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Présentation de Raimiti
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Pas beaucoup dormi la nuit passée et pas eu besoin de réveil pour me lever
avec les premières lueurs du jour.

Le coté Tua reste toujours aussi calme et on a du mal à croire que 200
mètres plus loin, coté lagon, la tempête continue avec autant d’ardeur.
J’ose et veux croire que le plus méchant est passé. Pas plus de dégâts
graves pour le moment que ceux annoncés hier. Nous avons pu récupérer une
bonne partie du ponton cassé et nous devrions pouvoir le remettre en place
lorsque les choses redeviendront à la normale. Pour ce qui est de la météo,
il n’y a pas de changement, c’est toujours aussi fort, les grains se
succèdent, la visibilité est presque nulle, le lagon impraticable, et
pourtant la houle parait un peu moins forte.

Mes transferts (arrivées) du jour sont d’ores et déjà annulés, on reporte
tout à demain.

Par contre, quel plaisir ce matin que de recevoir autant de messages de
soutien. Merci à vous tous et toutes, vous ne pouvez pas savoir à quel point
cela réchauffe le cœur et remonte le moral qui aurait tendance à suivre la
chute du baromètre et redonne de l’espoir.

Au de-là de la beauté de ces éléments déchainés qui nous rappelle notre
misérable petitesse et notre fragilité, voir nos œuvres, résultat de notre
travail de fourmis, accomplies bien souvent dans des conditions difficiles
avec toute notre ardeur et qui se retrouvent détruites en quelques minutes,
il y a de quoi saper le moral et briser les rêves. Mais, même si cette
tempête marche et piétine sur mes rêves, nous nous relèverons et encore
merci de vos messages qui nous y aide.

Depuis ce matin et l’ouverture très matinale de mon bureau boutique d’où je
fais le journal et surveille les grains qui se succèdent, Foufou et
Handicapée ainsi que les 2 chiens, squattent l’entrée. Ils ne veulent pas
bouger. Qui est censé rassurer qui, là est la question ?
Nous sommes assez mal, la tempête est arrivée dans la nuit et depuis, elle
ne fait qu’empirer. Tout arrive par l’Ouest : le vent, la pluie et la houle.
Le côté lagon est totalement déchainé et impraticable.

Mes 2 visiteurs qui devaient nous quitter demain ont préféré jouer la
sécurité et vu la dégradation de la météo, nous sommes partis au village
juste après le petit déjeuner. 2 heures de « croisière s’amuse » dans une
lessiveuse et 110 litres d’essence plus tard (alors qu’il en faut au maximum
50 pour faire la route), nous étions dans la rade du port du village. J’ai
lâché les 2 partants et au moment des adieux, la dame m’a dit avoir fait
déjà fait 2 fois la « Transat » mais que notre traversée du lagon de
Fakarava resterait inoubliable et un grand moment !

Les 2 arrivants étaient déjà sur le quai à notre arrivée et, s’ils étaient
hésitants de savoir si oui ou non, ils allaient tenter l’expérience, notre
état général et nos têtes ont du finir de les dissuader. Un couple charmant,
sûrement des gens à la retraite venant gouter au calme et a la sérénité des
lieux. La dame venant juste de finir de se remettre d’une vilaine lombalgie
!

Il a vite été décidé qu’il valait mieux rester au village et que si demain
il y avait une amélioration, je viendrai les chercher puisque j’ai une
arrivée au programme.

Teaki qui n’était pas revenu à Raimiti depuis les dernières vacances ne
s’est pas laissé convaincre et il a fait le voyage retour. Retour pire que
l’aller avec une très forte houle, des bourrasques de vent et de grosses
pluies. C’est la première fois que j’ai littéralement surfé sur des
déferlantes dans le lagon avec le R3. Malgré les cirés et les combinaisons,
nous sommes arrivés totalement trempés mais surtout frigorifiés. Impossible
d’accoster au ponton tant les déferlantes étaient fortes. J’ai du me mettre
en sécurité au mouillage qui est au large. Varo est venu récupérer Teaki en
kayak et je suis rentré à la nage.

Dans l’après midi, la houle est encore montée et de nos 2 pontons, il n’en
reste plus qu’un. En ce moment, la mer lèche les murs du restaurant, tout
est plus qu’humide à l’intérieur, la digue en iri iri qui relie le
restaurant au ponton est entrain de se faire la valise, beaucoup de branches
d’arbres cassées ici et là, j’espère que nous en sommes au maximum du
méchant car bientôt, la nuit va tomber.

