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Présentation de Raimiti
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Journal de Bord

INFORMATIONS METEOROLIQUES SPECIALES du MERCREDI 27 JANVIER 2010
Le point sur la dépression NISHA

La dépression tropicale modérée Nisha a été nommée par le centre météo
régional des FIJI aujourd’hui Mercredi à 0500 Heures locales. Elle était
centrée à 370 Km au nord de Niue et à 1800 Km de la Polynésie française,
elle se déplace à 20 km/h vers les Iles Cook. Les vents maximums sont
estimés actuellement à 90 KM/H. Elle pourrait concerner la Polynésie
française au-delà des prochaines 72 heures.

Cette situation est conforme à l’analyse d’un El Nino modéré fait en début
de saison.

Le centre de prévision de Faa’a suit l’évolution de NISHA. Météo France
informera la population dans ses bulletins réguliers de l’évolution du
phénomène. En concertation avec la Protection Civile et en fonction de la
situation, des avis météorologiques exceptionnels seront émis.

Les conseils de comportement sont décrits sur la plaquette « Alerte
cyclonique sur la Polynésie française » qu’on peut trouver dans les mairies
ou sur la page dédiée à la Protection Civile sur le site Internet du Haut
Commissariat http://www.polynesie-francaise.pref.gouv.fr/

Dégradation du temps sur la Polynésie française dans les prochaines 48
heures.

En marge de la dépression, un temps pluvieux va déjà s’installer sur la
Société et sur les Îles Tuamotu.



Voilà le message que nous avions tous ce matin. J’ai eu beaucoup de mal à
faire fonctionner mon internet, un ami m’ayant envoyé par erreur une tonne
de ces petites choses qui fonctionnent si bien chez vous, pays de haut débit
et qui ici, paralysent tout le système spécial bas débit que nous avons.

Merci à tous de ne pas m’envoyer de diaporama et autres dossiers attachés,
sauf si vous voulez me priver totalement d’accès internet.

Pour le moment, notre météo locale reste comme celle d’hier. Ce n’est ni
mieux, ni pire. Le vent est reparti du Nord mais laisse le lagon très
praticable. Nous aviserons en conséquence si les choses évoluent.

Du coté de Tahiti, Moorea et Bora Bora, il pleut des trombes et pour le
moment, nous restons à l’ écart de ce mauvais temps.
Lundi 25 janvier, 18H30.

Depuis ce matin, il n’y a plus le moindre souffle d’air. Le lagon est aussi
lisse et brillant qu’un miroir, impossible de savoir où est l’horizon et je
ne vous parle pas de la chaleur.

Mes marseillais qui voulaient partir un jour plus tôt que prévu ont changé
d’avis ce matin et finalement, ils ne partiront que demain comme
initialement prévu. Peut être que le dîner d’hier soir en est la cause à
moins qu’ils ne commencent à comprendre et apprécier notre mode de vie
sûrement très différent du leur. Les langues se délient et notre pyromane
nous a avoué, un peu mal à l’aise, qu’il était pompier de métier. Non !
Chers lecteurs, je n’ai fait aucun commentaire.

Matinée passée à l’ombre et sous le jet d’eau à Raimiti, j’en ai profité
pour mettre mes listes de courses à jour pour ma prochaine tournée en ville.

Lunch sous les arbres avec Junior et Elvina ou nous avons dégustés une
omelette comme Florian adore pour ensuite, filer à Tetamanu. Mon incendiaire
de pompier et sa complice en ont profité pour refaire un snorkeling dans la
passe. J’ai livré du tabac à rouler à Zaza et Camille qui frisaient la
rupture de stock et nous sommes revenus à la maison en compagnie de Mathias
qui venait de finir un remplacement chez Sane.

Bien évidement, j’avais oublié mon appareil photo alors que j’avais toute
matière première sous et au dessus de mon nez pour en faire de superbes. Les
nuages et leurs reflets dans le lagon ne formant qu’un tout. La double bande
de cocotiers, celle du motu et le reflet parfait de ces mêmes cocotiers sur
l’eau. L’horizon ayant totalement disparu pour faire un « Raimiti » parfait
et pour finir, un lagon d’une clarté et d’une limpidité à couper le souffle.

