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Présentation de Raimiti
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L’eau du ciel est tombée non stop toute la nuit et au petit matin, c’était
pire : un vrai déluge. Pour le transfert du jour, pas moins de 15 partants.
Un lagon déchainé, un ciel totalement noir et un bon vent de Nord et Nord
Ouest. Une vraie partie de plaisir en perspective !!!

Pour cette petite excursion, nous avons préféré y aller avec 2 kau. Le R3
pour les passagers et le kau de T.Dive pour les bagages. Tout a été presque
parfait jusqu'à moitié chemin lorsque, suite a l’oubli de changement de
nourrice d’essence du kau T.Dive, ce dernier est tombé en carafe. Après
l’avoir convenablement alimenté, impossible de remettre la bête en route.

Ayant juste le temps nécessaire pour arriver au village dans les temps, nous
avons transbordé les valises, les sacs et les glacières dans le R3 qui avait
tout du boat people surchargé. Le T.Dive est resté sur place bien ancré.
Nous sommes arrivés dans les temps après une belle séance de « secouages »
dans tous les sens. Je crois que si parmi nos passagers, il y en avait qui
avaient besoin de massages et de remise en place des « nonos », c’est chose
faite. J’ai déjà fait par le passé des traversées difficiles et celle de ce
jour prend une des premières places du palmarès. Quoi qu’il en soit, j’ai eu
de la chance d’avoir à bord que des gens compréhensifs et confiants, au
raisonnement honnête et surtout, de ne pas avoir eu, une âme du genre
Missrimel (une visiteuse plus que malhonnête et menteuse dans ses
commentaires sur T.Advisor).

Après avoir laissé notre petit monde à l’aéroport, c’est en compagnie de
Francis et Teaki nous sommes revenus au village. Un stop lunch chez Cécile
était obligatoire avant de penser à s’attaquer au retour et ce petit repas,
bien installés au sec et au chaud fut vraiment apprécié. Petit stop chez
Nunu où de nombreux panneaux affichent que tous les crédits sont MORTS
depuis le 3 janvier 2010. Autre stop chez la pâtissière du village où un
autre panneau annonçait le même décès. Il doit y avoir quelques problèmes
d’encaissement avec les crédits en cours au village.

Retour à la maison avec les mêmes conditions météo mais cette fois nous
étions avec un vent arrière qui a bien facilité les choses. Francis est
resté aux commandes du R3 et après avoir attaché le kau T.Dive en remorque,
nous sommes doucement repartis sur Raimiti. Il m’a fallu un bon quart
d’heure de bidouillages divers du coté des nourrices d’essence, de la
robinetterie et des filtres a essences pour admettre mon incompétence totale
car tout était normal.

C’est en prenant place au volant du kau que toute la lumière divine passant
par mes yeux fatigués s’est posée sur le petit truc en plastique que les
pros appellent « coupe circuit ». Il n’était pas en place et je pense, que
Francis, avec le lagon démonté du matin, a dû le faire sauter sans voir ce
qui se passait. Comme toute notre attention était focalisée sur l’essence,
nous ne risquions pas trouver.

Fin d’après midi tranquille à Raimiti avec les premiers trous bleus dans le
ciel ici et là. J’en ai profité pour faire une pause lecture sur la terrasse
côté TUA. Je n’avais pas lu 10 pages du bouquin que les 2 chiens se sont mis
à aboyer comme des fous. Un gars arrivait à pieds venant du coté du village.
N’ayant plus personne à Raimiti, ce ne pouvait être un des nôtres. Il m’a
fallu tenir fortement les chiens très contrariés de cette visite imprévue.
Le gars est finalement arrivé à la maison avec comme seul vêtement, un
lambeau de T-shirt qui ne cachait pas grand-chose. Dans un état de grande
fatigue, il m’a demandé de l’eau et ensuite, après avoir longuement bu, il a
expliqué.

