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Présentation de Raimiti
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jeudi 4 février 2010, 17H15.

Oli est passé à coté de Tahiti et Moorea sans faire de dégâts humains et
c’est là l’essentiel. Pour le reste, on peut toujours reconstruire. Par
contre « la bête » continue sa route sur les Australes en se renforçant
encore. Sur Tubuaï, où devrait passer l’œil du cyclone, ils s’attendent à
des vents a 250KM/H et une houle de plus de 10 mètres. Je suis de tout cœur
et avec mes tripes avec ces pauvres gens qui risquent de « morfler » grave.
Encore une fois, ce sont les gens les plus isolés et démunis qui vont
ramasser le plus. Pourquoi Oli n’a pas eu la bonne idée de passer au dessus
de la présidence du territoire et d’emporter tous nos magouilleurs
politiciens, là, il y avait un bon ménage à faire !

Par chez nous, le temps reste crade avec gris, vent fort par moment et
grains. J’aimerai bien revoir le soleil !

Ce matin, transfert de notre Samouraï au village où l’attendait la patronne
d’une autre pension, au cas ou, il se retrouverait bloqué au village.
Transfert très secouant mais nous sommes arrivés à quai juste au moment où
la flotte recommençait à tomber. J’ai su, plus tard qu’un vol d’Air Tahiti
avait pu se poser à Fakarava et que les touristes bloqués avaient pu être
évacués.

Petite tournée dans le village où j’ai été régler mes petites dettes comme
chaque début de mois, puis direction chez Cécile et Henoa pour prendre
l’apéro. Ils n’ont pas trop de dégâts et ils devraient ré-ouvrir d’ici peu.
Pour une fois que ni les uns ni les autres n’étions absorbés à nos diverses
occupations, nous avons pu prendre le temps de laisser passer le temps alors
que la pluie tombait non stop.

Presque 2h plus tard, je me décidais à affronter le voyage retour toujours
sous la pluie. A peine avais-je quitté Cécile qu’une centaine de mètres plus
loin, sous un arbre, raide comme un I, se trouvait un gosse qui avait l’air
d’attendre. C’était Teaki !

J’ai appris que l’école était fermée et que rien ne reprendrait avant lundi.
Teaki était tout aussi trempé que les chiens qui m’avaient attendu dans la
benne de la limousine. Petit stop chez sa « mémé » pour lui permettre de se
sécher et de se changer. Du coup, je l’ai embarqué à Raimiti où il sera
aussi bien, sinon mieux qu’au village.

Notre baromètre reste scotché sur 999 hPa, affaire à suivre…
Le même jour, 17H.

Je viens d’avoir Maluha au téléphone. Ils sont prêts et ils attendent. Oli
devrait arriver chez eux dans la fin de nuit vers 4 ou 5 heures du matin.
Pour le moment, à Moorea, c’est beaucoup de vent et une très forte houle
venant du Nord. Dans l’immédiat, c’est Bora-Bora et les îles avoisinantes
qui trinquent. Ils auraient une houle de plus de 6 mètres et des vents a
150KM/H.

Chez nous, le vent a tourné au Nord et même un peu au Nord-est. Le lagon
retrouve son état normal sans les déferlantes qui venaient casser et
s’écraser sur le « papa ». Par contre, c’est du coté Tua que l’océan
commence à s’exciter. Le spectacle est vraiment superbe mais quand même un
peu flippant. En observant le ciel, et Dieu sait que nous y passons du
temps, nous avons remarqué que jusqu'à hier matin, les nuages arrivaient de
l’Ouest et filaient vers l’Est. Depuis hier après midi, les vagues de nuages
arrivent du Nord et filent sur le Sud-ouest, c'est-à-dire vers Tahiti. C’est
un peu comme si un aspirateur géant tirait toute la masse nuageuse vers
Tahiti. J’avoue que cela m’inquiète car si Oli arrive à attirer toute la «
mierda » qu’il y a chez nous vers chez eux, cela risque de faire un gros
paquet pour ceux qui seraient sur la trajectoire.