Voilà où nous en sommes. Aux dernières nouvelles du village, ce que nous
subissons n’aurait rien à voir avec la dépression dont tout le monde parle
mais avec une autre qui se serait formée à coté et bien plus proche de nous.
Vu la violence et la force, je serais très surpris si il n’y avait pas de
dégâts sur notre atoll.

Pour le moment c’est simplement totalement couvert. Entre gris et noir,
presque pas de vent, sinon un très léger souffle de Nord-Ouest. De gros
nuages qui percent ici et là et un calme général beaucoup trop calme. Le
moral du baromètre de Patrick n’en peut plus de chuter.

Nous n’avons que 2 visiteurs pour le moment, des plongeurs. Nicolas du
centre de plongée du Nord a fait spécialement le trajet pour qu’ils puissent
plonger a Tetamanu.

Hier, Junior a récupéré le 175 CV du Camzaz. Le kau étant planqué dans le
hoa voisin, le moteur ne sera remonté qu’après l’alerte météo.

RAS du coté des poules qui pondent, des canards énervés de leur
emprisonnement, de madame Canard qui couve, des cochonnes qui vaquent
librement à leurs occupations, des lapins qui tondent la pelouse, de Foufou
qui réclame plus de nourriture que d’habitude et d’Handicapée qui monte la
garde devant la porte de ma boutique.
Pas de journal hier. C’était une des plus belles journées de « bleus » que
j’ai connu à ce jour. Point de blabla, des photos suivront.

Nuit assez chaude et sans vent, mais grâce au ventilateur de Jacques, elle
est restée très agréable.

Aujourd’hui Raimiti est vide de visiteur, nous en profitons pour traînasser
un peu, en attendant la prochaine arrivée de demain.

Ca y est, la cane couve ses 15 œufs, elle ne bouge plus de son nid et pour
qu’elle puisse avoir une paix royale, les 3 males sont maintenant séparés
d’elle par un grillage. Ils n’ont pas l’air d’apprécier cette séparation
imposée mais, madame Canard a l’air ravie.

Chez les humains, je ne peux, hélas, pas mettre un grillage lorsque ça
coince entre les gens et c’est bien dommage. Les choses se passent assez mal
entre les 2 mecs qui restent et hier soir, au moment de faire le journal,
Francis est venu m’annoncer qu’il partirait par le prochain Cobia qui
passera par Raimiti. J’ai eu ensuite droit à la visite de l’autre gars qui
est venu m’expliquer que Francis avait intérêt à se calmer avant que lui, ne
le calme sérieusement. Sachant que Francis ne risque pas de faire le poids
devant l’autre, il fallait apaiser les esprits. Tout ça, pour une histoire
de 5 pieds de pastèques que le premier a repiqué dans un endroit qui n’avait
pas l’agrément du second. Cela me fait rêver car nous disposons de 6
hectares !!!!!!

Le temps de régler cette histoire de pastèques, il était trop tard pour
mettre le journal sous presse.

Il est évident que le départ imprévu de Francis va compliquer notre
organisation puisque nous sommes déjà en effectif réduit, mais comme il y a
une solution à chaque problème, nous allons nous réorganiser en conséquence.


Mathias est là ainsi que leur nouveau moniteur. Le nouveau ressemble assez à
Bob Marley mais en version blanche. Depuis hier, Mathias lui montre les
sites de plongées et notre mode de fonctionnement. Nous verrons bien s’il se
plaît chez nous. J’espère qu’il n’est pas cultivateur, cela compliquerait
encore les choses d’autant plus qu’il n’a pas le look à planter des
pastèques.

Après presque 3 jours sans le moindre vent, un léger souffle de Nord balaye
doucement le lagon depuis ce matin. Maluha m’a appelé pour m’annoncer que la
météo craignait un fort coup de vent d’Ouest pour la fin de semaine mais
cela reste à confirmer. En attendant, ce petit vent nous fait un bien fou.

14H, le même jour. Le vent commence à forcir et l’horizon à l’Ouest, passe
du bleu clair à l’encre foncée. Le temps change, c’est sûr.

Petit lunch sous les arbres en compagnie de Foufou et Handicapée. Tout le
monde a aimé ma salade de crabe glacée (passée 1h au congélateur) qui était
le plat unique de ce midi. Pour ce soir, c’est Mathias et Bob qui sont
proclamés chefs de cuisine …….on change les rôles !

Junior et les gars démontent les échafaudages qui maintiennent le Camzaz
hors de l’eau. Si le vent force et que le lagon monte, il vaut mieux être
paré et prêt à remorquer le Camzaz dans le hoa où il serait plus en
sécurité.