Partis hier avec un copain sur un kau, ils devaient aller à Irifa apporter
des provisions à ceux qui y font actuellement le copra. Le mauvais temps, le
lagon déchainé et la panne moteur : voilà les 3 éléments qui transforment
une traversée d’une heure en cas de détresse. L’équipement du kau devant
être plus que sommaire, ils sont partis à la dérive vers l’Ouest. Vu l’état
du lagon, le kau a dû se remplir d’eau et à8 heures du soir, le bateau
coulait. Ils ont nagés toute la nuit (jusqu’à 5 heures du matin) pour
regagner la cote Est, récupérer quelques forces et reprendre la route à
pieds (nus) et le reste du corps aussi, vers le lieu habité le plus proche,
c'est-à-dire Irifa.

J’ai donné un pareo au naufragé et lui ai proposé de le pousser d’un coup de
kau jusqu'à sa destination finale, mais il a préféré finir les 2 kilomètres
restants par ses propres moyens. En ce qui concerne le second naufragé, je
sais seulement qu’il a pu regagner la côte Est et qu’il est en vie.

J’en saurai un peu plus en allant faire un tour à Irifa dés demain.

Coucher de soleil incroyablement beau, nous avons bien pensé à notre super
mamie Georgette qui rêvait d’en voir un et qui n’a vu que du gris et du
noir. Comme ils disent en Suisse : c’est mal fait !
Le matin :

Le mauvais temps dure et perdure. Il a plu presque toute la nuit et le jour
est arrivé avec sa palette de gris comme hier. Le vent est reparti au Nord
et le lagon moutonne ardemment avec nombres de petites crêtes blanches.

Petite promenade matinale le long du « papa » mais aucune trace d’une
bouteille de vin, je me demande ce que fait Mathias ? Si rien ne vient dans
les prochaines heures, j’irai moi-même en jeter une du ponton et 30 minutes
plus tard, j’aurai la fabuleuse idée d’aller faire un tour sur la plage
d’Irifa où surprise…..je trouverai une bouteille de rouge !

Pas de sortie prévue pour ce matin, nous avons proposé de faire une
tentative à la lune, mais, je crois qu’ils ont été assez secoués et mouillés
hier.

Notre mamie Georgette s’adapte fort bien à la vie du motu malgré le mauvais
temps et cela fait vraiment chaud au cœur de voir que pour se sentir bien
chez nous, il n’y a pas de limite d’âge et que tout est question d’état
d’esprit. Elle aurait beaucoup aimé voir un de nos fameux « coucher de
soleil » et jusqu'à maintenant c’est vraiment loupé, alors, si les instances
supérieures me lisent, ce serait vraiment cool de faire un trou de bleu à
l’Ouest sur le coup des 17H30. Merci d’avance.

Fin d’après midi :

Après le lunch de midi, j’ai réussi à décider ma petite équipe de braver les
éléments pour une petite sortie à Irifa. L’endroit habituellement très calme
avec une eau cristalline était remplacé par une plage bien agitée sous le
coup des déferlantes et l’eau claire, remplacé par du milkshake dans lequel
on aurait versé une goutte de curaçao bleu. Cela n’a pas empêché mes chinois
d’aller pêcher et de revenir avec des becs de cane et un joli requin que
Castor et Rutu se sont chargés d’achever. Baignade plus ou moins « surfante
et secouante » pour les autres et malgré la grisaille, la trempette fut bien
agréable avec une eau suffisamment chaude. L’opération « remontée » des
visiteurs dans le kau et retour à la maison m’a fait penser à un rodéo
aquatique. Les 3 gars (Junior, Francis et Varo) nous attendaient en bout de
ponton pour aider à l’accostage et au transfert kau-ponton et c’était tout a
fait justifié.

Elvina a passée une bonne partie de l’après midi aux fourneaux pour préparer
le dîner de cette joyeuse équipe qui garde le moral malgré le vilain temps.
Gratin de crabe, filets de perroquet sauce orange et légumes sautés puis
gâteau au chocolat pour finir et fêter l’anniversaire de notre Super mamie.