A Raimiti, le baromètre continue sa pénible et lente remontée pour afficher
ce soir 998HP. Ce n’est pas encore la fête, mais je ne cesse de l’encourager
à persévérer.

A demain pour la suite de notre petite vie au Paradis…
mercredi 3 février 2010, le matin.

Le cumul des heures de sommeil qui manquaient a été rattrapé la nuit passée
et franchement, c’est bon de sentir un peu moins naze.

Le temps reste tout aussi « dégueu » mais pas d’aggravation pour le moment.
Ce matin, s’il le fallait, la traversée jusqu’au village serait possible.
Notre Japonais est sensé rentrer demain sur Tahiti pour continuer le même
jour sur l’Australie. Je comptai sur cette relative accalmie pour le
rapatrier dès ce jour au village et le faire partir au plus vite sur Tahiti.
Malheureusement, Air Tahiti ne décolle plus, toute la flotte est clouée au
sol et je ne pense pas que cela va s’arranger dans les prochaines heures.
Toutes les 6 heures, ils décident de la suite à donner et comme Oli leur
arrive dessus……

Du coté de Tahiti-Moorea, ils sont passés ce matin en alerte rouge : en
décodé cela signifie, tous aux abris, elle arrive !

Je viens d’apprendre par Maluha que sur Bora-Bora et les îles avoisinantes,
il n’y a plus aucun moyen de communication. Le vent a arraché l’antenne
centrale qui dessert le coin.

Plus de bateau, ni de ferries entre Tahiti et Moorea jusqu'à nouvel ordre.

Ici, notre baromètre remonte tout doucement la pente et affiche 996 HP. Même
si ce n’est pas génial, il y a une légère amélioration qui n’est peut être
que passagère mais que nous apprécions beaucoup.

Avec Oli qui arrive sur Tahiti, il est à craindre que les communications
soient coupées et que les mails ne passent plus. Si cela devait arriver, ne
pensez pas que cela veuille forcement dire que cela va mal pour nous. Il est
possible que le journal arrive avec un certain retard et c’est pour cela que
je m’empresse d’envoyer celui là tant que tout fonctionne normalement.
Aucune amélioration depuis hier soir. Les grains se succèdent, le vent est
déchaîné et le lagon démonté.

Au programme du matin, l’évacuation et le déménagement de tous les faré côté
lagon. Matelas, oreillers, moustiquaires, bouquins, rideaux et autres
babioles sont maintenant hors de danger et à l’ abri dans la nouvelle
cuisine. Au moins, elle sert à quelque chose !

Notre Samouraï de Japonais était bien triste de ne pas pouvoir profiter des
lieux et surtout de ne pas pouvoir aller voir les fonds marin. Zaza ayant
appelé pour savoir si nous pouvions la dépanner en café, lait en poudre,
tabac à rouler et un peu de pétrole, j’ai décidé de tenter l’aller-retour
Tetamanu avant que le lagon ne soit totalement impraticable. J’ai proposé à
notre kamikaze de m’accompagner en insistant bien sur le fait que ce ne
serait pas vraiment une partie de plaisir, mais : Bonzaï, il la voulu et il
la eu.

Zaza était toute contente d’avoir de quoi tenir quelques jours, notre fils
du soleil levant était tout heureux d’avoir pu faire un peu de snorkeling
dans la « piscine » avec quelques napoléons, il n’y avait plus qu’à prendre
le chemin du retour.

Le vent ayant encore forci pendant notre pause à Tetamanu, le retour à la
maison fut vraiment « hard », un vrai rodéo et mon Japonais était assez
crispé sur son banc. Impossible d’approcher et d’accoster à notre ponton,
les déferlantes étant bien trop puissantes. Pas plus réalisable de lui
proposer de sauter à l’eau et de regagner le bord à la nage, il se serait
surement fracassé sur le corail et comme il est déconseillé de « perdre »
ses clients en cette période de crise, c’est par le langage des signes que
j’ai demandé à nos gars de nous rejoindre au hoa, seul endroit où je pouvais
tenter mon débarquement sans trop de casse. L’entrée en slalom dans le Hoa
fut assez coton car il y a 3 grosses patates de corail qui bouchent plus ou
moins l’entrée et qui étaient totalement invisibles. Mais, j’ai réussi mon
coup et « même pas mal » m’a susurré le kau, une fois à l’intérieur.