Au programme du jour, il nous reste à préparer le R3 pour demain. Le Cobia
arrivera dans la nuit au village et devrait débarquer son fret dés demain
matin à l’aube. Nous avons de la marchandise à récupérer mais aussi le
moteur enfin réparé du R4. Une visite du kau (R3) par les affaires maritimes
est aussi au programme de demain pour que ce bateau soit enfin immatriculé.
Junior et Mathias seront de corvée village et moi, je resterai sur le motu.

16H, plusieurs coups de téléphones venant de copains nous annoncent qu’une
dépression tropicale est déclarée à l’Ouest, du coté des îles Cook. Gros
grains, grosses pluies et grands vents seraient au menu ! Pour nous, tout
dépendra de la route que suivra cette dépression. On s’organise, les
échafaudages du Camzaz sont démontés et Junior va remorquer le R4 dans le «
hoa » protecteur. Le restaurant est barricadé, le matériel de plage remonté
bien au sec, il n’y a plus qu’à attendre la suite des événements. Nos
cuistots du soir sont déjà à l’œuvre, je crois qu’ils vont tenter de nous
surprendre.

18H, fin de cette journée. Il n’y a plus un poil d’air, le vent est
complètement retombé, tout est immobile et comme suspendu à un fil
invisible. S’il doit y avoir tempête, je ne pense pas que ce soit pour tout
de suite mais les choses se mettent en place pour le show et nous sommes aux
premières loges pour ne rien manquer du spectacle.

A suivre…

INFORMATIONS METEOROLIQUES SPECIALES du MERCREDI 27 JANVIER 2010
Le point sur la dépression NISHA

La dépression tropicale modérée Nisha a été nommée par le centre météo
régional des FIJI aujourd’hui Mercredi à 0500 Heures locales. Elle était
centrée à 370 Km au nord de Niue et à 1800 Km de la Polynésie française,
elle se déplace à 20 km/h vers les Iles Cook. Les vents maximums sont
estimés actuellement à 90 KM/H. Elle pourrait concerner la Polynésie
française au-delà des prochaines 72 heures.

Cette situation est conforme à l’analyse d’un El Nino modéré fait en début
de saison.

Le centre de prévision de Faa’a suit l’évolution de NISHA. Météo France
informera la population dans ses bulletins réguliers de l’évolution du
phénomène. En concertation avec la Protection Civile et en fonction de la
situation, des avis météorologiques exceptionnels seront émis.

Les conseils de comportement sont décrits sur la plaquette « Alerte
cyclonique sur la Polynésie française » qu’on peut trouver dans les mairies
ou sur la page dédiée à la Protection Civile sur le site Internet du Haut
Commissariat http://www.polynesie-francaise.pref.gouv.fr/

Dégradation du temps sur la Polynésie française dans les prochaines 48
heures.

En marge de la dépression, un temps pluvieux va déjà s’installer sur la
Société et sur les Îles Tuamotu.



Voilà le message que nous avions tous ce matin. J’ai eu beaucoup de mal à
faire fonctionner mon internet, un ami m’ayant envoyé par erreur une tonne
de ces petites choses qui fonctionnent si bien chez vous, pays de haut débit
et qui ici, paralysent tout le système spécial bas débit que nous avons.

Merci à tous de ne pas m’envoyer de diaporama et autres dossiers attachés,
sauf si vous voulez me priver totalement d’accès internet.

Pour le moment, notre météo locale reste comme celle d’hier. Ce n’est ni
mieux, ni pire. Le vent est reparti du Nord mais laisse le lagon très
praticable. Nous aviserons en conséquence si les choses évoluent.

Du coté de Tahiti, Moorea et Bora Bora, il pleut des trombes et pour le
moment, nous restons à l’ écart de ce mauvais temps.
Lundi 25 janvier, 18H30.

Depuis ce matin, il n’y a plus le moindre souffle d’air. Le lagon est aussi
lisse et brillant qu’un miroir, impossible de savoir où est l’horizon et je
ne vous parle pas de la chaleur.

Mes marseillais qui voulaient partir un jour plus tôt que prévu ont changé
d’avis ce matin et finalement, ils ne partiront que demain comme
initialement prévu. Peut être que le dîner d’hier soir en est la cause à
moins qu’ils ne commencent à comprendre et apprécier notre mode de vie
sûrement très différent du leur. Les langues se délient et notre pyromane
nous a avoué, un peu mal à l’aise, qu’il était pompier de métier. Non !
Chers lecteurs, je n’ai fait aucun commentaire.