Dernière soirée de travail pour Vai qui rentrera demain sur Tahiti avec sa
fille. Ses bagages sont bouclés mais elle m’a dit, qu’elle n’était vraiment
pas pressée de partir. Son départ risque d’être émotivement difficile
puisqu’il n’y a pas de date retour de fixée. Pour Francis qui veut rester,
cela risque de ne pas être si simple sans sa « vahine ».

La fin de la journée s’approche et rien de prometteur ne se passe à l’Ouest
pour un petit et joli coucher de soleil. Je constate que les instances d’en
haut sont aussi efficaces et à l’écoute que les préposés de la poste.

Voilà pour le résumé de cette journée qui s’achève tranquillement dans la
grisaille.
Nouvelle journée passée dans les tons de gris clair, foncé et même noir. Le
vent est passé au Nord, j’espère que Mathias a pensé à jeter une bouteille
de vin rouge au lagon, puisque je suis dans l’axe.

Ce matin, avec mes 15 visiteurs nous sommes allés à Tetamanu faire une
sortante puisque le courant en avait décidé ainsi. Mise à l’eau de tous mes
têtards au niveau de chez Sané et récupération de l’équipe à l’extérieur de
la passe. Visiblement, tout le monde a eu le temps d’en prendre plein les
yeux.

Visite de courtoisie à Camille, puis visite du motu avec explications
historiques en passant par la case église dont j’avais les clefs. Retour à
la maison avec un superbe orage qui venait sur nous, donc inévitable. Pas
besoin de douche à l’arrivée, ils ont tous été dessalés gratis et même plus
qu’il ne fallait. Il m’a fallu un peu de temps pour me réchauffer mais mon
«pote » Baron d’Arignac était là pour me secourir.

Nous sommes retournés à Tetamanu dans l’après midi pour une pêche à la
traîne à l’extérieur de la passe. Bien moins nombreux que ce matin, juste 3
« accros » m’accompagnaient en plus des 2 chiens et de Teaki. Pas mal
d’oiseaux mais aucune chasse en vue : 3 carangues et 1 beau tarefa, voilà
pour le tableau de pêche, c'est-à-dire un résultat très moyen !

Alors que j’écris ces lignes, le service météo de Raimiti annonce en direct
un changement brutal du vent avec un glissement du Nord à l’Ouest alors que
Junior est en plein BBQ et grillade de rougets. Nous craignons le pire (pour
les rougets).
mercredi 6 janvier 2010, le matin.

Suite au succès incontestable de l’article de Ludmila d’hier, aux très
nombreux mails reçus en retour, à notre centrale téléphonique totalement
saturée par vos nombreux appels, à la rédaction prise d’assaut et à la
mini-émeute spontanée sur le motu bloquant le passage du lagon à Tua, je
vous promet de continuer à vous abreuver de saines lectures les jours de
pluie.

Raimiti étant à la pointe de l’info, dont il faut tenir compte, le prochain
sujet pour la prochaine grosse pluie sera :

Les diverses Apocalypses prévues pour les années à venir.

Avec ces précieux renseignements, vous devriez avoir le temps de faire vos
valises et vos cartons, obtenir quelques prêts bancaires, faire des
promesses que vous n’aurez pas à tenir, bref : vous préparer !

Au sommaire, vous aurez le choix entre :

2012 avec Nibiru

6 septembre 2017 avec le cataclysme zapotèque

8 juillet 2022 avec l’invasion réticulienne

3 avril 2033 avec les alpagas de l’Apocalypse

Sinon, il y a aussi « le trou explosif » : un vendredi a 21H47 dans les 23
années qui viennent.

Comme vous pouvez le constater, le choix des catastrophes à venir ne manque
pas et si jamais une de ces prédictions était fausse, il reste de quoi
espérer avec les autres.

Pour plus de détails du déroulement d’une ou de toutes de ces fins
annoncées, merci de contacter la rédaction.

A part ça, la pluie ne tombe plus même si le ciel reste très gris. Le vent
souffle toujours du côté Tua et il fait moins chaud.

Hier, j’ai été au village pour récupérer 13 nouveaux arrivants : des
français et des chinois de Tahiti. Par chance nous avons pu faire les 2 sens
sans prendre trop de pluie.

