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Journal de Bord

jeudi 17 janvier 2019, 16h10.
Cette fois ça y est, me voilà seul maitre du motu depuis 24 heures.
Harrys, Teriitahi et Marama sont partis hier à Tahiti via le village, avec un stop touristique au Nord de quelques jours pour Harrys et Teriitahi.
Le vide et ce silence soudain qui s’est abattu sur le motu est tout simplement magique.
J’ai l’impression de redécouvrir l’endroit. Moi qui n’avais que ma petite chambre comme endroit vraiment privé, je suis passé de la crise du logement à l’autre extrême.
Rien que pour moi, j’ai le choix entre mon faré vidé de tout autre occupant, mais aussi :
6 fare coté récif soit 14 lits a dispo et 6 salles d’eau
5 faré coté lagon soit 5 lits a dispo et 5 salles d’eau
5 faré staff soit 5 lits et 4 salles d’eau
1 salon bord de mer
1 salon dans les dépendances
1 cuisine bien équipée
1 cuisine mal équipée
1 salle de restau
Bref, sans vouloir faire l’inventaire des dispo, il ne va pas y avoir assez de jours de vacances pour pouvoir tester chaque unité.
Coté nourriture, j’ai de quoi tenir 1 siège de plusieurs mois. Pour le moment c’est cure de fruits et légumes frais, le temps d’épuiser les stocks restants des derniers visiteurs.
Coté travail, je n’ai vraiment pas envie (pour le moment) de bricoler a quoi que ce soit. Je vais me contenter de faire le grand ménage dans le bureau. De classer toute la paperasse 2018, de mettre en route les classeurs 2019 et de bien prendre mon temps pour effectuer cette tâche.
Même si je dis n’avoir rien à faire, ce n’est pas tout à fait vrai.
Chaque jour, il y a quelques imposés :
Commencer la journée après un réveil « naturel » donc à point d’heure fixe, par 1 ou 2 bons cafés.
Déguster le dit café en bout de table sous l’arbre de la sagesse, le regard perdu sur le lagon et méditer le temps nécessaire, jusqu’à se sentir au « taquet ».
Aller refaire le plein de carburant des groupes électrogènes et basculer du groupe nuit, sur le groupe jour.
En revenant du local groupe, s’arrêter, parler, et nourrir les poules et les canards.
Ensuite, petit stop à la cuve d’eau potable pour remplir 1 bac plastique de 2,5 litres et, se le verser lentement sur la tête et le corps. Il est possible et même recommandé de répéter l’opération 1 seconde fois.
Ne pas se sécher et continuer sa route jusqu’au clapier des lapins. Changer l’eau, donner des croquettes, du pain sec et ce matin, il y avait même de la salade au menu.
Revenir sur ses pas et prendre 1 brosse et des filets de poissons, direction la tortue. Une fois à l’eau avec elle, l’attraper et bien brosser la carapace, sous le cou, et sous les 4 nageoires.
La toilette finie, prévoir 25 minutes de plus pour son repas, qu’elle avale a la vitesse d’une tortue.
Ensuite, quartier libre jusqu’à ce que le soleil entame sérieusement sa descente à l’Ouest.
Il faudra alors refaire le plein d’eau au poulailler, ramasser les œufs du jour, arroser les orchidées et penser au repas du soir.
Pour ce soir, j'ai déjà fait ma mise en place.
Salade d’endives, tomates, œufs durs et magret de canard fumé accompagné d’un bon morceau de pain croustillant tout juste sorti du four.
Mangue fraiche en dessert.
Vive les vacances !
Dernier imposé de chaque jour: entre 20 et 21heures, rebasculer du groupe jour sur le groupe nuit.
Ainsi va la vie.......au paradis. Je pense que je vais vite et bien m'y adapter.

dimanche 13 janvier 2019, 9h18.
Au-dessus de nous, c’est toujours la tempête de ciel bleu.
A croire qu’il pleut partout sauf à Raimiti. De grosses averses sont tombées au Nord, les cuves du Sud débordent mais a Raimiti…pas la moindre goutte.
Plus que 7 visiteurs qui partiront demain. Le bateau reviendra du village à vide, pour être mis au sec, vidangé et sécurisé au repos pour 1 mois.
Junior et Elvina sont partis en vacances hier.
Demain ce sera au tour des 2 filles Thilda et Dominique.
Je garde Harrys, Teriitahai et Marama jusqu’à mercredi, le temps de tout bien ranger, nettoyer, mettre aux abris, faire tous les pleins de carburant et autres, avant qu’eux aussi ne partent chez les « civilisés ».
Après 24h alité et totalement HS, Harrys est de retour avec sa forme habituelle. Ce n’était donc pas la Dengue.
Mis à part Méline et Mathias, il n’y a pas eu d’autre cas, pour le moment.
Et je croise les doigts pour que la liste s’arrête là.
Ça commence a vraiment sentir la fermeture, et comme c’est une première pour Raimiti, il y a plein de choses inhabituelles à penser.
A compter du 16 au soir, lorsque tout le monde sera parti, je vais pouvoir commencer à tester mon « aptitude » à la solitude !
Suite au prochain épisode...