Matinée passée à l’ombre et sous le jet d’eau à Raimiti, j’en ai profité
pour mettre mes listes de courses à jour pour ma prochaine tournée en ville.

Lunch sous les arbres avec Junior et Elvina ou nous avons dégustés une
omelette comme Florian adore pour ensuite, filer à Tetamanu. Mon incendiaire
de pompier et sa complice en ont profité pour refaire un snorkeling dans la
passe. J’ai livré du tabac à rouler à Zaza et Camille qui frisaient la
rupture de stock et nous sommes revenus à la maison en compagnie de Mathias
qui venait de finir un remplacement chez Sane.

Bien évidement, j’avais oublié mon appareil photo alors que j’avais toute
matière première sous et au dessus de mon nez pour en faire de superbes. Les
nuages et leurs reflets dans le lagon ne formant qu’un tout. La double bande
de cocotiers, celle du motu et le reflet parfait de ces mêmes cocotiers sur
l’eau. L’horizon ayant totalement disparu pour faire un « Raimiti » parfait
et pour finir, un lagon d’une clarté et d’une limpidité à couper le souffle.

Si demain, nous avons le même type de temps, il y aura pas mal de photos.

Le coté Tua étant lui aussi très calme, Mathias m’a invité (et je n’ai pas
refusé) à aller faire quelques bulles dans le grand bleu. Que vous dire
sinon que c’était super nul. Des poissons partout, des couleurs que je ne
peux même pas tenter de décrire, une ambiance totale de bien être et de
bonheur et pour conclure, un petit groupe de 4 et un autre de 5 dauphins qui
sont venus faire leurs acrobaties aquatiques presque sous notre nez.

Ce soir, je ne devrais pas avoir besoin de prozac ou autre lexomil pour
m’endormir avec l’assurance de faire de beaux rêves.
Fin d’après midi très calme à Raimiti. Nos visiteurs du moment ainsi que
Florian sont bien partis avec le vol d’Air Tahiti de ce midi arrivé, avec 1
heure….d’avance sur l’horaire. Ils font vraiment de plus en plus fort dans
cette compagnie. Comme 2 arrivées étaient au programme du jour, je n’ai pas
pu rester longtemps à l’aéroport. Le temps de récupérer un sac de pain et
surtout les fruits et légumes enfin arrivés, nous repartions sur Raimiti.

Teaki aurait bien aimé faire parti du voyage mais comme je ne retournerai
pas au village avant mardi, il est rest酅. sur le quai !

Une fois les nouveaux visiteurs installés par Elvina, les garçons (Junior,
Varo et Francis) sont allés refaire, aidés de leurs fusils harpon, le plein
de poissons frais. Ils viennent de revenir et il y a de quoi tenir un bon
moment. Des perroquets, des chirurgiens, des loches, des carangues et un
superbe Tarefa constituent l’essentiel du tableau de chasse.

Cela me fait tout drôle de me retrouver d’un seul coup, si « seul » sur le
motu, après le départ de l’ami Florian. Je vais pouvoir reprendre mes manies
de vieux garçon Robinson même si pour moi aussi, le compte à rebours a déjà
commencé en ce qui concerne mon retour provisoire dans le monde des «
civilisés ».

Le vent a totalement cessé, je pense que la nuit risque d’être chaude et,
pour au cas où j’aurais raison, j’ai installé dans mon fare le ventilateur
sur pied prêté par Jacques. Je suis totalement prêt à affronter la canicule
nocturne qui s’annonce !

Rien de plus pour ce jour, il fait encore jour et je vais aller profiter du
hamac qui est désespérément vide.
Le rideau est déjà tombé à l’Est, il reste un pâle rayon de lumière à
l’Ouest qui disparait petit à petit et la nuit enveloppe doucement le motu
où seulement raisonne au loin le doux ronron du groupe électrogène.

Nos 2 visiteurs du moment ont assez de mal à s’adapter à notre petite vie
sur le motu. Des citadins de Marseille pour lesquels, le choc culturel et le
mode de vie sont peut-être un peu trop brutaux. Difficile pour nous de
proposer plus ou ce que nous n’avons pas. On tente de faire au mieux mais il
est clair que perdus au fin fond du motu, ils ne sont pas vraiment dans leur
élément. La nuit passée, ils ont failli mettre le feu dans leur fare avec un
tortillon allumé sans remettre la protection qui va au dessus. La
moustiquaire, un oreiller et la taie sont bons pour aller directement à la
poubelle…….cela aurait pu être bien pire.