Je suis plus inquiet pour la traversée de ce jour où je dois récupérer une
dame qui frôle les 80 printemps.

21H. le même jour.

Finalement, la traversée aller-retour village n’a pas été aussi pire que ce
que je craignais. Notre mamie est en fait une super-mamie et dés demain,
elle ira découvrir Tetamanu si la météo le permet.

Je ne serais pas plus bavard ce soir, la journée a été longue.
mardi 5 janvier 2010, le matin.

La pluie tombe toujours et je n’ai rien de plus à vous raconter qu’hier. Une
lectrice avisée m’a conseillé de me pencher un peu plus sur le « puzzle »
pour mieux faire passer le temps, mais je n’accroche vraiment pas !

Reste pour moi la possibilité de faire aussi court qu’hier (c’est raté
puisque j’en suis déjà à la cinquième ligne) ou au contraire de vous en
mettre une super tartine qui risque d’être un peu indigeste en cas de
consommation matinale avec le café.

J’opte pour la méga tartine : en contrôlant les ménages des fare coté récif
en prévisions des arrivées du jour, je suis tombé sur un article de la
romancière Ludmila Oulitskaia qui s’interroge sur la conscience humaine.
Voilà quelqu’un, à des milliers de kilomètres de notre petit paradis, qui
(pour moi) a su trouver les mots qui conviennent pour dépeindre la situation
de l’homme et de la planète terre d’aujourd’hui. Ce qu’elle écrit et les
questions qu’elle se pose, c’est en partie aussi, ma façon de penser et peut
être que certains d’entre vous sont aussi dans ce cas. Cela ne changera
surement rien à rien, mais parfois il est bon de se sentir moins seul à
penser certaines choses et comme cela ne coûte rien de partager…

BONNE LECTURE.

Il existe des milliers de scénarios de fin du monde, imaginés aussi bien par
des illuminés incultes de diverses tendances religieuses que par des
scientifiques extrêmement qualifiés et réfléchis. La crise actuelle n’est en
fait que la minuscule pointe de l’iceberg d’une catastrophe planétaire que
l’humanité a tenté, durant toute la seconde moitié du XX siècle, de conjurer
ou, pour les citoyens plus ordinaires, d’ignorer. L’une des principales
caractéristiques de l’époque actuelle est, a mon sens, le changement brutal
non pas de l’un des paramètres de notre existence, mais de tous ces
paramètres sans exception, y compris la nature biologique de l’être humain,
qui s’est soudain mis à manifester des propriétés jusque-là insoupçonnées.

Les lois fondamentales sur lesquelles s’appuyait notre conscience ont
commencé à chanceler, ou du moins à montrer leurs limites. La pérennité de
l’existence de notre espèce biologique, homo sapiens, la seule capable de
réfléchir, de se connaitre elle-même, à ce qu’il nous semblait (aujourd’hui,
cela est remis en doute), cette pérennité, assurée par la stabilité de notre
lieu de vie, l’immuabilité de notre planète, est elle aussi remise en cause.
Le pouvoir de l’homme sur la nature s’est révélé être une illusion. Les
processus qui accompagnent la vie des humains mettent désormais en danger
l’existence même de leur planète. Les conséquences de nos activités sont
déjà irréversibles, et le progrès scientifique et technique ne permet pas de
réparer les dégâts infligés à notre environnement. La société de
consommation a presque « consommé » la planète.

L’astrophysicien britannique sir Martin Rees, qui fait sans aucun doute
parties des scientifiques les plus compétent du moment, estime que
l’humanité a autant de chances d’arriver au XXII siècle que de ne pas y
arriver. Les plus optimistes de ses confrères pensent qu’il nous reste
quelques milliards d’années avant que le rideau tombe. Ce pronostic là me
semble encore plus irréaliste. Quoi qu’il en soit, la question est
clairement posée, et il est évident que la manière dont l’homme a organisé
sa vie sur la Terre est catastrophique. D’un coté, la misère, les épidémies,
les famines. De l’autre, une superproduction de produits alimentaires et de
consommation, un luxe inouï et dément. Des guerres absurdes, une agressivité
incontrôlable, des sciences extrêmement développées, alors que la moitié de
l’humanité ou presque reste analphabète. Evidement, derrière tous ces
phénomènes, il y a une crise de la conscience et des systèmes mythologiques
issus de cette conscience. Si on veut bien admettre cela, il faut aussi
admettre l’effondrement de toutes les mythologies, les relativement
anciennes comme les relativement récentes. Cela concerne en particulier les
mythes sociaux et politiques.