Avec les gars, nous avons réussis à faire un mouillage provisoire puis,
retour a pieds pour tous, vers la maison en passant par Tua pour un lunch
bien mérité. Le Japonais a beaucoup dit « merci » et encore « merci », il a
aussi dit que pour l’après midi, il allait rester tranquille dans son fare !

Dommage, il a loupé l’activité de l’après midi. Après le lunch, nous sommes
repartis (à pieds) jusqu’au Hoa en trimballant de grosses amarres. Nous
avons tendu la plus grosse en travers du hoa et rattachés nos kau a cette
sécurité supplémentaire. Impossible de faire plus, il n’y a plus qu’à
attendre, espérer et croiser les doigts.

Le baromètre ne vas pas mieux, à l’heure où j’écris, il affiche 903 HP soit
encore 1 petit HP de moins qu’hier. Ce n’est donc pas fini.

La météo nous annonce enfin que nous sommes (les Tuamotu) dans une zone
dépressionnaire, il était grand temps…… car ce phénomène n’a hélas rien à
voir avec Oli qui arrive par de l’autre coté. Si les 2 se retrouvent, on va
vraiment pouvoir commencer à flipper ! Nous serons surement fixés d’ici
quelques 24 à 48 heures.

Du coté de Moorea, j’ai quotidiennement Maluha au téléphone. Là aussi, ils
s’organisent avec réserves d’eau, de piles, de nourriture etc.… Jusqu'à
maintenant, ils avaient du beau temps mais depuis 15H, le vent force et le
ciel se couvre. Le « show » ne va pas tarder à commencer chez eux.

Encore merci des nombreux courriers que le journal reçoit chaque jour,
impossible de se sentir seul et cela fait beaucoup de bien.

En ouvrant le courrier de ce matin, un message de Patrick (celui qui m’a
offert le baromètre, il y a quelques années) a touché toute la rédaction de
notre gazette et nous avons décidé de le publier :

En ouvrant ma connexion, Je vous fais par de mes réflexions,

Alors que notre cher Eric subit sa nouvelle tropicale dépression.

Il n’oublie pas sa mission, de nous relater quotidiennement sa version,

De sa vie pleine d’émotion, et de son esprit toujours en action.

Une fois encore avec détermination et sans rémission.

Il est en surpression face à cette naturelle manifestation.

D’autres seraient déjà en dépression, face à ces cycloniques Succions.

Mais lui en réaction, nous envoie ses publications.

Par contradiction et quelques fois avec dérision.

Au loin l’idée de démission, il suit ses pulsions.

Et, avec ambition, pense déjà à ses futures constructions.

Alors que je sirote mon infusion, en lisant ses impressions,

C’est avec désolation que je découvre les pontons de sa pension.

Laissez-moi lui dire mon admiration, devant tant de dévotion.

Aussi, en ces moments de fortes tensions, et tant que fonctionnent les
transmissions,

Je lui adresse, mes encouragements avec mentions & toute mon affection.

Patrick….çion.

Quelques lignes avant de filer dormir. Après une nuit « diluvienne »
accompagnée de gros tonnerre et méchants éclairs, il y a eu ce matin une
petite accalmie relative et j’en ai profité pour raccompagner Teaki au
village. Au retour, nous devions être 3, mais madame Lonbalgie et son homme
ont préféré reprendre l’avion pour Tahiti. Seul mon Japonais du jour, petit
fils et arrière petit fils de Samourai ne s’est pas dégonflé pour rentrer
avec moi. Dire que le lagon était quelque peu agité n’est pas un doux
euphémisme, je pense que pas une jointure, pas un cartilage, aucun os ni
même les disques n’ont été épargnés et ce soir, j’ai comme quelques
difficultés a me mouvoir normalement.

