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Présentation de Raimiti
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Journal de Bord

mercredi 29 novembre 2017, 7h54.
Plus d’une semaine sans Gazette, c’est dire que le temps passe bien trop vite, avec notre programme des « A Faire ».
Mauvaise surprise pour moi, je croyais qu’après avoir refait le tableau arrière du Camzaz, j’allais m’en sortir assez rapidement avec un simple ponçage pour le reste de la coque. Que nenni, j’ai découvert des endroits totalement poreux et même attaqués par les termites. Il faut donc virer toutes ces parties contaminées, remplacer, résiner, tout refaire quoi !
C’est beaucoup plus de travail que prévu mais, je vais y arriver.
Coté terre, entre les services cuisine et le quotidien à assurer, Junior avance assez rapidement avec le montage du faré Aito.
Ura est avec nous pour 15 jours. Invité par son fils Harrys, il est venu respirer le bon air du motu. Cela lui fait assez drôle d’être ici, lui qui a connu Raimiti à son tout début, quand il n’y avait que la brousse. De voir son fiston évoluer et prendre des responsabilités dans Raimiti le rassure beaucoup avec le passé parfois chaotique du rejeton. Harrys étant réputé (dans sa famille) pour être une tête de mule hors contrôle.
Le papa est heureux, le fils aussi, ils bossent et passent du temps ensemble, tout baigne, et ça fait plaisir à voir.

Marama a repris du service après 1 semaine de repos. Il a passé 2 jours pleins au village sans faire de conneries. La Hinano a du couler à flot car depuis sa reprise du travail, il n’a pas touché a une seule bière. Il a l’air décidé de continuer la cure et nous l’encourageons à ne pas craquer.
Dimanche passé, Naea, sa femme et son fils sont venus du Nord pour nous montrer comment faire notre première récolte de miel.
Même Naea était scotché de la quantité de miel récolté. En 2 mois, c’est plus de 10 kilos que nous avons eu, par ruche.
Du coup, il m’a installé d’office, une troisième ruche.
Prochaine récolte en Janvier 2018. Si on récupère 30 kilos tous les 2 mois, je vais devoir vendre notre miel !
Sinon, le temps est au grand beau et au trop chaud. La saison chaude est bien installée et, il en sera ainsi jusqu’en avril prochain. Pour le moment, les pluies sont assez rares et comme d’hab, la nature n’apprécie pas trop.
Voilà pour le petit rattrapage des nouvelles du motu, de ces derniers jours.
Au programme du jour :
Sortie pirogue pour Marama et Teriitahi avec les visiteurs du moment.
Aller/retour village pour Harrys qui fera les départs et les arrivées.
Virer les bois attaqués sur le Camzaz, pour moi.
Début de la pose toiture du faré Aito pour Junior.
Encore une nouvelle journée ou nous n’allons pas chômer.
A suivre…