Les deux modèles sociaux de base, le capitalisme et le communisme,
n’existent à ce jour ni dans la réalité ni dans le champ de la science.
C’est un théâtre d’ombres. Ceci doit donc inciter à renoncer aux clichés
idéologiques d’autrefois. Nous avons subi un choc tectonique. Le passé s’est
détaché du présent. Et il semble qu’il n’y ait pas d’avenir. De ce point de
vue, il est trop tard pour se demander si le monde sera bipolaire ou
multipolaire, capitaliste ou socialiste, démocratique ou totalitaire.
Désormais, il faudrait repartir d’une page blanche. L’expérience passée
n’est plus adaptée au contexte nouveau. L’humanité s’accroit, la planète
rétrécit, les réserves d’eau et d’air pur diminuent, tout comme la quantité
totale de chlorophylle, et les déchets radioactifs et chimiques
s’accumulent.

Alors, de quoi faut-il discuter ? De l’évolution spécifique de la Russie ?
Des différences subtiles entre Occident et Orient ? De la tendance
eurasienne de notre pays ? Tout cela est dépassé. Maintenant, le seul sujet
qui doit nous occuper, c’est de penser que si l’on ne bouge pas, si l’on
n’opère pas un changement de conscience, nous allons tous disparaitre
jusqu’au dernier ; les Noirs et les Blancs, les musulmans et les hindous,
les pauvres et les riches, les homos et les hétéros, les faucons et les
colombes, les militants de droite et ceux de gauche.

La crise est un phénomène pénible mais purificateur. C’est une occasion de
revoir les axiomes et les règles, les lois et les schémas, les stéréotypes
et les poncifs qui emprisonnent notre conscience. Cela s’applique d’abord
aux constructions idéologiques. Aujourd’hui, les paramètres chamboulés du
monde forcent à réévaluer le matériau qui forme notre conscience. L’humanité
n’a aucune chance de survie si cette conscience n’atteint pas un autre
niveau, en rejetant les vieux mythes, en se libérant des égoïsmes nationaux
et corporatistes ; si l’humanité n’apprend pas à penser la vie comme la
valeur suprême et à l’appréhender au sens large en y incluant la faune et la
flore, en considérant sa propre espèce biologique comme la plus organisée,
peut être, mais pas comme une espèce qui peut consommer toutes les autres.
Il faut revoir l’idée de la consommation comme base de l’existence, de la
société de consommation comme structure du monde. Il y a une monstrueuse
distorsion : l’humain raisonnable est devenu un humain consommateur, ce qui
a mis l’ensemble de la planète dans une situation catastrophique. J’ignore
quels sont les mécanismes qui permettraient d’encourager ce processus de
révision du monde, de renouvellement de la conscience. Mais, quoi qu’il en
soit, il est indispensable d’aborder un nouveau mode de pensée et de
s’attaquer à l’élaboration d’une stratégie de survie.

