouvait un gosse qui avait l’air
d’attendre. C’était Teaki !

J’ai appris que l’école était fermée et que rien ne reprendrait avant lundi.
Teaki était tout aussi trempé que les chiens qui m’avaient attendu dans la
benne de la limousine. Petit stop chez sa « mémé » pour lui permettre de se
sécher et de se changer. Du coup, je l’ai embarqué à Raimiti où il sera
aussi bien, sinon mieux qu’au village.

Notre baromètre reste scotché sur 999 hPa, affaire à suivre…
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