lundi 13 novembre 2017, 10h43.
C’était tellement bien que je ne suis même pas passé par le bureau, si ce n’est pour tout fermer.
Hier, dimanche de repos pour tous, ou presque.
Ce qui fait que ce matin, tout le monde est bien en forme pour la nouvelle semaine qui démarre.
Le soleil ardent est au rendez-vous, ça chauffe grave, même à l’ombre.
A suivre.
mercredi 15 novembre 2017, 9h23.
Harrys et Teriitahi sont en route pour le village où le Cobia vient d’arriver à quai.
Récupération des fruits et légumes, d’un lot de bois qui a loupé le bateau précédent, d’une glacière de pain, de gants et chaussons de plongée oubliés par 1client dans une autre pension et d’un passage à la poste pour relever le courrier. Ils seront de retour en début d’après-midi.
Marama est de service au restau pour les quelques visiteurs du moment. Il est aussi en charge des sorties lagon.
Junior œuvre sur le Camzaz. Dès que tout sera bien sec à l’intérieur, des épisodes « résine » m’attendent.
Malgré quelques averses ponctuelles, le temps reste au beau, mais aussi au chaud. Je crains que nous ne « morflions » encore une fois avec l’été Austral qui s’installe.
jeudi 16 novembre 2017, 11h29.
Comme je m’y attendais un peu, il a suffi que je sorte la résine, le catalyseur, les spatules et autres utiles à mes travaux qui doivent se faire au sec, pour qu’une belle barre noire se pointe à l’horizon coté Est.
J’ai quand même eu le temps de bricoler un peu, avant que le bleu du ciel ne se fasse manger par un gris sombre affamé. Depuis hier fin d’après-midi, il flotte sans aucune retenue. Mes travaux en souffrance devront attendre le retour du soleil.
Du coup, je me suis vengé sur 6 coqs. L’équipe commence à être « Fiu » de manger aussi souvent du poulet local, même si, nous changeons régulièrement les sauces.
Vendredi, samedi et dimanche sont passés.
lundi 20 novembre 2017, 9h31.
Le soleil est revenu depuis 2 jours, j’ai pu sortir la résine et avancer dans mes travaux sur le Camzaz. Encore 2 ou 3 séances collantes, et l’intérieur du kau sera terminé. Restera à retourner le bateau pour faire les travaux de l’extérieur.

De son coté, Junior a posé le plancher du faré Aito. Plancher qui a dû être traité à l’huile de vidange. Les travaux de montage du faré pourront commencer, dès que le sol sera un peu moins poisseux. Vu l’ardeur du soleil et le bon vent d’Est, il devrait sécher assez vite.
Depuis ce matin, Marama est de repos pour toute la semaine. Il est temps qu’il se repose vraiment. Voilà presque 1 an qu’il n’a pas pris de vacances.
Du coup, il y a un peu plus de travail pour les autres mais, comme c’est assez calme en « visiteurs », nous allons y arriver.
C’est moi qui vais assurer le transfert village du jour.
Voilà pour les dernières « news » du tas de corail.

dimanche 29 octobre 2017, 9h22.
Entre les « plongeurs » et les « snorkeleurs », 11 personnes plus Marama et Harrys sont en route pour Tetamanu.
Encore 4 jours à ce rythme, avant que Raimiti ne commence vraiment à se vider de ses visiteurs.
Il est temps que ça se calme un peu…..je suis sur les rotules (et je ne suis pas le seul).
Coté météo, elle est avec nous et c’est bien agréable de faire des transferts « glisse », sans avoir à viser entre les vagues, les creux ou les déferlantes.
Très bientôt, je vais pouvoir rattraper le retard qui s’accumule dans mon courrier perso. Pour le moment, c’est juste pas possible !
Fin de mois oblige, il va aussi, y avoir à faire la paperasse habituelle. Mais après cela, je devrai pouvoir souffler un coup.
Junior a commencé à rédiger son calendrier des travaux à faire, et de l’ordre dans lequel nous allons nous y attaquer.
De capitaine, serveur, cuisinier, jardinier, femme de ménage, nous allons tous changer d’emploi pour devenir : ponceur, peintre, menuisier, bucheron, couvreur, terrassier, réparateur naval, constructeur de maison et, j’en oublie surement d’autres.
En fait, c’est aussi ce qu’il y a de génial dans notre vie du bout du monde ou il faut savoir vraiment tout faire.