Visite ce midi des Top.Divers du village qui étaient venus plonger au Sud.
Petite tablée de 7 personnes et comme nous venions de recevoir nos fruits et
légumes, cela n’a pas été bien compliqué pour les contenter.

Après midi passée à Tetamanu avec mes 2 visiteurs pyromanes et Varo qui a
voulu suivre le mouvement. Ils ont pu faire la rentrante….. qui sortait,
avec Varo comme guide, alors que, je suis resté sur le kau avec les 2
toutous pour assurer la sécurité. J’espère qu’ils ont aimé. Habituellement,
j’ai droit à une montagne de commentaires lorsque les gens ressortent de
l’eau. Comme l’explique Muriel Robin, ils ont sûrement beaucoup aimé, mais
c’était une joie intérieure !

Petite visite chez Zaza et Camille, rien de spécial à raconter sinon que
tout est calme à Tetamanu.

Retour à la maison en longeant les bancs d’iri-iri. Les chiens n’ont rien
trouvé de mieux que de sauter alors que j’étais à pleine vitesse. Ils ont
sûrement vu un requin ou une ombre trompeuse. Pour leur donner une petite
leçon de « on ne saute pas sans l’accord du capitaine », j’ai continué ma
route sur 500 bons mètres avant de m’arrêter et de les attendre. Ils
n’étaient pas très fiers de leur coup !

Ce soir, pour tenter de satisfaire nos visiteurs, nous allons leur faire le
dîner qui est habituellement réservé aux amoureux du motu. On verra bien si
cela fonctionne !

Côté météo, le vent nul d’hier est revenu par le Nord ce matin, nous
laissant craindre le pire mais quelques heures plus tard, nous étions
revenus à « pas de vent ». Moustiques et nonos risquent d’être de sortie ce
soir. Si mes marseillais ne les aiment pas, ce n’est hélas pas réciproque.
Rien que du bleu et un soleil de fou. Même le vent d’Est n’arrive plus à
m’apporter un peu de fraîcheur et par moment : je rame.

Irifa playa ce matin et Tetamanu cet après-midi pour nos visiteurs. Ce soir,
ils sont tous plus ou moins cramés, je me sens moins seul !

Demain matin, départ de ce petit monde et de Florian, Raimiti se vide.

Ce matin, après avoir déposé ma petite équipe àIrifa, j’ai eu droit à ma
première leçon de « vidange » d’huile et d’entretien mensuel de notre groupe
électrogène donnée par Junior. Il y a certaines choses que je ne faisais pas
jusqu'à maintenant et qui étaient de la seule responsabilité de Junior. Je
commence maintenant à m’intéresser à ces petites choses pour pouvoir être
tout à fait opérationnel, efficace et prendre la relève de ces postes
lorsqu’il partira à son tour.

Le prochain sur la liste des départs, c’est moi !

Je vais quitter Raimiti le 13 février pour Tahiti où une série de RDV plus
ou moins « merdiques » m’attendent. Faire le plein des courses pour Raimiti
que je livrerai au Cobia et prendre un billet d’avion pour le premier vol
allant à Los Angeles.

Je pensais pouvoir partir avant ce 13 février, mais il y a 2 jours, la
société qui installe et entretient notre équipement solaire m’a confirmé son
passage chez nous pour le 8 février. Comme il y a pas mal de choses qui ne
fonctionnent pas comme cela devrait et qu’en plus, ils doivent nous
installer un nouveau jeu solaire pour mon fare coté Tua. Ma présence est
plus qu’indispensable si je veux savoir comment fonctionne ce matériel. En
outre, comme le « big chef » de la maintenance ne passe que tous les 3 ans
et qu’il sera du voyage, autant ne pas le louper.

Ensuite, 2 jours de « Stop » sont prévus à LAX, il faut bien ça pour
permettre à un sauvage du motu perdu de Fakarava pour reprendre pied avec la
civilisation. J’en profiterai pour acheter le billet d’avion suivant qui
devrait m’emmener du coté de Paris ainsi qu’un bon tricot pour ne pas crever
de froid en France. Je pensais partir en pareo et savates car ma garde robe
est assez réduite et aussi pour feinter les fouilles àl’embarquement, mais
comme je n’ai pas vraiment envie de visiter les prisons de l’ami Obama, je
vais jouer la prudence.

Il est fort possible que pendant cette période, le journal soit mis « en
veilleuse » Cela ne devrait pas aller au delà du 20 mars, date à laquelle il
faudra que je sois revenu sur mon motu.

Voilà pour les nouvelles du jour. La lune est ce soir dans sa moitié, le
lagon n’en peut plus de briller.
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