La météo reste vraiment très instable, il fait bien trop lourd, la pluie
n’apporte aucune fraicheur, les nuages au ras du lagon ont une sale couleur
et la deuxième couche bien plus haute en altitude n’est pas non plus
sympathique, le vent souffle encore et toujours du Nord pour nous dire que
ce n’est pas fini. Pour confirmer cela et officialiser nos angoisses, une
nouvelle alerte de dépression tropicale qui pourrait tourner Cyclone est en
formation a quelques 1500KM au Nord Ouest de Tahiti et se dirige, en se
renforçant vers le Sud-Est, c'est-à-dire : Nous. Cette petite nouvelle se
nome OLI.

Du coup, nous revoilà a renforcer les amarres des mouillages, doubler et
même tripler celles des kau. Planquer ce qui risquerait de s’envoler car ils
prévoient pour cette nuit des vents a plus de 100KM/H. je n’avais jamais vu
le baromètre aussi bas, il affiche péniblement 994 HP (hecto pascal). C’est
tout comme, si nous étions dans une dépression qui se créerait au dessus de
nous.

En attendant le bulletin météo de demain, je vais vite aller dormir quelques
heures si c’est possible.
Pas beaucoup dormi la nuit passée et pas eu besoin de réveil pour me lever
avec les premières lueurs du jour.

Le coté Tua reste toujours aussi calme et on a du mal à croire que 200
mètres plus loin, coté lagon, la tempête continue avec autant d’ardeur.
J’ose et veux croire que le plus méchant est passé. Pas plus de dégâts
graves pour le moment que ceux annoncés hier. Nous avons pu récupérer une
bonne partie du ponton cassé et nous devrions pouvoir le remettre en place
lorsque les choses redeviendront à la normale. Pour ce qui est de la météo,
il n’y a pas de changement, c’est toujours aussi fort, les grains se
succèdent, la visibilité est presque nulle, le lagon impraticable, et
pourtant la houle parait un peu moins forte.

Mes transferts (arrivées) du jour sont d’ores et déjà annulés, on reporte
tout à demain.

Par contre, quel plaisir ce matin que de recevoir autant de messages de
soutien. Merci à vous tous et toutes, vous ne pouvez pas savoir à quel point
cela réchauffe le cœur et remonte le moral qui aurait tendance à suivre la
chute du baromètre et redonne de l’espoir.

Au de-là de la beauté de ces éléments déchainés qui nous rappelle notre
misérable petitesse et notre fragilité, voir nos œuvres, résultat de notre
travail de fourmis, accomplies bien souvent dans des conditions difficiles
avec toute notre ardeur et qui se retrouvent détruites en quelques minutes,
il y a de quoi saper le moral et briser les rêves. Mais, même si cette
tempête marche et piétine sur mes rêves, nous nous relèverons et encore
merci de vos messages qui nous y aide.

Depuis ce matin et l’ouverture très matinale de mon bureau boutique d’où je
fais le journal et surveille les grains qui se succèdent, Foufou et
Handicapée ainsi que les 2 chiens, squattent l’entrée. Ils ne veulent pas
bouger. Qui est censé rassurer qui, là est la question ?
Pour le moment c’est simplement totalement couvert. Entre gris et noir,
presque pas de vent, sinon un très léger souffle de Nord-Ouest. De gros
nuages qui percent ici et là et un calme général beaucoup trop calme. Le
moral du baromètre de Patrick n’en peut plus de chuter.

Nous n’avons que 2 visiteurs pour le moment, des plongeurs. Nicolas du
centre de plongée du Nord a fait spécialement le trajet pour qu’ils puissent
plonger a Tetamanu.

Hier, Junior a récupéré le 175 CV du Camzaz. Le kau étant planqué dans le
hoa voisin, le moteur ne sera remonté qu’après l’alerte météo.