Si demain, nous avons le même type de temps, il y aura pas mal de photos.

Le coté Tua étant lui aussi très calme, Mathias m’a invité (et je n’ai pas
refusé) à aller faire quelques bulles dans le grand bleu. Que vous dire
sinon que c’était super nul. Des poissons partout, des couleurs que je ne
peux même pas tenter de décrire, une ambiance totale de bien être et de
bonheur et pour conclure, un petit groupe de 4 et un autre de 5 dauphins qui
sont venus faire leurs acrobaties aquatiques presque sous notre nez.

Ce soir, je ne devrais pas avoir besoin de prozac ou autre lexomil pour
m’endormir avec l’assurance de faire de beaux rêves.
Fin d’après midi très calme à Raimiti. Nos visiteurs du moment ainsi que
Florian sont bien partis avec le vol d’Air Tahiti de ce midi arrivé, avec 1
heure….d’avance sur l’horaire. Ils font vraiment de plus en plus fort dans
cette compagnie. Comme 2 arrivées étaient au programme du jour, je n’ai pas
pu rester longtemps à l’aéroport. Le temps de récupérer un sac de pain et
surtout les fruits et légumes enfin arrivés, nous repartions sur Raimiti.

Teaki aurait bien aimé faire parti du voyage mais comme je ne retournerai
pas au village avant mardi, il est rest酅. sur le quai !

Une fois les nouveaux visiteurs installés par Elvina, les garçons (Junior,
Varo et Francis) sont allés refaire, aidés de leurs fusils harpon, le plein
de poissons frais. Ils viennent de revenir et il y a de quoi tenir un bon
moment. Des perroquets, des chirurgiens, des loches, des carangues et un
superbe Tarefa constituent l’essentiel du tableau de chasse.

Cela me fait tout drôle de me retrouver d’un seul coup, si « seul » sur le
motu, après le départ de l’ami Florian. Je vais pouvoir reprendre mes manies
de vieux garçon Robinson même si pour moi aussi, le compte à rebours a déjà
commencé en ce qui concerne mon retour provisoire dans le monde des «
civilisés ».

Le vent a totalement cessé, je pense que la nuit risque d’être chaude et,
pour au cas où j’aurais raison, j’ai installé dans mon fare le ventilateur
sur pied prêté par Jacques. Je suis totalement prêt à affronter la canicule
nocturne qui s’annonce !

Rien de plus pour ce jour, il fait encore jour et je vais aller profiter du
hamac qui est désespérément vide.
Le rideau est déjà tombé à l’Est, il reste un pâle rayon de lumière à
l’Ouest qui disparait petit à petit et la nuit enveloppe doucement le motu
où seulement raisonne au loin le doux ronron du groupe électrogène.

Nos 2 visiteurs du moment ont assez de mal à s’adapter à notre petite vie
sur le motu. Des citadins de Marseille pour lesquels, le choc culturel et le
mode de vie sont peut-être un peu trop brutaux. Difficile pour nous de
proposer plus ou ce que nous n’avons pas. On tente de faire au mieux mais il
est clair que perdus au fin fond du motu, ils ne sont pas vraiment dans leur
élément. La nuit passée, ils ont failli mettre le feu dans leur fare avec un
tortillon allumé sans remettre la protection qui va au dessus. La
moustiquaire, un oreiller et la taie sont bons pour aller directement à la
poubelle…….cela aurait pu être bien pire.

Visite ce midi des Top.Divers du village qui étaient venus plonger au Sud.
Petite tablée de 7 personnes et comme nous venions de recevoir nos fruits et
légumes, cela n’a pas été bien compliqué pour les contenter.

Après midi passée à Tetamanu avec mes 2 visiteurs pyromanes et Varo qui a
voulu suivre le mouvement. Ils ont pu faire la rentrante….. qui sortait,
avec Varo comme guide, alors que, je suis resté sur le kau avec les 2
toutous pour assurer la sécurité. J’espère qu’ils ont aimé. Habituellement,
j’ai droit à une montagne de commentaires lorsque les gens ressortent de
l’eau. Comme l’explique Muriel Robin, ils ont sûrement beaucoup aimé, mais
c’était une joie intérieure !