On peut dire pour conclure que l’âge d’or vient de s’achever. Nous n’avons
pas réalisé que l’époque dévolue à notre génération, la seconde moitié du XX
siècle, a été, malgré toute sa cruauté, une époque d’abondance comme on n’en
avait jamais vu auparavant. Nous n’avons pas connu la famine et les
répressions politiques, contrairement à nos grands-parents ; nous avons pu,
dans notre jeunesse, voyager à travers un pays immense et magnifique
(l’URSS), profiter des plages désertes et cueillir des fruits des bois dans
des forêts fabuleuses, boire l’eau pure des ruisseaux, pêcher dans des lacs,
respirer de l’air non pollué et les pluies qui tombaient conformément aux
saisons, n’étaient ni acides ni alcalines, elles étaient bienfaisantes. Nous
avons subi les privations des années d’après-guerre, ou du moins les
restrictions, mais, par la suite, nous sommes devenus si riches que nous
avons cessé de porter la même paire de chaussure pendant des décennies. Nous
avons acheté des vêtements neufs couteux, au lieu de les user à l’endroit et
à l’envers. Nous nous sommes équipés de réfrigérateurs et de téléviseurs,
sans remarquer que cette révolution était plus importante que celle
d’Octobre. Insensiblement nous nous sommes mis à vivre dans le monde du
futur, arrivé sans crier gare. Après, les frontières se sont ouvertes, et
nous, les ex Soviétiques, nous avons pu découvrir Paris et Rome, le Caire et
Delhi. Nous avons oublié les tickets de rationnement pour le pain et nous
sommes habitués à voir les rayons des magasins crouler sous toutes sortes
d’articles.

Tout cela est fini. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère,
définitivement. Le monde ne connaitra plus jamais une aussi monstrueuse
prodigalité, un tel luxe. Non pas parce que tout ce que nous avons eu va
être partagé avec des pays où les gens marchent pieds nus et s’habillent
d’un bout de tissu qu’ils tiennent de leur grand mère, mais parce que le
monde ne peut dorénavant plus vivre comme il a vécu lors de la seconde
moitié du XX siècle. Il ne le pourra plus jamais.

Nous avons refusé de nous restreindre volontairement. Désormais, nous y
serons forcés. Nous sommes arrivés à un temps ou va se produire (et cela a
déjà commencé) une révision des valeurs.

Mais que de déchets nous allons devoir évacuer de nos esprits………

Ludmila Oulitskaïa
La pluie est revenue dans la nuit et depuis elle tombe non stop. On s'occupe
comme on peut.
Plus que 2 visiteurs ce soir à Raimiti, tous les autres sont repartis vers
le monde des civilisés.

La météo reste excellente et il fait toujours bien trop chaud. Pourvu que
tout cela ne dégénère pas en cyclone ou autre catastrophe. Nous sommes très
nombreux à y penser et à le craindre. Mais comme il faut rester positif,
nous nous efforçons de positiver.

Pour ce premier jour de l’année, nous avons eu la visite de T.Dive qui était
allé plonger à Tetamanu. 22 personnes à nourrir ce midi : super pour faire
les fonds de frigidaires et je crois qu’entre la salade de dinde rôtie et la
salade spéciale « Cubaine », nous nous en sommes pas trop mal sortis.

Même si il y a eu aucun excès pour ces fêtes, ce soir, tout le monde est
plus ou moins K.O et je ne vais pas tarder à aller rejoindre le reste de la
troupe.
Les 2 derniers visiteurs sont partis hier. Junior a fait office de capitaine
et pour une fois, je suis resté à Raimiti. Elvina et Vai qui étaient de
repos ont pu suivre Junior avec un stop lunch chez Cécile avant de rentrer.
Varo étant parti de son coté passer le weekend sur son petit motu du coté de
Tetamanu, c’est un Raimiti bien vide et calme que j’ai eu à garder.

Un vrai bonheur que de retrouver ce lopin de corail sans risquer d’y croiser
quelqu’un. Le soleil était encore au rendez vous et mes activités ont étés
entrecoupées de longues et nombreuses trempettes tant coté lagon que coté
récif.

Petite soirée tranquille avec pour tous : œufs à la coque du jour. Teaki a
découvert les mouillettes beurrées et je peux vous affirmer qu’il aime.

Fin de soirée à bouquiner sur la terrasse de Tua d’où j’ai été chassé par la
pluie.

Elle est tombée non stop toute la nuit et ce matin, nous étions dans un
décor digne des Açores lorsque le mauvais si installe. Avec un peu
d’imagination, la barrière de Tua pouvait être comparée a la digue de Punta
del Galda un jour de tempête.