RAS du coté des poules qui pondent, des canards énervés de leur
emprisonnement, de madame Canard qui couve, des cochonnes qui vaquent
librement à leurs occupations, des lapins qui tondent la pelouse, de Foufou
qui réclame plus de nourriture que d’habitude et d’Handicapée qui monte la
garde devant la porte de ma boutique.
Nous sommes assez mal, la tempête est arrivée dans la nuit et depuis, elle
ne fait qu’empirer. Tout arrive par l’Ouest : le vent, la pluie et la houle.
Le côté lagon est totalement déchainé et impraticable.

Mes 2 visiteurs qui devaient nous quitter demain ont préféré jouer la
sécurité et vu la dégradation de la météo, nous sommes partis au village
juste après le petit déjeuner. 2 heures de « croisière s’amuse » dans une
lessiveuse et 110 litres d’essence plus tard (alors qu’il en faut au maximum
50 pour faire la route), nous étions dans la rade du port du village. J’ai
lâché les 2 partants et au moment des adieux, la dame m’a dit avoir fait
déjà fait 2 fois la « Transat » mais que notre traversée du lagon de
Fakarava resterait inoubliable et un grand moment !

Les 2 arrivants étaient déjà sur le quai à notre arrivée et, s’ils étaient
hésitants de savoir si oui ou non, ils allaient tenter l’expérience, notre
état général et nos têtes ont du finir de les dissuader. Un couple charmant,
sûrement des gens à la retraite venant gouter au calme et a la sérénité des
lieux. La dame venant juste de finir de se remettre d’une vilaine lombalgie
!

Il a vite été décidé qu’il valait mieux rester au village et que si demain
il y avait une amélioration, je viendrai les chercher puisque j’ai une
arrivée au programme.

Teaki qui n’était pas revenu à Raimiti depuis les dernières vacances ne
s’est pas laissé convaincre et il a fait le voyage retour. Retour pire que
l’aller avec une très forte houle, des bourrasques de vent et de grosses
pluies. C’est la première fois que j’ai littéralement surfé sur des
déferlantes dans le lagon avec le R3. Malgré les cirés et les combinaisons,
nous sommes arrivés totalement trempés mais surtout frigorifiés. Impossible
d’accoster au ponton tant les déferlantes étaient fortes. J’ai du me mettre
en sécurité au mouillage qui est au large. Varo est venu récupérer Teaki en
kayak et je suis rentré à la nage.

Dans l’après midi, la houle est encore montée et de nos 2 pontons, il n’en
reste plus qu’un. En ce moment, la mer lèche les murs du restaurant, tout
est plus qu’humide à l’intérieur, la digue en iri iri qui relie le
restaurant au ponton est entrain de se faire la valise, beaucoup de branches
d’arbres cassées ici et là, j’espère que nous en sommes au maximum du
méchant car bientôt, la nuit va tomber.

Voilà où nous en sommes. Aux dernières nouvelles du village, ce que nous
subissons n’aurait rien à voir avec la dépression dont tout le monde parle
mais avec une autre qui se serait formée à coté et bien plus proche de nous.
Vu la violence et la force, je serais très surpris si il n’y avait pas de
dégâts sur notre atoll.

Pas de journal hier. C’était une des plus belles journées de « bleus » que
j’ai connu à ce jour. Point de blabla, des photos suivront.

Nuit assez chaude et sans vent, mais grâce au ventilateur de Jacques, elle
est restée très agréable.

Aujourd’hui Raimiti est vide de visiteur, nous en profitons pour traînasser
un peu, en attendant la prochaine arrivée de demain.

Ca y est, la cane couve ses 15 œufs, elle ne bouge plus de son nid et pour
qu’elle puisse avoir une paix royale, les 3 males sont maintenant séparés
d’elle par un grillage. Ils n’ont pas l’air d’apprécier cette séparation
imposée mais, madame Canard a l’air ravie.