Petite visite chez Zaza et Camille, rien de spécial à raconter sinon que
tout est calme à Tetamanu.

Retour à la maison en longeant les bancs d’iri-iri. Les chiens n’ont rien
trouvé de mieux que de sauter alors que j’étais à pleine vitesse. Ils ont
sûrement vu un requin ou une ombre trompeuse. Pour leur donner une petite
leçon de « on ne saute pas sans l’accord du capitaine », j’ai continué ma
route sur 500 bons mètres avant de m’arrêter et de les attendre. Ils
n’étaient pas très fiers de leur coup !

Ce soir, pour tenter de satisfaire nos visiteurs, nous allons leur faire le
dîner qui est habituellement réservé aux amoureux du motu. On verra bien si
cela fonctionne !

Côté météo, le vent nul d’hier est revenu par le Nord ce matin, nous
laissant craindre le pire mais quelques heures plus tard, nous étions
revenus à « pas de vent ». Moustiques et nonos risquent d’être de sortie ce
soir. Si mes marseillais ne les aiment pas, ce n’est hélas pas réciproque.
Rien que du bleu et un soleil de fou. Même le vent d’Est n’arrive plus à
m’apporter un peu de fraîcheur et par moment : je rame.

Irifa playa ce matin et Tetamanu cet après-midi pour nos visiteurs. Ce soir,
ils sont tous plus ou moins cramés, je me sens moins seul !

Demain matin, départ de ce petit monde et de Florian, Raimiti se vide.

Ce matin, après avoir déposé ma petite équipe àIrifa, j’ai eu droit à ma
première leçon de « vidange » d’huile et d’entretien mensuel de notre groupe
électrogène donnée par Junior. Il y a certaines choses que je ne faisais pas
jusqu'à maintenant et qui étaient de la seule responsabilité de Junior. Je
commence maintenant à m’intéresser à ces petites choses pour pouvoir être
tout à fait opérationnel, efficace et prendre la relève de ces postes
lorsqu’il partira à son tour.

Le prochain sur la liste des départs, c’est moi !

Je vais quitter Raimiti le 13 février pour Tahiti où une série de RDV plus
ou moins « merdiques » m’attendent. Faire le plein des courses pour Raimiti
que je livrerai au Cobia et prendre un billet d’avion pour le premier vol
allant à Los Angeles.

Je pensais pouvoir partir avant ce 13 février, mais il y a 2 jours, la
société qui installe et entretient notre équipement solaire m’a confirmé son
passage chez nous pour le 8 février. Comme il y a pas mal de choses qui ne
fonctionnent pas comme cela devrait et qu’en plus, ils doivent nous
installer un nouveau jeu solaire pour mon fare coté Tua. Ma présence est
plus qu’indispensable si je veux savoir comment fonctionne ce matériel. En
outre, comme le « big chef » de la maintenance ne passe que tous les 3 ans
et qu’il sera du voyage, autant ne pas le louper.

Ensuite, 2 jours de « Stop » sont prévus à LAX, il faut bien ça pour
permettre à un sauvage du motu perdu de Fakarava pour reprendre pied avec la
civilisation. J’en profiterai pour acheter le billet d’avion suivant qui
devrait m’emmener du coté de Paris ainsi qu’un bon tricot pour ne pas crever
de froid en France. Je pensais partir en pareo et savates car ma garde robe
est assez réduite et aussi pour feinter les fouilles àl’embarquement, mais
comme je n’ai pas vraiment envie de visiter les prisons de l’ami Obama, je
vais jouer la prudence.

Il est fort possible que pendant cette période, le journal soit mis « en
veilleuse » Cela ne devrait pas aller au delà du 20 mars, date à laquelle il
faudra que je sois revenu sur mon motu.

Voilà pour les nouvelles du jour. La lune est ce soir dans sa moitié, le
lagon n’en peut plus de briller.
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