Bien conscient des améliorations à apporter, nous allons pouvoir nous appliquer à tout remettre en état, changer ce qu’il faut, embellir ce qui peut l’être, créer du nouveau, faire ce qu’il faut pour que le nid de Raimiti soit encore plus douillet et accueillant.
Plus de gens partiront de chez nous la larme à l’œil, plus notre récompense sera forte.
Les messages de cette année, laissés dans le « livre d’or » à disposition des visiteurs dans le salon, prouvent de plus en plus que le Mana Raimiti touche de plus en plus de personnes, qui ne ressortent pas toujours « indemnes » ou « indifférentes » de leur séjour chez nous.
Tout cela est vraiment motivant et donne à toute l’équipe l’envie d’aller toujours plus loin.
Bien sûr, il y aura toujours des grincheux, des éternels insatisfaits, des qui auraient mieux fait d’aller ailleurs, des qui se croient dans une de ces émissions TV ou tout doit être noté et jugé mais finalement, sans s’en douter, ils rehaussent encore plus la bonne et belle énergie qu’apportent tous les autres.
J’ai mis assez longtemps à comprendre que trop souvent, je me laissai trop envahir par les « négatifs ». L’école parfois dure de Raimiti, m’a appris à ne plus perdre de temps dans les coins obscurs des pensées de certains, mais au contraire, à chercher la petite lumière qui brille immanquablement quelque part.
Cela peut paraitre assez « gnangnan » voir enfantin, toujours est-il qu’appliquer cette façon de voir et d’être, me fait un bien fou qui m’ouvre des portes de « vie » insoupçonnées.
Fin de mon délire de ce jour.
A suivre…

samedi 11 novembre 2017, 8h47.
Premier jour sans le moindre transfert au village. Plus qu’un seul visiteur qui est un habitué des lieux. Il s’agit d’un Suédois qui en est à son 6 ou 7 eme séjour chez nous.
Pour changer un peu de notre quotidien, toute l’équipe va partir avec la pirogue et le 60 cv pour une journée détente, pêche pupuhi, taketo, traine et, farniente. L’idée était d’aller jusqu’à l’Ouest mais, la couverture nuageuse qui semble s’épaissir, a décidé Junior de se contenter de suivre le bord en remontant le « papa » jusqu’à Otukaina.
Voilà qui va aérer et oxygéner les neurones de tous.
Bien sûr, il faut qu’il y en ait un qui reste. Impossible de laisser Raimiti sans un gardien. Avec tous les voiliers qui sont au mouillage à Hirifa, une visite surprise et non souhaitable est toujours possible.
Mais bon, cela ne me gêne pas du tout d’endosser le rôle de gardien et d’avoir Raimiti pour moi tout seul, pendant quelques heures. C’est même un moment si rare et privilégié que, je l’attends avec impatience.
Hier soir, voulant manger autre chose que notre éternel maa, Junior m’a fait bouillir quelques patates. Ayant ramené du fromage à raclette de mes dernières courses mais n’ayant pas l’appareil qu’il faut pour, j’ai mis mes patates dans un plat. Recouvert les patates de fromage, refermé le tout qui a ensuite passé 2 minutes aux bons soins du micro-onde. Eh bien, croyez-le ou pas, non seulement c’était mangeable mais, c’était carrément bon. La petite tranche de jambon de montagne et les 3 cornichons qui accompagnaient le tout…………un vrai régal !
Mis à part les 30 degrés ambiant, les cloisons en niau tressé, le sol en gravier des Tuamotu, on aurait pu se croire dans un chalet Suisse.
A la fin de ce diner made in Helvétia, Harrys est venu me rejoindre pour me persuader qu’après un tel diner, il était impossible d’aller dormir sans boire un petit digestif. Étant venu armé d’une bouteille de sa réserve, je peux maintenant affirmer que le mariage raclette/Get 27 : ça le fait très bien !
Même pas mal a la tête ce matin.
10h08.
Ça y est, ils sont tous partis. Raimiti est à moi tout seul pour un moment.
J’abandonne le bureau, vais éteindre le groupe électrogène et, rdv d’ici quelques heures.
lundi 13 novembre 2017, 10h43.
C’était tellement bien que je ne suis même pas passé par le bureau, si ce n’est pour tout fermer.
Hier, dimanche de repos pour tous, ou presque.
Ce qui fait que ce matin, tout le monde est bien en forme pour la nouvelle semaine qui démarre.
Le soleil ardent est au rendez-vous, ça chauffe grave, même à l’ombre. A suivre…