Chez les humains, je ne peux, hélas, pas mettre un grillage lorsque ça
coince entre les gens et c’est bien dommage. Les choses se passent assez mal
entre les 2 mecs qui restent et hier soir, au moment de faire le journal,
Francis est venu m’annoncer qu’il partirait par le prochain Cobia qui
passera par Raimiti. J’ai eu ensuite droit à la visite de l’autre gars qui
est venu m’expliquer que Francis avait intérêt à se calmer avant que lui, ne
le calme sérieusement. Sachant que Francis ne risque pas de faire le poids
devant l’autre, il fallait apaiser les esprits. Tout ça, pour une histoire
de 5 pieds de pastèques que le premier a repiqué dans un endroit qui n’avait
pas l’agrément du second. Cela me fait rêver car nous disposons de 6
hectares !!!!!!

Le temps de régler cette histoire de pastèques, il était trop tard pour
mettre le journal sous presse.

Il est évident que le départ imprévu de Francis va compliquer notre
organisation puisque nous sommes déjà en effectif réduit, mais comme il y a
une solution à chaque problème, nous allons nous réorganiser en conséquence.


Mathias est là ainsi que leur nouveau moniteur. Le nouveau ressemble assez à
Bob Marley mais en version blanche. Depuis hier, Mathias lui montre les
sites de plongées et notre mode de fonctionnement. Nous verrons bien s’il se
plaît chez nous. J’espère qu’il n’est pas cultivateur, cela compliquerait
encore les choses d’autant plus qu’il n’a pas le look à planter des
pastèques.

Après presque 3 jours sans le moindre vent, un léger souffle de Nord balaye
doucement le lagon depuis ce matin. Maluha m’a appelé pour m’annoncer que la
météo craignait un fort coup de vent d’Ouest pour la fin de semaine mais
cela reste à confirmer. En attendant, ce petit vent nous fait un bien fou.

14H, le même jour. Le vent commence à forcir et l’horizon à l’Ouest, passe
du bleu clair à l’encre foncée. Le temps change, c’est sûr.

Petit lunch sous les arbres en compagnie de Foufou et Handicapée. Tout le
monde a aimé ma salade de crabe glacée (passée 1h au congélateur) qui était
le plat unique de ce midi. Pour ce soir, c’est Mathias et Bob qui sont
proclamés chefs de cuisine …….on change les rôles !

Junior et les gars démontent les échafaudages qui maintiennent le Camzaz
hors de l’eau. Si le vent force et que le lagon monte, il vaut mieux être
paré et prêt à remorquer le Camzaz dans le hoa où il serait plus en
sécurité.

Au programme du jour, il nous reste à préparer le R3 pour demain. Le Cobia
arrivera dans la nuit au village et devrait débarquer son fret dés demain
matin à l’aube. Nous avons de la marchandise à récupérer mais aussi le
moteur enfin réparé du R4. Une visite du kau (R3) par les affaires maritimes
est aussi au programme de demain pour que ce bateau soit enfin immatriculé.
Junior et Mathias seront de corvée village et moi, je resterai sur le motu.

16H, plusieurs coups de téléphones venant de copains nous annoncent qu’une
dépression tropicale est déclarée à l’Ouest, du coté des îles Cook. Gros
grains, grosses pluies et grands vents seraient au menu ! Pour nous, tout
dépendra de la route que suivra cette dépression. On s’organise, les
échafaudages du Camzaz sont démontés et Junior va remorquer le R4 dans le «
hoa » protecteur. Le restaurant est barricadé, le matériel de plage remonté
bien au sec, il n’y a plus qu’à attendre la suite des événements. Nos
cuistots du soir sont déjà à l’œuvre, je crois qu’ils vont tenter de nous
surprendre.

18H, fin de cette journée. Il n’y a plus un poil d’air, le vent est
complètement retombé, tout est immobile et comme suspendu à un fil
invisible. S’il doit y avoir tempête, je ne pense pas que ce soit pour tout
de suite mais les choses se mettent en place pour le show et nous sommes aux
premières loges pour ne rien manquer du spectacle.

A suivre…

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