lundi 24 décembre 2018, 10h24.
Si de l’autre côté de la planète, les festivités battent leur plein, ici le cadeau de Noël est arrivé avec un peu d’avance dans la nuit.
Il pleut pour de bon. De grosses gouttes bien serrées qui s’éclatent à l’arrivée. Impossible de se parler sous les toitures en tôles tant le vacarme est assourdissant.
La mare aux canards, les cuves, les réserves ouvertes d’eau, c’est le remplissage garanti et l’abondance.
Le motu va vraiment pouvoir revivre.
Au programme du jour, l’arrivée d’une douzaine de visiteurs. Il va y avoir du monde en permanence jusque début janvier.
Nos divers travaux vont repasser en stand-by pendant un moment.
Moi, j’y suis déjà depuis quelques jours (en stand-by). Lors de mon ponçage de finition sur le kau 60 cv, la meuleuse m’a échappé des mains pour atterrir (toujours en marche) juste au-dessus de ma cheville gauche.
J’ai dû partir assez vite au dispensaire du Nord, pour faire réparer les dégâts qui nécessitaient des travaux de couture. Depuis cet épisode, ayant du mal à me déplacer, je n’ai pas été utile à grand-chose.
Ma sœur, Princesse Leia, venue me voir du Congo s’est transformée en infirmière, en charge de refaire les pansements au quotidien.
La famille Africaine : ma sœur, Patrick l’époux et Méline leur fille resteront sur le motu pour une quinzaine de jours. C’est vraiment bon de retrouver les siens !
Voilà, à part ça, rien à signaler. L’année 2018 que je n’ai pas eue le temps de voir passer, entame sa dernière ligne droite.
Sincère Joyeux Noël à tous.

mardi 25 décembre 2018, 9h04.
Il pleut, il pleut bergère.
Si les visiteurs font grise mine, il n’en est pas de même pour nous, les cuves, la mare au canard et le citronnier. Que c’est bon toute cette eau qui tombe !
Transfert matinal au village pour Marama.
Le reste de l’équipe ne fera que le minimum obligatoire. Pas de travaux à l’ordre du jour. C’est Noël, et je pense que chacun va pouvoir apprécier ces quelques heures de libres.
Quant à moi, je traine toujours la patte. Ce n’est plus vraiment douloureux, sauf en fin de journée. Les plaies sont propres, pas d’infection en vue (ce que je redoute) mais franchement, le peeling à la meuleuse d’angle est un bien mauvais plan. Si les poils sont tous partis………, la peau et la chair aussi !
Le résultat final n’est pas spécialement esthétique.
Mercredi 26 décembre, 9h06.
La pluie continue de tomber non-stop, avec force, depuis hier. Elle est accompagnée de vent du Nord, le tonnerre a grondé toute la nuit.
Aucune sortie lagon n’est envisageable ce matin. Le transfert du jour s’annonce assez « secouant ».
Même la tortue a dû retrouver provisoirement son abri dans le bureau.
Cette fois, non seulement les cuves sont pleines mais, elles débordent. Nous sommes maintenant équipés et parés pour affronter la prochaine période de sécheresse, avec pratiquement 20000 litres d’eau potable en réserve.
Rien de plus pour ce jour. Nous allons surveiller le ciel et surtout, le vent, en espérant qu’il continue sa route par l’Ouest.
A suivre...

dimanche 16 décembre 2018, 7h51.
Elle est enfin arrivée.
Vers 4 heures du matin, le ciel s’est déchiré pour laisser tomber une belle pluie tropicale.
Elle n’est tombée que pendant 2 heures, mais cela a été suffisant pour réhydrater et dessaler la végétation. Les cuves d’arrosage sont pratiquement pleines et, les réserves d’eau potable ne sont plus à sec.
Ce n’est pas l’abondance, mais l’espoir est de retour.
Maintenant que nous sommes sur groupe 24h sur 24, j’ai acheté en ville une climatisation mobile (sur roulettes). Un vrai régal de confort, que mes 2 dernières nuits passées au frais. Passer de plus de 30° à presque 20° dans la « chambrette » change vraiment tout. Le réveil est bien moins « douloureux », ma « carcasse » plus en forme et mes neurones semblent mieux fonctionner. Une chose est sure : ne pas se réveiller en sueur mais, juste avec des frissons de bien être en se camouflant sous le drap, est un moment…..de grand bonheur. Tout simplement impensable dans un endroit isolé comme le nôtre.
Lors de ces dernières courses, j’ai aussi ramené sur le motu, 2 nouvelles recrues qui sont à l’essai.
Tilda et Dominique, 2 nanas de Moorea cherchant un emploie.
Tilda est en cuisine pour seconder Junior.
Dominique est aux ménages, à la buanderie et aux différents services du restau.
De plus, ces filles sont musiciennes et chanteuses. Nous allons peut être finir par monter notre groupe « le Raimiti Kaina Band » qui fera rêver les visiteurs, au moment de l’apéro !
Pour le moment tout se passe plus que bien mais, il ne faut jamais se prononcer trop vite. La vie à long terme aux Tuamotu n’est pas faite pour tout le monde, et c’est tant mieux !
Ce matin, changement de plan. La cochonne a réussi à se barrer de son enclos. Elle a déjà été sévir dans le « faapu » (jardin) de Mathias qui est assez abattu de voir ses plantations ravagées.
Pour le moment, l’équipe essaye de la rattraper pour la remettre dans son enclos mais, ce n’est gagné !
De mon côté, j’ai téléphoné à Laiza ma voisine d’Hirifa, grande tueuse de cochon. RDV est pris pour un face à face final entre Laiza et la cochonne, le 4 janvier prochain !
Ensuite, il n’y aura plus de cochon a Raimiti. C’est trop compliqué et destructeur.
D’avoir avoir un animal enfermé me semble sans intérêt.
Quant aux poubelles organiques qui vont actuellement au cochon, elles iront tout simplement faire du compost.
Voilà, c’est fini pour ce jour.
A suivre...

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