mardi 24 octobre 2017, 10h41.
Allez, encore une dizaine de jours à tenir à ce rythme parfois chaotique avant que ne commence la saison creuse. C’est bientôt la fin de la vague migratoire des visiteurs.
Demain, dernier gros arrivage avec pas loin d’une quinzaine de personnes. Ce sera surement le dernier gros débarquement de 2017. J’ai dû demander à Manihi de me donner un coup de main ou plutôt, un coup de « kau » pour m’aider à rapatrier tout ce monde ainsi que leurs valises qui pèsent des tonnes, jusqu’à Raimiti. C’est donc à 2 gros bateaux que nous irons au village.
Depuis hier, la météo est revenue au beau et le vent s’est enfin calmé. Pourvu que ça dure assez longtemps, pour que nos transferts ne soient pas des galères.
Aujourd’hui, j’ai laissé Marama faire seul le transfert.
Harrys est allé faire un snorkling à Tetamanu avec 2 américains.
Teriitahi ratisse les feuilles des Toau qui n’en peuvent plus de tomber.
Junior se prépare dans sa cuisine alors qu’Elvina œuvre aux ménages.
Il y a vraiment de quoi faire.
Nous avons quand même trouvé le temps d’aller remplir 50 gros sacs de sable rose pour les copains de la ville. Ils partiront demain avec le Cobia, qui passera à domicile.

Ce joli sable ira entamer une autre vie dans différents cimetières de Tahiti ou il recouvrira les tombes des disparus. Si en France, c’est la tradition des chrysanthèmes, ici on recouvre les tombes de sable fin et la nuit du 1 novembre, toute la famille ira tenir compagnie a ceux passés de l’autre côté, en chansons, prières, souvenirs et à la lumière des chandelles. Sans vraiment donner envie d’être mort pour avoir droit à cette coutume, elle a quelque chose qui me touche profondément. Installer son « peue » (tapis tressé) entre les tombes, s’y installer, parler des disparus, chanter, rire, pleurer, gronder ou pas, les plus petits qui jouent à « chat perché » ou « cache-cache » entre les autres tombes, les odeurs des fleurs, la nuit étoilée…..il y en a même qui emmènent le pique-nique.
C’est tellement loin et diffèrent de mes souvenirs d’enfance avec ces cimetières du Tarn et Garonne ou il faisait si froid. Ambiance générale polaire, entre les caveaux de marbre glacial, même la couleur des fleurs avait quelque chose de morbide. Et puis, il y avait toujours un vent froid pas possible, qui transperçait les os.
Pour ceux qui ont vu le film, c’était genre « Au nom de la rose ».
Pour compléter le tableau, déambuler dans ces cimetières se soldait par 2 à 3 kilos de boue bien collante, à chaque godasse. Ce qui me faisait le plus râler, c’est que j’étais obligé de bien cirer mes pompes avant la visite cimetière. Il fallait aller voir nos morts dans une tenue (dont les chaussures) irréprochable, comme si, il s’agissait d’un rendez-vous d’embauche.
Un truc à attraper la mort !
Combien de fois me suis-je fait réprimander, car au lieu de me recueillir sur les morts de la famille que je n’avais pas connue, je préférai aller remettre en place, les pots des autres tombes chavirés par ce damné vent. Lorsque personne ne me regardait, mon occupation préférée était d’aller prendre quelques pots sur les tombes trop fleuries (à mon gout) pour aller les mettre sur celles qui n’en avaient pas.
Bref, j’étais déjà irrécupérable pour la société !
D’avoir été remplir ces sacs de sable m’a fait faire ce voyage dans le passé qui un jour ou l’autre, sera immanquablement mon avenir. Mais bon, rien ne presse, même si l’ambiance est cool dans les cimetières polynésiens.
A suivre…

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