Comme ce dimanche sans client, nous étions tous « off », j’ai pu prendre
mon temps, déguster ma tasse de café bien au chaud et au sec à regarder les
éléments se déchaîner. C’est vraiment très agréable que de pouvoir parfois
mettre la machine au ralenti et profiter du temps qui passe.

Pour midi, c’est Florian qui s’est mis aux fourneaux d’où est sortis 2 gros
plats de « croûtes au fromage » avec salade verte et salade d’endives.

La journée s’achève doucement, la pluie ne tombe plus et le gris du ciel
cède la place au bleu qui arrive par l’Est.

Teaki est entrain d’installer la table sous les arbres pour le tournoi de
mille bornes qui va bientôt commencer. Entre ce jeu et sa moto qu’il démonte
et remonte au moins 5 fois par jour, sans compter les coups de chiffons pour
qu’elle ne perde pas son éclat et sa brillance, il est très occupé et ne
voit pas le temps passer. Par contre, comme nous avons tous un peu les mêmes
idées de cadeaux, ce n’est pas moins de 3 puzzles qu’il faudra faire. Le
premier est fini (depuis hier) et nous avons du tous nous y mettre, à tour
de rôle. Déjà que nous avons souffert avec le premier (500 pièces), le
dernier arrivé est de 1000 pièces avec que des dégradés dans les même tons.
On n’a pas fini de s’esquinter les yeux ! Heureusement que Junior et Florian
sont assez « fan » de cette occupation éducative. Moi, ça m’énerverait assez
vite…

A demain pour la suite.

Les dernières heures de 2009 sont passées bien trop vite pour pouvoir écrire
quelques lignes dans le journal.

La météo est restée au grand beau pour ce passage d’une année à l’autre et
la nuit, le spectacle offert par la pleine lune inondant l’océan de lumière
était plus que « pas mal ».

Transfert au village en fin de matinée pour 4 partants. Florian, Teaki et
les 2 chiens sont aussi venus pour ce dernier transfert de l’année. Petites
courses au village, arrivage du nouveau stock de fruits et légumes chez
Sophie où pour le moment il n’y a rien d’autre à dire sinon que c’est
parfait.

Passage à la poste où il y avait un colis à récupérer pour Teaki. Je ne vous
raconte pas l’excitation du petit qui voulait ouvrir le paquet séance
tenante. Voulant faire durer le plaisir, je lui ai expliqué qu’il fallait
attendre que nous soyons de retour à Raimiti pour le déballage. Il est resté
collé à son paquet jusqu'à……

Comme il n’y avait pas d’arrivée au programme, nous avons eu le temps
d’aller faire la pause repas chez Cécile. Tout y est toujours aussi bon !

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à la pointe « Amaury »
pour une petite trempette bien agréable. C’est là, sur la plage que Teaki
qui n’en pouvait plus d’attendre a pu déballer son paquet venant de
Biarritz. Quelques photos prises sur le vif suivront ce journal.

C’est à cette même Pointe que j’ai lancé au lagon, la bouteille de vin rouge
Terre de Mistral, bien entamée du midi mais presque encore remplie d’un bon
quart de vin. Le vent soufflant du Sud-est vers le Nord, Mathias devrait
pouvoir la récupérer dans quelques heures. Pour ceux qui ne comprendraient
pas ce geste, je vous conseille vivement la lecture de « Petits suicides
entre amis » d’Arto Paasilinna.

Dîner de la St Sylvestre bien calme pour nos visiteurs. A 21H30, les
derniers regagnaient leur fare et terrasse. A 22H, c’était à notre tour
d’aller au lit. J’ai bouquiné un petit moment sur la terrasse, rêvassé en
regardant la lune et les jeux de lumières qui se faisaient à la surface de
l’océan à chaque passage d’un nuage. Mais, je n’ai pas tenu bien longtemps.

Ce matin, réveil en 2010. Meilleurs vœux à tous les lecteurs du journal. Que
cette nouvelle année qui commence vous soit douce et vous apporte la
sérénité et beaucoup de bonheur.
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